Au roi David, élégant encadrement pour les factures d'un
commerçant.
40. Petit cul-de-lampe avec portrait de femme, d'après P. Virebent.
4) . Cartouche en forme de cul-de-lampe , avec les attributs de l'enseignement , d'après Maréchal.
Les SIMONNEAU.
I. — Charles Simonneau l'aîné , graveur très estimable, né à Orléans vers 1639, mort à Paris en 1728. élève de Château , a beaucoup gravé pour le Recueil de Crozat , d'après des tableaux de Raphaël . Andréa Sacchi . Carrache, Feti . etc.; une planche d'après Rubens , pour la Galerie du Luxembourg : et de nombreuses estampes d'après Le Brun, Noël et Antoine Coypel , etc. C'est lui qui a retouché au burin la planche de la Troupe ilalienne gravée à l'eau-forte par Watteau.
Une allégorie d'Ant. Coypel, reproduite en plusieurs formats : l'Histoire écrivant sur les ailes du temps les événements du règne de Louis XIV, dont le portrait est porté dans les airs par Mercure.
II. — Philippe Simonneau fils , qui n'avait pas le talent de son père, a gravé le Tombeau de Marie de Lamoignon, d'après Girardon, une Suite d'emblèmes en llionneur de la reine Marie Leckzinska , en médaillons. Ph. Simonneau f-llius del. et sculp. (1725). Se vend à PayHs , chez le S'' Simonneau, rme de Bièvre, la 4" porte cochcre à droite, entrant par la place Maubert , au fond de la 2* cour.
Frontispice avec portrait de Cosme III , duc d'Étrurie.
Statue de Louis XIV (Waldor erexit), petit in-fol.
Planches pour le Recueil de Crozat.
Deux frises sur la même feuille, d'après Jules Romain , représentant V Enlèvement des Sabines , et la Paix entre les Romains et les Sabins ;
Les Trois Déesses se préparant pour le jugement de Paris, d'après P. del Vaga ;
Vénus et Adonis, d'après l'Albane.
III. — Louis SiMONNEAU , frère cadet du précédent , a gravé pour sa réception à l'Académie le portrait de Martin de Char mois, d'après S. Bourdon, 1706, in-fol.
Antoine Arnauld, d'après Ph. de Champagne, in-4.
Antoine Le Maître , avocat , d'après le même.
Hyacinthe Serroni , archevêque d'Albi.
La Mécanique , ! Optique , ovales , en largeur, d'après Jouvenet et N. Corneille. L' Assomption de la Vierge, le Plafond de l'Aurore, la Nymphe de Sceaux, les Quatre Heures du Jour, les Quatre Saisons, d'après Le Brun , Suzanne au bain , d'après Ant. Goypel.
Jésus chez Marthe et Marie, d'après le même.
SMITH (John-Raphaël;
John-Raphaël Smith, très habile graveur en manière noire, est né à Londres en 1740 ^
Nous remarquons parmi ses portraits ceux de : Marie- Antoinette, reine de France (1776) , et de la Comtesse de Provence, Miss Carter, Miss Chambers, M"" Clermoni, Miss Fitz-William , Miss Frederick, Miss Montaigne , Miss Brown , Miss Smith . portraits d'actrices pour la plupart .
J.-R. Smith a beaucoup gravé d'après Reynolds. Notons les portraits suivants :
Richard Robinson (1775) , le Duc de Devonshi7^e (id.), i¥'"'* Montagne (id.), M'"** Mordaunt (id.), Lady Montagne (1777), La Schindlerine (id.) , Miss Palmer (id.), Miss Cat^nac, M"" H. Gawler et iV/"" J. Gawler, en écoliers (1778) , Lady Catherine Powlet (id.), le Comte de Belgiojoso (1779), Lady Fitz- Patrick (1780), Lady Beaumont (id.) , le D C Tarieton (1782), /. Bonrke (1784), M^">" Payne Galwey, etc.
1 II y a un antre graveur en manière noire , John Smith , dont la réputation est considérable, et quia laissé un œuvre très important. Mais celui-ci est né en 1654 , et n'appartient au XVIIF siècle que par la fin de sa carrière. Il est mort en ni9.
SORNIQUE (Dominique).
