‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 3)Chapitre 116 sur 193 · TROU VA IN · texte numérisé non relu

TROU VA IN

Ces calendriers se vendaient chez Larmessin père, chez Bertrand, chez Mariette, chez Landry, chez Poilly, chez Regnesson , chez Jollain , N. Langlois, J. Montcornet.

Au XVIir siècle le calendrier conserva longtemps encore son format considérable et son allure sévère ; il représentait par exemple, pour ne parler que de ceux qui se vendaient chez Trouvain : 1700, Erection de la statue équestre du Roi sur la place des Victoires; 1701, le Roi accepte le testament de Charles I'": 1705, la Naissance du duc de Bretagne ; 1707, le Roi donne le bonnet de cardinal à M. Guallerio, nonce du pape ; 1708 , V Heureuse naissance du prince des Asturies , fils de Philippe V : etc.

A partir de 1716, les calendriers, vendus chez Langlois , Jollain , Gallays , représentent successivement l'avènement de Louis XV et la pompe funèbre de Louis XIV, le conseil des dieux (établissement de la Chambre haute), l'arrivée de Pierre-le-Grand à Paris, la prise de Belgrade sur les Turcs, le traité d'alliance avec le duc de Lorraine, etc., etc. En 1720, il faut signaler VAlmanach de la fortune ou agenda de la rue Quincampoix , in-4; cette estampe inoffensive fut supprimée « sur la demande de différents curés » de Paris », et fut vendue ensuite jusqu'à un écu.

Les grands calendriers se publient régulièrement jusques \'ers 1750, célébrant l'éducation du l'oi, la maladie du roi guérie par les prières de ses sujets , la déclaration du mariage du roi , son couronnement , sa majorité, la naissance de Mesdames, les vœux de la France renouvelés à Notre-Dame, la joie de la France en l'auguste naissance du Dauphin, l'auguste lignée des Bourbons, le mariage du prince de Conty. les

augustes portraits des fils aînés de nos rois, la bataille de Guastalla, la prise de Philisbourg, le calendrier de la Paix. 1737, etc., etc. Tous ces calendriers sont d'une extrême rareté et n'existent qu'à la Bibliothèque Nationale, à la Bibliothèque de l'Institut et dans deux ou trois collections particuhères.

Cependant le style du XVIIP siècle finit par arriver jusqu'au calendrier ; en 1728. un almanach de cabinet représente gaiement le triomphe de Bacchus et les réjouissances de la guinguette, il est dédié au bon Bacchus et accompagné d'une chanson. La forme de l'almanach devient de plus en plus variée et il s'en publie jusqu'à quarante à la fois : Almanach Royal,

— de Paris, — Spirituel, — Nouveau, — de Nostradamus, — Curieux, — des Dames, — Extraordinaire,

— de Poche, — de Liège, — Chronologique, — Connaissance des temps, — Coup d'œil sur l'univers, — Année historique, — Étrennes mignonnes, — Agenda du voyageur, — Almanach dédié à la reine, etc. , etc.

Vers 1742 le grand calendrier a tout-à-fait pris le style Louis XV, par exemple l'Arbre de Cracovie, chez Humblot, Louis XV au temple de la Gloire, bataille de Rocoux , réjouissances des nations au sujet de la paix (1749). Par malheur, il se fait de plus en plus rare, et vers le miheu du siècle il disparaît tout à fait , faisant place aux petits almanachs. A peine en rencontre-t-on quelques-uns de loin en loin : rentrée du Parlement (1765), siège de Calais (1766), bref de Clément XIV supprimant les jésuites (1774), almanach aérostatique, chez Basset (1785), la Fédération (1791), almanach national et calendrier républicain de Debucourt, calendrier républicain de Quéverdo.

VALLÉE (Simon).

Un des bons élèves de Brevet le père, qu'il a dû aider plus d'une fois quand celui-ci se trouvait trop surchargé de travaux.

Il a gravé un certain nombre d'estampes d'après divers maîtres, Abraham prêt à sacrifier Isaac, d'après Ant. Coypel, dWers Sujets mythologiques à'a^vës Gazes, gravés avec Desplaces, etc.

