BOY DELL
et de paysages par Wollett, Vivarès et autres. — Un quatrième volume contenait 90 autres grandes gravures des mêmes artistes et d'après des peintures de tous les pays.
C'était encore Boydell qui avait en sa possession la reproduction très-réussie vraiment en fac-similé par Earlom, du fameux Liber ver itatis, autrement dit de la suite de deux cents dessins originaux de paysages de Claude Lorrain , souvenir pour l'artiste de tous les tableaux qu'il avait peints. Cet intéressant recueil se vendait 10 guinées les deux volumes. Puis c'étaient des Paysages d'après Poussin , les Caricatures de Pond, les Impostures innocentes de Bernard Picard, des gravures à l'eau-forte d'après Raphaël et autres maîtres exécutées à Dresde par Canale, six pièces pour la Jérusalem du Tasse, d'après les tableaux de Collins , douze pièces pour le roman de Pamêla , gravées par Truchy et Benoist d'après les peintures d'Highmore, des Vues de Londres et des provinces par Woollett , Toms , Lemprière et beaucoup d'estampes en manière noire.
Boydell ne se contentait pas toujours de payer la gravure , quelquefois même il faisait exécuter à ses frais les peintures originales. C'est ainsi qu'il avait rêvé et qu'il exécuta une magnifique édition des Œuvres de Shakespeare , due uniquement à des artistes anglais et dont il avait commandé peintures et gravures. Cette édition remarquable, mais d'un format extrêmement incommode, est fort appréciée en Angleterre.
Le grand éditeur avait l'intention de rendre publique la galerie de peintures contenant ce monument élevé au grand génie dramatique de ce pays , mais les
254 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIECLE.
conséquences de la Révolution française lui furent fatales et il fut forcé de mettre ces tableaux en loterie.
Boydell avait été nommé , en 1774 , alderman et en 1791 , lord-maire de Londres. Il mourut honoré de ses compatriotes en 1804 , à 1 âge de 86 ans. Son fils Josias ou Joshua Boydell , né vers 1750 , fut peintre de portraits et grava quelquefois lui-même à la manière noire.
BRADEL (Jean-Baptiste).
Jean-Baptiste Bradel , graveur , travaillait à Paris , de 1768-1783 , d'après Le Blanc , qui copie Heinecken dans la liste de ses portraits : Jean Bart. — Benoît XIV. — Clément XIV. — Prosper de Crébillon. — Mme Louise de France , d'après Monnet. — Frey de Neuville , prédicateur. — Gabriel de La Motte , évoque. — Le général Paoli. — M"e oVEon de Beaumont , chevalier et ancien capitaine de dragons, dessiné et gravé par J.-B. Bradel, in-fol. 1779. Les originaux , dit Heinecken , (de quelles pièces veut-il par hasard parler ?) ont été communiqués par Mlle d'Eon elle-même à ce seul artiste.
C'est le portrait de ce personnage énigmatique et légèrement hermaphrodite, changeant de sexe, suivant son goût du jour, espion politique arrivant, à la faveur de son déguisement femelle , à se faufiler dans les alcôves princières.
Une des vignettes de Moreau pour Y Histoire de la Maison de Bourbon, qui représente Saint Louis rendant la justice , est signée de P.-J. Bradel.
BRICHET (Frangois-R.-F.
Artiste qui a gravé, dit Heinecken , un Recueil de griffonnemens , 12 pièces en largeur à l'eau-forte. Le Blanc , qui donne 30 pièces à ces griffonnements et qui indique des planches de lui pour un ouvrage de médecine et un Cahier de troupes françaises et étrangères, de 5 pièces, le fait travailler à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Certes son nom est bien de forme et d'origine française , mais après avoir examiné son principal ouvrage , édité à Augsbourg , l'on ne peut méconnaître l'influence tudesque sous laquelle ce travail a été exécuté.
C'est un recueil intitulé : Exercice oV imagination dedifférens caractères et formes humaines... se vend à Augsbourg dans le négoce commun de I Académie impériale de V Empire , petit in-fol. , gravé par R. Brichet , en 1784 , d'après les dessins de J.-F. de Goez. L'exemplaire que nous avons eu entre les mains et dont les figures étaient tirées en rouge, comprenait 92 planches de types de la bourgeoisie et du peuple d' Augsbourg sans doute. Ces personnages bien allemands d'allure et qui se distinguent par un manque absolu de distinction , frisent la caricature. Quelques-