Les pièces peu nombreuses qu'il a gravées montrent que cet élève de Charles Dupuis n'était pas sans talent. Il traitait notamment les vignettes avec beaucoup de goût , comme on en jugera par des illustrations de Cochin pour les Œuvres de Piron, 3 vol. in-12, 1758 {Callisthène, Gustave , r École des Perdes . la Mètro- Tïianie, les Courses de Tempe). Jombert trouve que ce sont les plus jolies de l'œuvre de Cochin. Il est difficile , dans un œuvre aussi vaste que celui de Cochin . de décerner ainsi le premier rang ; il y a bien d'autres pièces très importantes dans les productions innombrables de ce vignettiste ; mais toujours est-il que ces vignettes des Œuvres de Piron sont fort agréables.
École du jardin potager (1749) ; — l'Ange conducteur, vignette représentant un homme à genoux auquel un ange montre le crucifix ; — la Pléiade française , de D'Aquin de Chateaulyon , frontispice : — Lucrèce de Marchetti , etc.: vignettes d'après Cochin.
Vignettes de Gravelot pour l'Histoire de Saint Louis , Térence.
Vignettes d'Eisen pour la Christiade , — pour la Pipe cassée : pour les Lettrées Turques de Saint-
SORNIQUE. 365
Foix ; — Voyage au séjour des ombi^es (1749) ; — frontispices pour Métastase, pour Amilec ou la graine d'hommes (1753), pour la Noblesse commerçante de l'abbé Coyer, pour Voyage en Vautre monde, ou nouvelles littéraires de celui-ci, par l'abbé de la Porte (1756) : — vignette pour le Boccace de 1757 ; — tête de page avec portrait d'une princesse , etc.
Vignettes pour Racine et Moncrif (1751) , d'après De Sève : pour les Fables de La Fontaine, in-fol., d'après Oudry : pour les Éirennes aux dames , le Théâtre de Favart . pour les Fables de Phèdî^e, d'après Durand (1754).
Essai de riiédaillon sur la convalescence du Roi , in-8 rond.
Pour le fonds d'Odieuvre, Sornique a gravé quelques portraits d'un burin assez beau : Richelieu, le chanoine Santeuil . Mesnager, Charles Delà fosse , l'Abbé Fleur y , le Mai^échal de Saxe. — Pour la Vie des peintres de Descamps, les portraits de A. Van Oost , A. Bloemart . Breughelde Velours, Corneille Schut.
Comme estampes : Laban cha^chant ses dieux , d'après Gazes ; la Coëffeuse, le Jeune Symphoniste, d'après Jeaurat : la Chose impossible , d'après Le Lorrain : les Délices de la tabagie, d'après Téniers.
Rappelons ici que lorsque Gaspard Duchange , pris d'un scrupule excessif, mutila ses planches d'après le Corrège , ce fut Sornique qui les retoucha , rajouta des draperies et fit honnêtement d'/o une Diane.
Sornique avait commencé pour la Galerie de Dresde la gravure de t Enlèveyneni des Sabines de Luca Giordano , lorsqu'il mourut. La planche fut terminée par Beauvailet.
SOUBEYRAN (Pierre).
Un genevois qui a vécu vingt ans à Paris. Ce qu'il y a fait de plus considérable, ce sont la plupart des Pierres gravées antiques du cabinet du Roi qui entrent dans l'ouvrage de Mariette en 2 vol. in-fol. Ces planches sont faites sur le dessin de Bou chardon.
Soubeyran a gravé un grand portrait de Pierre /"", d'après Caravaque.
La Belle Villageoise, d'après Boucher.
Grand et beau fleuron aux armes de la Ville de Paris portées par des Génies, d'après Bouchardon , sur le titre des Fêtes données à l'occasion du mariage de Louise-Elisabeth et de Don Philippe (1740).
Vignette pour le Traité de pet^spective de Jeaurat pour la Manière de graver, de Bosse ; cartouches à' Armoiries.
Il forma aussi le projet , conjointement avec son compatriote Michel Liotard , de graver tous les tableaux de Le Sueur relatifs à la vie de Saint Bruno, mais le projet n'eut pas de suite.
Soubeyran retourna dans sa patrie vers 1750 et s'appliqua depuis à l'architecture, il fit construire plusieurs édifices à Genève et fut directeur de l'école de dessin.