Il demeurait rue Bordet proche la porte St-Marceau à renseigne de St-Chrisiophe.

1. LE GENDRE (Catherine-Marie), femme de Pecoil , en Flore, dans

un jardin , appuyée sur un jeune nègre ; d'après Rigaud , 1706 ; in-fol.

2. Savary (J.-F.), chanoine de Metz, d'après F. de Troy ; in-4.

3. Tkoy (J. de), peintre du roi, d'après F. de Troy ; in-fol.

4 . Vénus sur son char (portrait de M^Ue Loison ) , d'après F. de Troy.

VANGELISTI (Vingenzo).

Le début de ce graveur se trouve indiqué dans le Journal de Wille à la date du l^"" mars 1761 : « M"" de » Piller, secrétaire de M'' le C" de Staremberg, am- » bassadeur de L. M. I. amena chez nous l'après » dîner les deux élèves pensionnaires dont il étoit » convenu avec moi du prix de 1200 livres par an » pour chacun. Ils sont toscans de nation, étant de » Florence. L'un se nomme Gregori, fils d'un graveur » qui est mort , l'autre Vangelisti , fils d'un conseiller » de la chancellerie de Florence . Le premier a un » bon commencement , l'autre n'a fait que com- » mencer. »

Pendant un séjour de cinq ans à Paris, le jeune florentin apprit à manier avec facilité le burin. Toutefois ses portraits pour la France Illustre sont médiocres : Anne de Montmorency, Coligny, L'Hôpital, Maillehois, Duguay-Trouin , Berwick, Maurice de Saxe, Villars, Chevert, in-4.

Portrait de D'Argenville, d'après Rigaud.

Vangelisti a exécuté avec une intelligence remarquable des fac-similé de dessins, principalement du Guerchin, Saint Roch, SaintPierre, Saint Guillaume,

VANGELISTI. 607

r Enfant prodigue, Céphale et Procris, etc.. dessins provenant de la collection Crozat et appartenant à Mariette : « Six pièces, écrit Mariette, qu'a gravées à » Paris en 1767 un jeune artiste florentin, M'' Vincent » Vangelisti , d'après d'excellents dessins que j'ai eus » à la vente de M'' Crozat. Il en a imité le lavis et les a » aussi bien rendues qu'il est possible. Dans un voyage » qu'il a fait à Londres, il y a porté ses six planches » et elles y sont restées. »

Wille nous apprend le départ de Vangelisti en août 1766. Il écrivait à l'ambassadeur marquis de Botta pour lui recommander son élève :

« Après avoir soupe avec nous, M"" Vangelisti a pris » congé de toute notre maison les lai'mes aux yeux. » Il est parti le lendemain de grand matin. J'avois ■» envoyé mon domestique pour lui aider. W Vange- » listi, que le défunt empereur m'avoit envoyé en sa » qualité de grand duc de Toscane, est de Florence » d'une très honnête famille. Il a été mon élève plus » de 5 ans. Il étoit grand et bien fait de sa figure, vif > et prompt, concevant aisément, mais d'un cœur ex- » cellent. Son burin est ferme et aisé et il peut deve- » nir très habile s'il continue sévèrement, comme il » se le propose d'après mes exhortations . »

Vangelisti revint à Paris, et nous le trouvons depuis accompagnant Wille dans une de ses promenades. Il dut même s'y établir, car le Satyre indiscret , d'après C. Van Loo, planche gravée par Fessard et retouchée par notre graveur, est en vente chez Vangelisti rue de la Harpe et chez laV^ La Gardette, rue du Roule : et plus tard le Premier devoir des mères, d'après un tableau du Palais-Royal attribué alors à

Raphaël et restitué depuis à Andréa Solari, est à vendre à Paris chez la F"* Be La Gardette F"* Vangelisti. La marchande d'estampes n'avait pas porté bonheur au graveur en l'épousant ! Vangelisti se suicida dans un accès de folie , en 1798 , après avoir abîmé toutes ses planches.

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