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Ce qui est bon à prendre est bon à garder, d'après Huet

CHAPUY (Jean-Baptiste).

Cet artiste , qu'on ne doit pas confondre avec le dessinateur du même nom , est le dernier nommé par Huber pour l'Ecole Française. Né en 1760, dit-il, Chapuy marche avec succès sur les traces de Janinet. Le mot est resté juste : Chapuy ne fît qu'imiter plus ou moins heureusement cet habile artiste , sans jamais atteindre au succès éclatant de son maître.

11 collabora avec Janinet au recueil de Costumes des Théâtres de Paris ; le portrait de Madame Bellecourt, rôle de Nicole dans le Bourgeois Gentilhomme , est signé de son nom. Deux estampes d'après Lavreince , sont aussi dues à notre graveur ; le Bosquet d'Amour ou , en deuxième état , les Trois sœurs au Parc de Saint-Cloud , et la Promenade au Bois deVincennes, ou , en deuxième état , les Grâces parisiennes au Bois de Vincennes.

Chapuy maniait aussi la pointe : — Allégorie sur la naissance du Dauphin , dédiée à monsieur Le Noir : « Le Dieu de V Hymen sensible aux vœux des Français.... etc ; — vignettes pour le Chevalier Grandisson , d'après Marillier, 1786 ; — çovrWertfa s -, Paris . Desnos . 1790. Mais il affectionnait surtout la

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gravure en couleur; la Réponse embarassante, d'après Brion , réduction de l Aveu difficile , de Lavreince ; une autre réduction de la Comparaison , d'après le même , les Plaisirs de l'Eté , baigneuses d'après Pietkin, sujet en largeur, sont ses meilleures pièces en ce genre, avec le Moraliste, estampe d'après son propre dessin et qui se vendait chez Le Yachez ; c'est un vieillard assis sur un banc , montrant une rose à deux élégantes. S'il veut leur dire que la beauté dure ce que vivent les roses, ce moraliste n'est qu'un maladroit; — Figures en couleur d'après Peyron pour le Temple de Gnide de Montesquieu (Paris, Didot, 1796), in-4.

Vue perspective du Champ de Mars, jour du serment civique prononcé par la Nation française assemblée à Paris le 14 juillet 1790. On a gravé bien des pièces sur la fête de la fédération, et il est naturel que les artistes aient cédé à l'enthousiasme général. L'estampe de Chapuy, d'après Le Roy, est la meilleure qui nous reste sur cette grande journée de la Révolution. Intéressante , en ce qu'elle nous montre l'ordonnance générale de la cérémonie , elle amuse par la diversité du costume des personnages placés au premier plan. Ici Chapuy a égalé Janinet , qui , lui aussi , a gravé une Fédération.

Il fut moins heureux dans des estampes de Robinson Crusoé, dans les Adieux d'Estelle et de Nèmorin, ou dans des pièces révolutionnaires , comme la Raison , figure au lavis d'après Boizot , et dans un Manuel républicain, interprétation en 22 estampes on couleur des articles de la déclaration des droits de l'homme : les Droits sont l'Egalité, la Liber té , la Sûreté et

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la Propriété; les Lois font leur sûreté etc. — La Paix faisant dételer les chevaux de Mars du Char de la Victoire et conduisant Bonaparte à V Immortalité, d'après Leraonnier, est une pièce de la dernière platitude.

Chapuy a dessiné et gravé 14 planches de Coiffures de Dames , du sieur Depain « qui enseignait l'art de » coiffer au moment où les dames avaient cessé d'édi- » fier sur leur têtes des labyrinthes et des frégates » pour adopter la coiffure à l'espoir et la coiffure aux » charmes de la liberté. » Le frontispice servait en même temps d'adresse. C'est une des plus curieuses pièces que nous connaissions en ce genre. On y voit Marie-Antoinette coiffée devant une glace par une troupe d'amours qui soutiennent au-dessus de sa tête un coquet petit chapeau à plumes : Se trouve à Paris chez Depain , Coeffeur de Dames et Auteur de ces Coeffures. Rue de Condé , aux Armes d'Artois, visà-vis la rue des Cordelliers ; A. P. D. R.\ in-8.

Un portrait en pied de Charles Maurice de laileyrand-Périgord , peint par Prudhon , est gravé par Chapuy qui s'était essayé déjà dans le genre du portrait en lavant à l'aqua-tinta Pilàtre de Rozier , à l'époque des ascensions de cet aéronaute infortuné.

Lorsqu'éclata la retentissante affaire du Collier, Chapuy publia sous son nom , au lavis , une suite de portraits : Louis XVI , Maris-Antoinette, Cagliostro etc. On regrette de ne pas connaître les noms d'autres graveurs qui se sont plu à exploiter ce scandale en exécutant, avec plus ou moins de soin, les portraits de tous les acteurs qui jouaient un rôle au procès. La plus remarquable de ces suites anonymes est

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gravée au lavis rehaussé de couleur, , chaque portrait est accompagné d'une scène : Mariage du Comte de Cagliostro, — Embarquement du Comte de Cagliostro pour aller à Malte , — M . d" Ettienville se rendant au Châtelet, — Première visite de M. de la Motte chez Melle a"Oliva, — Visite de M. de Tienville chez Mme de Courville, — Entrevue de Melle d'Oliva avec M. delà Motte au Palais-Royal, — Première visite de Mme de la Motte chez Melle d'Oliva. C'est une collection fort piquante et très-rare.

CHARPENTIER (François-Philippe).

Il y a eu au XVIIIe siècle plusieurs graveurs de ce nom. François Philippe Charpentier, né à Blois le 3 octobre 1734 , est l'un des vulgarisateurs des estampes au lavis. Son début dans cette manière de graver serait une étude de Vieille Fileuse, d'après Palmérius, gravée en 1756.

« Très-ingénieux dans la partie mécanique de son » art, dit Huber, il a prétendu à l'invention de la gravure » au lavis par un nouveau procédé plusexpéditifquele » premier , entra à ce sujet en contestation avec le » suédois Floding et l'emporta sur son rival par un » jugement de l'Académie. Ce triomphe lui valut un » logement au Louvre et une pension du Roi. »

Il employa ce procédé à reproduire les sépias vivement lavées de Fragonard et nul mieux que lui n'a su rendre l'aspect même de ces dessins. La Culbute , d'après ce maître , est à ce point de vue un excellent spécimen.

Il faut citer dans cette même manière du lavis , en bistre , des planches assez agréables reproduisant des dessins de Boucher. L'École est la moins bonne de ces pièces , mais les Grâces , l'Esquisse d'un Tombeau ,

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