SOUBEYRAN. 667
Gomme graveur, Soubeyran s'attacha surtout à Gochin, d'après lequel il a exécuté diverses vignettes : Mécanique générale de Deidier (1741), armes du comte d'Eu , Mécanisme de l'artillerie , par Dulacq (1741) , frontispice. De la Décoration des édifices, parBlondel (1737), fleurons.
François II , tragédie en prose par le Président Hénault , in-8 (1747), vignette allégorique aux maux causés par les guerres de religion.
Eléments de physique mathématique , traduits de S'Gravesande. Jombert , 1747, in-8. Vignette pour l'épître dédicatoire à M. Le Normant de Tournehem.
Traité des feux d'artifice par Frézier (1747) ; deux petites vignettes représentant le travail du salpêtrier et l'atelier de l'artificier.
Frontispice in-12 pour un poërae historique : une Renommée embouchant une trompette sur laquelle on lit Magna Cano.
La Vierge sur des nuages, fleuron , in-4.
Mémoires d'artillerie , de Surirey de Saint-Remy, vignette, une fonderie de canons.
Fleuron de titre pour l'Art de la Guerre du maréchal de Puységur, in-fol. 1748.
Pour le même livre , Soubeyran a gravé une pièce que nous donnons ici comme son chef-d'œu^Te :
LA BATAILLE DE FONTENOY, en-tête de l'épître dédicatoire au Roy, dans /'.-Ir/ de /o Guerre du maréchal de Puységur; in-4 en largeur.
L'eau-forte de cette jolie petite estampe, 120 fr. 1881 . Tirage hors texte.
STRANGE (Robert).
Strange est né dans une des îles Orcades, en 1723 ; il descendait d'une famille noble du comté de Fife. Son père, après avoir essayé de lui faire embrasser successivement la carrière du droit et celle de la marine, céda au goût prononcé qu'il témoignait pour les arts et l'envoya à Edimbourg étudier chez Richard Cooper les principes du dessin et de la gravure. Mais lorsque le prétendant Charles-Edouard prit Edimbourg en 1745 , le jeune Strange , dont la famille était attachée au parti des Stuarts , abandonna ses études pour le suivre. Après la défaite de GuUoden, Strange se réfugia à Paris, et c'est ainsi qu'après avoir pris des leçons de dessin de J.-B. Descamps , il se trouva devenir un des élèves de Le Bas.
Adoptant la gravure d'histoire de préférence au paysage, il se fît connaître bientôt par l'estampe le Retour du Marché, d'après Wouvermans, dédiée à M. Prévost, receveur général des fermes de la Lorraine, par son ami Le Noir, et par celle de VAmour, d'après Carie Van Loo (1750), dédiée à Descamps par le graveur. Le dieu y est représenté
debout, tenant son arc ; il est prêt à prendre une flèche et sourit à l'idée de la blessure qu'il va faire :
Qu'il est malin ! qu'il a d'appas I Ah I que n'inspire-l-il des flammes e'ternelles ! Les Roses naissent sous ses pas , Quel dommage qu'il ait des ailes.
Cette dernière estampe est la seule que Strange ail gravée d'après un maître du XVIIP siècle. Vers 1750 il quitta notre pays pour retourner en Angleterre, où, déjà en possession d'une grande réputation, il eut à graver nombre de tableaux conservés dans les galeries de Londres : la Madeleine et la Clèopâtre du Guide (1753) ; Apollon rècojnpensant le mérite et punissant V orgueil, d'après A. Sacchi, la Libéralité et la Modestie, d'après le Guide (1755) ; une Sainte- Vierge et VAnge de V Annonciation du même ; ces deux estampes se vendaient chez Strange, 21 schelliiigs (1756) ; Romulus et Rémus, César répudiant Pompéia , d'après Piètre de Cortone, et le Bélisaire de Salvator Rosa (1757) ; Sainte Agnès du Dominiquin , Vè^ius parée par les Grâces, du Guide ; le Jugement d'Hercule placé entre la Volupté et la Vertu, du Poussin (1759) ; le Sommeil de Jésus, et une Sainte Cécile de Carie Maratte (1760).
