ROUSSEAU (Jean-Baptiste), d'après Aved ; in
Ce portrait , qui figure en tête des Œuvres de J.-B. Rousseau , Paris, Rémond et Poignée, 1795 , fig. gravées sous la direction d'Anselin , est toujours avant la lettre .
ARRIVET.
On sait peu de chose sur ce graveur de la fin du xvnie siècle. Il a collaboré à la gravure des Fables de Dorât , mais bien peu , pour un en-tête et un cul-delampe seulement , ceux de la fable le Jet d'eau et le Réservoir (1773) , qui ne sont pas des plus saillants.
Le nom d'Arrivet se retrouve aussi sur un élégant petit en-tête qui figure au commencement des Quatre heures de la Toilette des Dames , poëme erotique , (c'est le titre du livre qui le dit) dédié à Son Altesse sérénissime Madame la princesse de Lamballe (Paris , Bastien , 1779, in-8), et sur le grand cul-de-lampe qui termine le livre. C'est bien à tort , selon nous , que l'on veut voir le portrait de la princesse dans la tête placée à la partie supérieure de cette petite composition.
Le catalogue de Le Blanc mentionne, au nom d'Arrivet , six frontispices pour le Petit Atlas maritime , une vignette pour Y Atlas de Corse , par N. Bellin , et une vignette pour le plan de la Bataille de JoJiansberg , 1766.
Nous relevons un frontispice agréablement historié dans le goût de Choffard, et signé Arrivet inv. et
sculpsit , en tête d'une Description du Golphe de Venise et de Morëe , 1771 , in-4.
Vous aimez la vignette ? on en mettra partout. Telle semble être la devise du xvme siècle. Le Dépôt des cartes et plans de la marine publia , à partir de 1737 , une Hydrographie française, ou recueil de cent cartes dressées par M. Bellin, ingénieur hydrographe; la plupart de ces cartes ont leurs titres ornés de cartouches d'un élégant style rocaille , dans le goût de ceux de Ghoffard. L'ornement de la grande feuille de titre de cet atlas , porte : Arrivei delineavit et sculpsit 1765. M. Henry Lacroix nous l'a montré avant la lettre.
Entre autres frontispices dont il semble avoir eu la spécialité , il faut citer celui d'un très-curieux livre intitulé : Les Costumes françois reprèsentans les diffèrens états du Royaume , Paris , chez Le Père et Avaulez , marchands d'estampes (1776) in-folio.
Nous avons vu plusieurs cartes de visite historiées , et adresses , signées d'Arrivet. Une des plus jolies est celle de Sergent fils , maître imprimeur en taille douce , rue des Noye?*s , belle adresse in-8 dans un encadrement Louis XVI orné : Ar rivet del. et sculp. M. Loizelet nous a obligeamment communiqué une autre très-jolie adresse , formée d'un petit cadre enguirlandé de fleurs, tout-à-fait dans la manière de Choffard. A la partie supérieure , une minuscule vue du donjon de Vincennes : Arrivet fecit. Nous ne savons quelle est cette adresse , l'épreuve qu'on nous a montrée étant avant la lettre.
A notre avis , d'ailleurs , les cartes de visites et les adresses , contrairement aux autres gravures , sont préférables en épreuves avec la lettre.
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Dépourvues de leurs légendes généralement amusantes , naïves ou emphatiques , les épreuves avant la lettre nous paraissent perdre une grande partie de l'intérêt que provoque ce genre de petites pièces.
Une autre adresse d'Arrivet est celle où Ton lit que le Sr de Prêsolle , entrepreneur d'armes et équipements des troupes du Roy continue toujours s'est ( sic ) entreprises pour les dittes troupes ; les officiers trouveront chez lui les modèles de leurs régiments soit Casques, Cuirasses, Bonnets de grenadiers et autres armements et équipements militaires.... Il demeure rue du Four, en entrant par celle Saint- Honorè. Arrivet del. et sculp.
Le frontispice et quelques planches du Sacre de Louis XVI , par Patas , sont entourés d'un encadrement qui porte la mention Arrivet fecit ornamenta.
Dans les Vues d'optique , gravures grossièrement coloriées et destinées à être regardées dans une sorte d'appareil dioramique , nous trouvons , avec la signature d'Arrivet, une pièce amusante et d'une facture relativement soignée , le Grand Caffè d'Alexandre sur les Boulvards de Paris ; la légende est traduite en latin comme ceci : Major tdberna Caffe Alexandri, in majori ambulatorio Lutœliœ vulgo Bouleard.
AUBERT (Michel).
« Michel Aubert , mort à Paris à la fleur de son âge , en 1740 » , a écrit Mariette , ordinairement si bien renseigné , dans son Abecedario. Nous sommes fâchés de contredire le grand écrivain d'art , mais nous adopterons plutôt comme date de sa mort celle de 1757, qui s'accorde mieux avec sa collaboration à la gravure des Fables de La Fontaine, d'après Oudry (1755) et à d'autres ouvrages de la même époque. Né vers 1700 , Aubert est un de ces graveurs sans grand accent et dont les œuvres dépourvues de cachet personnel ne demandent qu'une sèche nomenclature.
Il a laissé , en fait d'estampes , plusieurs planches d'après Rubens, où il a imité, mais sans succès marqué, le style de Gérard Audran , un Saint Georges prosterné devant la Vierge et V Enfant Jésus , d'après le Parmesan , pour la Galerie de Dresde , Vénus et l'Amour, Naissance d'Adonis et Mort d'Adonis, d'après Boucher, estampes d'où ce peintre a tiré plus tard les compositions qu'il a données sur les mêmes sujets pour les Métamorphoses d'Ovide , la Naissance de Vénus , d'après Jeaurat , et une suite de quatre
AUBERÏ. 39
pièces d'après ce même artiste : la Coquette, la Dévote , V Econome , et la Savante.
