Stellina aux pieds de l'idole
Troisième flg:ure pour la Tribu indienne; elle est peu intéressante.
24. LA GROTTE. Edouard surprenant Stellina au sortir du bain ;
in-8.
Cette jolie vignette représente la scène capitale de la Tribu indienne. C'est ici le moment de donner un êchantUlon de cette littérature érotico-philosophique, de ces phrases toutes hachées de points suspensifs.
Stellina s'est plongée dans les eaux cristallines. Elle pense à Edouard et " ?uit dans tous ses détails le rêve voluptueux qu'elle se plaît à renouveler ». Elle quitte avec peine les flots « que la jouissance vient de consacrer •, s'enveloppe du o lin salutaire qui sèche l'humide fraîcheur », et s'apprête à sortir de la grotte lorsqu'elle e~i surprise par son amant. « Un cri lui échappe, le jeune » homme craintif recule. . . . elle se resserre en elle-même, reprend le lin propice » et court se réfugier dans le bain qu'elle vient de quitter. » Edouard la poursuit et s'éorie : O Stelhna , tu m'appartiens ! — « Le frémissement du plaisir agitait » encorela jeune Indienne. Des larmes couvrent ses joues et tombent sur son » sein. Telle la rosée matinale qui tombe sur le bouton printanier. Le jeune » homme la serre dans ses bi as et suce la trace de ses larmes. Elle veut se » courroucer, inutile défense ! Le reproche impuissant reste sur ses lèvres où
• mille baisers viennent l'effacer C'était l'heure de la faiblesse Hors
» d'elle, elle tombe sur le sein de son amant, qui l'embrasse et l'enveloppe » comme la flamme dévorante.. . La douleur appelle les cris de la jeune fllle... •> A mesure que cotte douleur voluptueuse augmente , elle serre plus vivement o contre son cœur Milford anéanti.. .. un regard fait de nouveau pétiller le feu » sacré dans les veines du jeune homme. Ses mains avides pressent tour à tour
• les globes élastiques, les reins brûlnns, les formes arrondies des cris aigus
• annoncent que le triomphe s'approche.... il s'élance , résolu de vaincre ou
» d'expirer. . . . les soupirs de Stellina se croisent , s'élèvent. . . . sa plainte cesse » un instant. ... ce silence annonce le cri de la victoire. A ce cri décisif l'Amour o répond par un cri de joie », etc., etc.
Cependant Stellina est prise de remords, « une larme s'échappe de sa pau- » pière, larme douteuse, fille de la jouissance ou de la pudeur. » Edouard lui fait un petit discours approprié à la circonstance, a et en soupirant la dernière » parole, il se penche sur le sein de son amante, et le sacrifice amoureux se » renouvelle.... » Ici, trois lignes de points. Il y a bien de quoi 1 Bref, « la » grotte, pendant tout le jour, ne retentit que des accents de la volupté. ». Stellina oublie l'univers, la nuit est consacrée « aux douceurs d'un premier hymé- » née; » la pudeur s'égare dans les ténèbres et la jeune femme s'abandonne toute entière aux désirs a effrénés » de son époux.
Nous voilà fixés sur l'imagination et le style de Lucien Bonaparte.
25. LA SOIF DE L'OR. Edouard , comptant son or et séparant ses
monnaies, marche sur le corps de Stellina et de son enfant.
Cette allégorie est la dernière des cinq vignettes de la Tribu indienne. Elle devait servir de frontispice à l'ouvrage.
La Soif de l'or est une des plus belles pièces de Prud'hon ; elle est très estimée. 400 fr. 1881.
Les cinq eaux-fortes de la Tribu indienne au Cabinet des Estampes.
Il n'existe des pièces terminées que de rares épreuves. EUes sont avant la lettre , avec une tablette ombrée. Les épreuves de la Grotte avec la tablette supprimée sont sans valeur.