Ses travaux lui ayant procuré une certaine aisance, Strange part pour l'Italie , et visite pendant cinq années Rome , Naples, Parme, Bologne, Florence, partout accueilli avec empressement : deux estampes d'après Raphaël, la Justice et la Douceur commencées à l'eau-forte en 1761, terminées au burin en 1765, sont signées de ces titres : R. Strange, Academiœ regiœ m. 3T
arlis graphices Parisiis, cl. Academiarum Ro^nœ, Florentiœ atque Bononiœ socius , academiœ item regiœ ParTuensis professer .
Revenu en Angleterre en 1765, et toujours fidèle à son goût pour les maîtres italiens, il donne successivement :
Primitiœ amoris (l'enfant Jésus endormi) et Cupido dormiens, d'après le Guide (1766), la première de ces estampes est gravée ex picta tabula Guidonis Reni quœ est apud Robertum Strange ; notre graveur, en effet, s'occupait assez activement du commerce des tableaux, et l'on cite tel tableau du Poussin, acheté par lui trois cents livres à Paris, et revendu à Londres mille guinées , ce dont on ne saurait le blâmer. Strange a aussi publié, en 1769, le catalogue des tableaux qu'il avait achetés en Italie.
Abraham renvoyant Agar , et Esther devant Assuérus , d'après le Guerchin (1767) :
Vénus et la Danaè du Titien (1768) ;
Venus bandant les yeux de F Amour, du Titien, et la Chasteté de Joseph, du Guide (1769) ;
Sainte Cécile, de Raphaël . et une Sainte famille du Corrège (1771) : ce dernier tableau est connu sous le nom de le Jour ou le Saint Jérôme du Corrège ;
Marie embrassant Jésus, du Guerchin , et Sainte Marie-Madeleine, du Guide (1773) ;
L'Am^our, deB. Schidone, et la Maîtresse du Parmesan (1774) ;
Laomédon découvert par Neptune et Apollon, de Salvator Rosa (1775) ;
La Mort de Didon, du Guerchin (1776) ;
Cléopâtre, en pied, du Guide (1777) ;
La Fortune, du Guide, qui fut décidément le peintre de prédilection de Strange (1778) ;
Vénus et Adonis, d'après Titien (1779).
La Madeleine du Corrège date de 1780 ; cette estampe n'est point la reproduction du célèbre tableau de la galerie de Dresde, mais d'une étude du Corrège ; ici la figure de la Madeleine est seulement en buste ; l'estampe d'après Schidone qu'on appelle le Premier des devoirs [In primis venerare deos) est de l'année suivante. Les derniers travaux du graveur sont de 1787 : Sapho de Cai^lo Dolci , le portrait de Raphaël, d'après lui-même, VEnfatit Jésus tressant une couronne d'épines, de Murillo, C Enfant Jésus endormi, de Van Dyck, et V Annonciation du Guide*.
La réputation de Strange fut considérable, peut-être exagérée. Ses estampes ont pour elles une certaine douceur d'ensemble qui satisfait le premier coup d'œil, mais iiisistez-y et vous demeurez frappé de 1 imperfection de sa manière ; point de force, point de lumière, aucune partie ne se détachant en vigueur. Strange est un homme de goût et ses intentions sont excellentes ; certes il connaît bien l'effet qu'il faudrait produire, mais il l'atteint rarement ; sa main le trahit. 11 ignore l'art de conduire habilement les tailles, de les renforcer ou de les diminuer, de les vainer suivant la
1 Nous donnons ici les prix atteints par quelques estampes de Strange à la vente Debois , 1843. Il s'agit , bien entendu , d'épreuves avant ta lettre :
Agar renvoyée par Abraham et Eslher devant Assue'rus , liu Guerchin , 305 fr. — Le Saint Jérôme du Corrège, 1,015 fr. — Ainoris prhnitiœ, 100 fr. — Cléopdtre en pied , du Guide, 320 fr. — La Fortune , du Guide , 275 fr. — La Douceur et la Justice , de Raphaël , 325 fr. — La y^énus et la Danaé du Titien , 505 fr.
