‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 4)Chapitre 13 sur 141 · A FEMME AVARE GALANT ESCROC. Pour les Contes · texte numérisé non relu

A FEMME AVARE GALANT ESCROC. Pour les Contes

de La Fontaine, 17i)5, in-4.

Cette vignette est l'une des mieux réussies d'une suite considérée eDe-mênie

ajuste titre comme une des plus belles illustrations qu'ait produites l'école du xvme siècle.

Faisons remarquer ici que le mérite des graveurs d'illustrations ne consistait pas uniquement à reproduire avec exactitude les modèles qu'ils avaient sous les yeux , a n'être , en un mot, que des copistes sur cuivre. On ne leur fournissait pas toujours , en effet , des dessins terminés comme ceux de Moreau le Jeune par exemple , où tous les moindres détails , tous les tons , sent indiqués , où rien n'est laissé à l'initiative du graveur. — Souvent on ne leur donnait que des esquisses, et c'est le cas pour les Contes de La Fontaine -

Nous avons vu les dessins de Fragonard, dans le merveilleux exemplaire que possède aujourd'hui M. Eugène Paillet. Assurément, ils sont adorables , dans le vague où le grand artiste les a laissés , et qui leur donne je ne sais cruelle apparence immatérielle ; on dirait , en voyant défiler sous ses yeux ces cinquante-sept pièces , qu'on est parvenu à fixer sur des plaques sensibles , par un procédé merveilleux , les idées délicieusement confuses d'un rêve.

Mais, dans la gravure, les choses ne sauraient demeurer ainsi. Les interprètes ont dû dégager, pour ainsi dire, de la brume, et préciser les contours, les formes, l'expression des visages, donner des proportions aux figures, rendre exactement les détails des costumes et des ameublements, des paysages, mettre en perspective , et , chose si difficile , répartir la lumière, éclairer harmonieusement. — Ils y ont réussi.

On voit que nos graveurs ont été aussi , tout simplement , sans prétention et sans fracas, des dessinateurs singulièrement habiles.

vi. d'après vien.

33. La Chambre de Justice fait rendre gorge aux maltôtiers. — Jos. Vien pinxit , Cochin filius direxit , Aliamet sculpsit.

Planche de Y Histoire de Louis XX pur médailles , publication qui n'a pas etô menée à bonne fin et qui en est restée à 13 figures de Cochin et autres, fort belles du reste.

ALIX (Pierre-Michel).

Pierre - Michel Alix, né en 1762 (et qu'il ne faut pas confondre avec François Allix , né à Honneur en 1753, élève de Descamps à Rouen, puis de Le Bas à Paris, où il est mort en 1794), a pratiqué avec succès le procédé de la gravure en couleur , qui consiste à se servir de plusieurs planches portant chacune une teinte différente , et qui se raccordent au moyen de points de repère , dont on remarque facilement la trace sur les marges. L'habileté de cette sorte d'impression consiste à produire des tons harmonieux , par une heureuse fusion des couleurs à la rentrée de chaque nouvelle planche.

Dans les estampes , Alix fut loin d'obtenir les résultats qui ont fait la célébrité de Debucourt , témoin la Servante et le Boucher , grandes estampes assez plates, et certaines pièces d'après Greuze, V Accordée de village, le Paralytique, qui font penser à ces enluminures ornant les boîtes à musique et dont un mécanisme fait mouvoir les personnages par saccades. Mais dans les portraits, il se montra parfois l'égal des meilleurs artistes du genre , Janinet et Sergent.

Alix paraît avoir mis en pratique la maxime que L'art

-18 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIECLE.

n'a point d'opinion politique; pendant les trente années si pleines d'événements, de 1789 à la Restauration, il tint imperturbablement ses productions au goût du moment, et son œuvre, classé par ordre chronologique, ne laisserait pas d'être d'une variété piquante , tous les régimes y trouvant également leur compte.

Un superbe portrait de Marie-Antoinette , d'après madame Vigée-Lebrun , dédié au roi, ouvre la marche. C'est une pièce digne d'être mise en pendant du portrait de la reine par Janinet : puis viennent des portraits de la collection Le Vachez , le Lavoisier et le Fourcroy de la collection de Bonneville , et aussi une ennuyeuse série de médaillons ovales in-4 , où l'on remarque, à côté des grands auteurs classiques français , des portraits d'actualité , comme Bailty et Mirabeau. La popularité des constituants s'effondre, nous sommes en pleine Terreur, Alix détruit les portraits qu'il a déjà faits , par crainte des visites domiciliaires, et les remplace par ceux de Lepelletier de Saint-Fargeau, Chalier, Marat et Charlotte Corday, ainsi que par ceux des deux enfants que leur mort héroïque fit jouir pendant quelque temps d'une immense popularité parmi les patriotes, Barra et Viola. L'imprimeur y avait obtenu « cet air de vie et d'animation qui assure le succès et qui à ce moment était prisé au-dessus de tout éloge. »

Robespierre tombe , Alix grave , d'après Poissier , le Triomphe de la République le 9 thermidor de l'an II. « C'est le plus effroyable gâchis de cinabre que l'on puisse produire » , dit Renouvier dans son Histoire de ïart pendant la Révolution , considère principalement dans les estampes (Paris , veuve J. Renouard

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