D'après Jacques Gourtin , Michel Aubert a gravé : V Amant complaisant, V Amant magnifique, les Yeux naïfs , et la Belle danseuse. Il fut chargé de reproduire par la gravure les élégantes compositions chinoises peintes par Watteau au château de la Muette. Ce sont des Divinités et Habillements des provinces de la Chine. Citons trois pièces encore d'après Antoine Watteau , la Promenade des remparts et le Rendez-vous de chasse , que l'on rencontre quelquefois avant la lettre *, et les Fêtes au Dieu Pan.
Aubert a été l'un des principaux graveurs emplovés par Odieuvre pour sa collection de portraits. Heinecken en cite 22 , dont voici la liste : le Duc d'Alençon, Jacques Ier, roi d'Angleterre, Elisabeth, reine d'Angleterre , Henriette de Balzac , le Cardinal Charles de Bourbon, Mme de La Moihe-Guyon , le duc de Brancas, Philippe de Comines , Concini , Henri Ier , prince de Condé, Marguerite d'Autriche, reine de France, Jean Galéas, le Cardinal de Gondi, Charles de Lorraine, Montecuculli , Mme de Montespan, René, roi de Naples, Philippe d'Orléans, l'empereur Othon, Victor- Amèdèe, roi de Sardaigne et Charles-Emmanuel Duc de Savoie.
Il a encore gravé, en fait de portraits , deux pièces pour la Vie des peintres flamands, de Descamps, Peter Van Ascii et Johan Van Bronckorsl, les portraits de Louis XV, d'après Le Sueur , du Dauphin et de la
1 Vendus dans cet état 360 fr., vente Béhague.
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Dauphine , d'après Latour , un portrait de l'Abbé de Voisenon , d'après Vigée, et le portrait de l'Abbé Auberl , son parent sans doute , auteur d'un volume de Fables.
Dans les livres , Michel Aubert a gravé des planches pour Y Histoire générale des voyages de l'abbé Prévost (1746 et années suivantes), pour les Fables de La Fontaine , d'après Oudry (1755) parmi lesquelles le Loup devenu Berger, le Loup et les Brebis , et la 2e planche des Deux Mulets , dont Cochin père avait fait l'eau-forte.
Quelques pièces pour le Recueil de Crozat , et des planches pour YOstéologie de Monro (1759).
AUDOUIN (Pierre).
Pierre Audouin , né à Paris en 1768 , reçut des leçons de Beauvarlet. Atteignant lage d'homme à la Révolution , il s'essaya par les portraits obligés de Louis XVI ', Necker, Mirabeau , in-fol., d'une exécution timide et molle. Il montra plus tard une main mieux assurée dans un portrait in-4 de La Fontaine , commencé à l'eau-forte par Pauquet , et qu'il termina en l'accompagnant d'une scène tirée de la fable le Statuaire et la Statue de Jupiter, portrait qui se joint à la suite des figures de Moreau pour la Psyché de Didot, 1795; dans les grands portraits de Bonaparte , 1er consul de la République française , avec une vue de la bataille de Marengo , par Duplessi- Bertaux; de X Archiduc Charles avec une scène gravée par Garreau , d'après Swebach ; de Moreau , général en chef de V armée du Rhin , orné d'une vue de la bataille de Hohenlinden , par Duplessi-Bertaux , de Napoléon Ier, avec la bataille d'Austerlitz , par le même.
On a encore d'Audouin les portraits in-4 d'Elleviou, dans Maison à vendre; de Martin, secrétaire du théâtre royal de l'Opéra-Comique , de Madame Bou-
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langer, dans Aline Reine de Golconde ; et de Madame Saint-Aubin , dans Ambroise, ou Voilà ma tournée.
Audouin contribua à l'exécution du Sacre de S. M. V Empereur Napoléon ; il était , en 1810 , graveur de Madame Mère , et membre de l'Académie des Arts de Vienne.
Les derniers portraits qu'il ait gravés , pendant la Restauration , sont les meilleurs de son œuvre : il faut citer la série des portraits de la famille royale : Henri IV; Louis XVIII; Monsieur (depuis Charles X); le Bue d1 Angoulème ; la Duchesse oV Angouléme ; le Bue de Berry , et surtout celui de Marie-Caroline- Ferdinande-Louise, Buchesse de Berry, née à Naples le 5 novembre 1798. Elle est représentée de face , sur un fond de paysage, coiffée d'un chapeau à larges bords et à plumes , sous lequel passent les cheveux bouclés sur le front ; la robe est serrée à la taille , à brandebourgs avec trois rangs de boutons ; un bouquet de fleurs est passé à la ceinture , ainsi qu'une montre. Il existe des épreuves avant la dédicace au comte d'Artois.
Citons encore Alexandre Ier, empereur de Russie , dédié à Louis XVIII , in-f., le Comte Razoumowski , le comte Suchet , Wellington , in-4 , et un petit médaillon de Gluck (Il me guide et me désespère) , de Mme Vigée Lebrun, in-4.
Audouin a gravé d'un burin assez clair plusieurs reproductions de tableaux pour le Musée français et autres publications de ce genre. On voit là qu'il avait été formé par un maître habile.
Il fut moins heureux dans l'illustration du livre ; ses