nature des objets représentés; il ne possède pas à fond cette science du burin dont il ne faut pas abuser, mais qui seule fait les grands graveurs. Il n'a pour toute ressource qu'un système de tailles grêles et sans effet ; ce n'est ni de la gravure classique ni de la gravure pittoresque, c'est la gravure d'un homme dont l'éducation professionnelle est incomplète. Ceci est la faute de son maître Le Bas, qu'on n'a pas accusé sans raison d'avoir porté un coup funeste à son art, avec sa gravure facile et son perpétuel à peu près. Bartolozzi, lui aussi, va adopter ce genre de gravure expéditive, l'eau-forte soutenue par de maigres tailles de burin, et il en fera un effroyable abus. On a dit que Strange était venu passer un an à Paris, en 1779, par suite de discussions avec l'Académie, et des chagrins que lui occasionnèrent des hommes envieux de son mérite et de sa réputation. Au fond, il ne serait pas étonnant que de son temps même, les hommes de métier se fussent aperçus de ses défauts.
Mais, fidèles à notre principe , nous voulons juger Strange sur ses morceaux les plus parfaits ; nous les trouverons parmi les quelques portraits qu'il a gravés.
Charles i*^ Marie Stuart. Charles-Edouard, le Duc de Montrose, le Comte deShafJ'ord, le Comte d'Essex, petits médaillons sans nom d'artiste, pour V Histoire d'Angleterre de Smollett (1756).
Les enfants de Charles I" : Charles Pri^ice de Galles, Jacques duc d' Yorck et la Princesse Marie , d'après Van Dyck, in-fol. en largeur (1758).
Charles P'', en pied , couvert du manteau royal , d'après Van Dyck, in-fol. (1770); cette célèbre
estampe est un chef-d'œuvre d'élégante exécution*. Le graveur a dû y apportei' d'autant plus de soin et de goût que ses préférences politiques étaient invariablement demeurées pour les Stuarts.
Charles l'\ debout près de son cheval, accompagné du duc d'Hamilton (1782). et Henriette de France , reine d'Angleterre, avec ses enfants (1784), estampes in-fol. d'après les tableaux de Van Djck ^. Ce sont encore les chefs-d'œuvre de Strange.
Allégorie sur la mort d'Octave et Alfred , princes d'Angleterre, morts en bas âge, d'après Benjamin West (1786) . — William Hamilton , poète , Robert Leigthon , archevêque de Glasgow, Archibald Pitcairn , médecin et poète , portraits destinés à orner des livres (cités par Le Blanc). — Enfin son propre portrait , Robert Strange , profil d'après Greuze, dans un médaillon entouré d'une bordure, in-8.
Strange est mort en 1792. Il avait publié, en 1775, son ouvrage : An Inquiry into the Rise and Establishment ofthe Royal Academy of Arts Peu de
temps avant sa mort il forma quatre-vingts exemplaires de son œuvre en épreuves de choix, qu'il fit relier en y ajoutant une introduction sur l'art de la gravure : il les vendait 70 guinées.
Le catalogue raisonné de l'œuvre de Strange, en soixante-deux articles, précédé d'une notice biographique, a été publié en 1848 par Charles Le Blanc.
1 Une épreuve avant la lettre, 1,030 fr. vente Debois. L épreuve qui est exposée au Cabinet des Estampes a été payée 1,500 fr.
2 Les deux, avant la lettre, 440 fr. 1843, et 1,050 fr. 1813. — Le Charles itr est exposé au Cabinet des Estampes.
SUBLEYRAS (Pierre;
Nous n'avons pas à faire ici sa biographie et à apprécier son talent comme peintre. Il nous appartient seulement de constater que Subleyras a plusieurs fois pris la pointe pour graver à l'eau-lorte , et non sans esprit. Mais , comme la plupart des productions des peintres-graveurs , les pièces gravées par Subleyras sont d'une extrême rareté et nous n'en avons rencontré, pour notre part , que deux :
Le Serpent d'Airain , pièce dont le dessin avait remporté le prix à l'Académie, in-4 en largeur.
Jésus à table chez les Pharisiens, intéressante estampe, in-fol. en largeur, dédiée au duc de Saint- Aignan , P. Subleyras, inv., pinxit et sculp. Romœ
Hubert et Rost mentionnent en outre :
Le Martyre de Saint Pierre, in-iol.;
Quatre morceaux tirés des Contes de La Fontaine, in-fol.
Les SURUCtUE.
Louis Surugue le père , graveur à l'eaii-forte et au burin , naquit à Paris vers 1686, suivant Nagler, date plus probable que celle de 1695 donnée par d'autres biographes. Après avoir commencé ses études do gravure dans sa ville natale , il suivit, jeune encore , à Amsterdam , Bernard Picart qui allait y fonder le grand établissement dont nous avons déjà parlé. Surugue concourut à l'exécution de quelques-uns des grands ouvrages entrepris par son maître ; entre autres il grava plusieurs des figures de la Bible. Sa planclie de Méléagre est indiquée comme gravée à Amsterdam en 1710. Il épousa dans cette ville Cornélia Bauwens, et revint en 1715 se fixer à Paris où il fonda un commerce de marchand d'estampes, Montagne Ste-Geneviève, alertant le collège de Laon, chez N. Bèraut. C'est l'adresse que portent deux estampes in-4 , la Cuisinière et la Couturière , d'après Van Schupen.
Le nom des parrains de ses enfants vont nous indiquer ses relations habituelles : Edme Jeaurat , Pierre Drevet, graveurs ; Charlotte Le Bas. femme de Nicolas Sylvestre, maître à dessiner du roi : et Charles Coypel,
d'après lequel Surugue a gravé plusieurs estampes : Clytie changée en tournesol (1720), dédiée au duc de Chartres , Daphnis et Thémire , le Projet d'un Plafond qui devait être peint à Saint-Cloud pour le Régent : Persée délivre Andromède , la Folie pare la Décrépitude , et plusieurs des planches de la grande suite de Don Quichotte (1723). Les 25 pièces de cette suite pour la gravure desquelles le graveur s'était fait aider de Lépicié et de Gochin père, parurent l'année suivante chez lui et furent plus tard copiées dans l'atelier de Bernard Picart.
Louis Surugue a gravé pour le Recueil de Grozat la Sainte Marguerite de Raphaël, Saint Jérôme, d'après Balthazar de Sienne, Jésus guérissant dix lépreux , d'après Genga ; pour la Galerie de Dresde, un Sacrifice d' Abraham, d'après Andréa del Sarto.
Il collabora à la gravure de la Galerie du Président Lambert pour les plafonds , d'après Le Brun ; à la Galerie de Versailles , pour la planche de Louis XIV accordant sa protection aux Beaux -Arts ; à la belle édition des Aventurées de Télèmaque (1736) pour plusieurs planches, d'après Du Bourg et De Brie.
Les Différentes Nations de V Europe, de VAsie, de V Afrique et de V Amérique, d'après Gh. Le Brun (1720), 4 pi. in-4 en hauteur.
U Amour indiscret , — l'Amitié généreuse (1716), 2 p. in-4 , d'après Vleughels.
Les Quatre Éléments, 4 p. petit in-fol., d'après J. Dumont.
Divertisseinent de paysans hollandais (1748), la Pileuse flamande (1749) , le Roy boit (1751) , David
SURUGUE. 577
Tèniers faisant dire la bonne aventure à sa fenirne , d'après Téniers.
Le Philosophe en méditation et le Philosophe en contemplation, in-fol. d'après Rembrandt ; le Roy à la chasse, d'après Parrocel.
Les Plaisit^s de l'Été , le Désir de plaire , d'après Pater ; Vénus allaitant les Amours, d'après Rubens ; les Amusements de Cythère , le Concert champêtre et une scène de la comédie italienne, Ai^lequin, Pierrot et Scapin , d'après Watteau.
D'après Antoine Coypel , la Descente d'Énée aux enfers ; d'après Chardin , l'Instant de la méditation , 1747, in-4 en lai^geur ; l'Économe et les Amusements de la vie privée, 2 p. se faisant pendant.
La suite du Roman comique , d'après Pater, qui comprend 16 pièces in-4 en largeur, a été gravée pair Surugue père , conjointement avec Surugue fils , Scotin, Audran et Lépicié.
Les planches de Surugue père seraient : M"'' de Bouvillon pour tenter le Destin le prie de lui chercher une puce , et Ragotin retiré du coffy^e où la servante du cabaret favoit malicieusement enfermé.
Deux planches pour le Roman comique , d'après Dumont , planches que l'on ajoute à l'illustration du livre de Scarron par le peintre Pater : La Rancune coupe le chapeau de Ragotin, et Un Serrwier coupe le pot-de-chambre pour dégager le pied de Ragotin.
Louis Surugue fut de l'Académie royale. Il y fut reçu sur les portraits de Louis de Boulongne le père. bonne planche gravée en 1733 , et de Joseph Christophe (de Verdun), peintre (1735).
Dans tous ces ouvrages, Louis Surugue s'est montré
graveur habile et coloré, combinant habilement la pointe avec le burin.
Louis Surugue mourut à Grand-Vaux, près Savignysur-Orge , le 6 octobre 1762.
Il avait réuni son œuvre sous ce titre : Recueil d'estampes gravées par Louis Surugue, graveur du Roi, sur les tableaux de divers grands peintres , à Paris, chez l'auteur, rwe des Noyers , attenant le magasin de papier, in-fol. On y trouve son premier essai de burin, le Romelpot (jeune vendeur de moutarde), d'après Bloemart , et son premier essai d'eau-forte, un St-Bernard , d'après Mariette.
Pierre-Louis Surugue . son fils . né à Paris le 10 février 1716, apprit la gravure dans l'atelier de son père , et leur manière de graver se ressemble assez pour qu'on ait pu parfois confondre leurs travaux. Comme son père , il fut de l'Académie où il entra , en 1747, sur les portraits de Simon GuiUain. sculpteur, d'après N.-A. Coypel, et de Rénè Frémtn, directeurrecteur de l'Académie royale.
Nous distinguerons parmi les estampes qu'il a gravées :
Le Père de Rembrandt, d'après Rembrandt, gravé par Surugue fils en 1759, petit in-fol.
La Nativité du Sauveur, d'après le Corrège. la Vie?'ge, St-Jérôme d'après le Guide, pour la Galerie de Dresde.
Des planches d'après Téniers. Gh. Coypel {le Dépit (1747). et surtout le portrait de M'"' de "', en habit de bal (1746) , qui serait celui de M"^ de Mouchy ) ; rAm,our du vin . d'après Jeaurat.
SURUGUE. 579
Pour le Roman comique , d'après Pater : Ragotin pousse brusquement clans l'eau le père Gifflot qui entraîne le cocher , et M""* de Bouvillon ouvre la porte à Ragotin qui lui fait une bosse au front. . .
Plusieurs estampes d après Chardin , le Singe peintre et le Singe antiquaire, in-fol. (1743) ; l'Inclination de Cage (1743), in-4 ; V Aveugle, in-fol. : le Jeu de VOye , P. L. Surugue filius se. 1745, in-fol. en largeui" ; les Tours de cartes (1744), avec ces vers au bas :
On vous séduit, foible jeunesse, Par ces tours que vos yeux ne cessent d'admirer, Dans le cours du bel âge ou vous allez entrer Craignes pour votre cœur mille autres tours d'adresse.
Surugue fils avait des prétentions nobiliaires depuis que le pape l'avait fait comte romain, et dans les actes il signait volontiers de Surugue, chevalier de V ordre de VEperon d'or, comte de Latran. De sa femme Elisabeth Sageon , fille d'un procureur, il eut onze enfants. L'un d'eux se fit appeler Surugue de Surgis et un autre, qui fut officier et qui dessinait , Surugue Desfossés. (Voyez l'article Duclos).
« Pour sa curiosité, dit Basan, M. de Surugue avait * choisi parmi les plus belles estampes qui ont passé » dans ses mains , les morceaux les plus intéressants ^ de chaque graveur. Il avait senti la difficulté de » compléter des œuvres et s'était borné à composer » des portefeuilles avec les chefs-d'œuvre de chaque » auteur qu'il revoyait sans cesse avec plus de plaisir » qu'une immensité de pièces dont la rareté fait sou- » vent tout le prix. »
P. L. Surugue mourut à Paris le 29 avril 1772.
TANJÉ (Pierre
Pierre Tanjé, dessinateur, graveur à la pointe et au burin, est né vers i700 à Amsterdam où il est mort en 1760. Artiste très laborieux . il a laissé une grande quantité de pièces , tant de sa composition que d'après différents maîtres , notamment d'après Corneille Troost. Il fut aussi l'un des collaborateurs assidus de la Galerie de Dresde.
Les bibliophiles français connaissent surtout Tanjé pour avoir vu sa signature sur les fleurons du beau Tèlèmaque in-folio d'Amsterdam (1734), sur un frontispice et 12 figures de Du Bourg pour les Œuvres de Racine, Amsterdam , 1743 , 3 vol. in-12 ; et sur diverses figures pour le Rabelais de Le Duchat , pour le Théâtre de M. de La Fosse ( 1745 ) , pour Don Quichotte . d'après Coypel (1746) , pour les Lois de la nature expliquées (1756).
Tanje'a gravé son propre portrait, ceux de Desforges Maillard , Henri Cliatelain.
Les TARDIEU,
Belle famille de graveurs s'il en fut ! Hommes et femmes y sont artistes , et les Tardieu , par leurs mariages, se ramifient avec les Horthemels, les Belle, les Cochin , les Rousselet , Bernai^d Baron. Aussi leur généalogie est-elle assez compliquée. Essayons de la présenter clairement.
I. Nicolas-Henri Tardieu, né le 18 janvier 1674, était fils dun maître chaudronnier. « Comment , à Ni- » colas Tardieu, maître chaudronnier, vint-il la pensée » de faire de son fils un graveur ? Je ne sais, le batteur » de cuivre fournissait peut-être à la cuisine de son » presque voisin Gérard Audran des pièces utiles à la » ménagère. Quoi qu'il en soit, il fit apprendre à des- » siner à Nicolas-Henri et le mit en apprentissage » chez Audran. Nicolas-Henri profita des leçons de » l'habile professeur et l'on sait ce qu'il devint. » (Jal).
Tardieu , dont nous allons énumérer les principales estampes , fut reçu à l'Académie le 29 novembre 1720. 11 mourut le 27 janvier 1749.
Le 1" septembre 1706 il avait épousé , à St-Jacques du Haut-Pas , Louise-Françoise Aveline , veuve de
Laurent Baron . commissionnaire de l'oratoire. Cette veuve avait un fils. Bernard Baron, qui devint élève et gendre de Nicolas-Henri. Veuf en 1708, Tardieu se remariait quatre ans après et encore avec une veuve , Marie- Anne Hortheraels, mariée en premières noces au pâtissier Germain Le Coq.
Tardieu a été le maitre de Laurens Cars et de Le Bas. Il avait une touche très colorée ; son travail , heureux mélange de pointe et de burin, est à la fois régulier et pittoresque , sans aller jusqu'à la liberté excessive qui a caractérisé plus tard la manière de Le Bas. Son œuvre est considérable , on y remarque différentes pièces pour le Reciceilde Crozat d'après Jules Romain, Carie Maratte , etc.: V Histoire de Constantin en 12 estampes, d'après Rubens ; Adam et Eve du Dominiquin , les Quatre Qualités d'un Ministre , d'après E. Lesueur ; Jésus et la Samaritaine. Jésus et Madeleine , d'après N. Bertin ; un Cf'ucifîement , d'après J. Parrocel ; Saint Charles Borromée, d'après Dulin ; Jésus et les docteurs , d'après Andray ; les Pèlerins d'Emmaûs . d'après Vleughels , etc., diverses petites pièces ou vignettes d'après Le Brun , Coypel , Cazes , Humblot et lui-même.
L'EMBARQUEMENT POUR CYTHRRE, d après Watleau ; grand in-fol. en largeur.
Cette superbe estampe est la maîtresse pièce de l'œuvre de Tardieu ; c'est aussi une de^^ plus importantes de l'œuvre de Watteau. C'est à elle surtout que peut s'appliquer ce que MM. de Goncourt ont si heureusement écrit du peintre : " Le grand poète du XVIIi<^ siècle est Watteau. Une création , toute une créa- » tion de poëme et de rêve est sortie de sa tête , emplissant son œuvre de réleu gance d'une vie surnatui elle. De la fantaisie de sa cervelle, de son caprice • d'art , do .son génie tout neuf, une féerie, raille féeries se sont envolées. Le » peintre a tiré des visions enchantées de son imagination un monde idéal et » au-dessus de sun temps, il a bâti un de ce» royaumes shaltespeariens, une de » ces patries amoureuses et lumineuses, un de ce.s paradis galants que les Poli-