‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 129 sur 198 · Watelet, portrait orné d'après Cochin ; in · texte numérisé non relu

Watelet, portrait orné d'après Cochin ; in

30. Antoine, architecte. — Bocciardi , sculpteur. — Lemit , architecte.

— Percenet, architecte ; 4 p. in-4 d'après Trinquesse.

VIGNETTES

31. Illustrations pour Boccace, Corneille, Racine, la Nouvelle Héloïse,

d'après Gravelot ; — pour Puffendorf, 1753-59 ; — le Quinte- Curce et le Tacite de Barbou, d'après Eisen ; — pour les Fables de La Fontaine {Belphégor, 2*" et 3^ planches, etc. , etc.) ; — pour la Pariseïde de Godart d'Aucourt ; — pour Racine , d'après de Sève ; — pour l'Amitié, de M'"'^' d'Arconville. — Louis XV visitant l'Ecole militaire . médaille d'après Eisen , ornements par Choffard.

32. Extrait de différents ouvrages publiés sur la vie des peintres ,

par Papillon de la Ferté , n~6 , 2 ft-ontispices d'après Moreau , in-8.

Lempereur a signé deux têtes de pages , d'après Moreau , pour la description du mausolée de Louis XV, qu'on trouve aussi en premier état avec la signatui'e de N. de Launay.

LÉPIGIÉ (Bernard).

Bernard Lépicié, le graveur de Chardin , naquit à Paris le 8 octobre 1698 et pour premier maître eut le graveur Jean Mariette, dont le fils ne lui consacre pas une ligne dans non Abecedario. A l'âge de quinze ans, il entra dans l'atelier de Gaspard Ducliange, et tout en apprenant la gravure , il put par son intelligence et sa facilité réparer les lacunes d'une éducation négligée. Il lut surtout les poètes , composa lui-même des odes, et l'on retrouve les traces de son goût pour la poésie dans les petits vers placés au bas de ses estampes.

Ses premières amours ne furent pas heureuses , paraît-il : « Son âme sensible et tendre, nous dit Gaucher, » étoit faite pour ressentir vivement les irapre.'^sions » de cette passion violente qui fait le tourment et les » délices de la vie ; mais après avoir, comme Anacréon, » chanté l'objet de son amour, il se vit contraint , » comme Tibulle, de soupirer des regrets.* »

Lépicié « brisa sa lyre », mais afin de ne pas être témoin du triomphe de son rival , plus heureux parce qu'il était plus riche , il passa en Angleterre où il fut

1 Dictionnaire des Artistes de l'abbé de Fontenav.

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employé à graver avec Dubosc et Beauvais les Cartons (THampton- Court de Raphaël. Consumé de langueur et de chagrin , il quitta bientôt l'Angleterre et arriva chez son frère, directeur des monnaies à Amiens. Ne pouvant s'y fixer, il acquit une charge à Rennes et ne la garda qu'un an. De retour à Paris, il fit enfin ce qu'il aurait dû faire dès le principe , il se consola dans le commerce des arts de ses déboires amoureux et chercha un nouvel objet pour qui brûler, ce qu'il trouva bientôt. Il fit la connaissance d'une jeune personne de seize ans , Renée-Élisabeth Marlié , qui annonçait beaucoup de goût pour les arts , et l'épousa en 1729. Nous dirons plus loin ce qu'elle a gravé.

Lépicié a été employé par (^rozat , dans la gravure de son Recueil : Jupiter et Junon ; Jupiter et la , de Jules Romain , d'après des cartons appartenant au duc d'Orléans: Prédication de Saint Jean -Baptiste d'après Gauli ; la Circoncision . d'après Jules Romain.— VeHumne et Pomone , d'après Rembrandt.

— Une pièce pour la Gale?'ie de Versailles , d'après Le Brun : Prééminence de la France reconnue par r Espagne. — Les Francs-Maçons fiaw^ands en loge, d'après D.Téniers (1747), du cabinet de M. Bellanger.

Lépicié a surtout gravé d'après ses contemporains.

— D'après Rosalba Garriera , le Printemps , in-8 carré , le pastel au comte de Morville ; Flore. — D'après Nattier, Vénus châtiant PAm^our, avec cette épigraphe : nul amour sans peine, nul (sic) rose sans épine : B. L Epicier sculp. — D'après Pater, deux pièces pour son Rotnan co?nique. in-fol. en largeur : Piramide d'ailes et de cuisses de poulets élevée sur V assiette du Destin par M" Bouvillon , 1733, chez

Surugue , et Ragotin trouve des Bohémiens dans la maison de campagne, 1735. — D'après Grimoux, VEspagnolète et le Flùteur {il ■iO). — Plusieurs pièces, le Jeu des échecs, d'après C. de Moor (1746), le Jeu de piquet, d'après Netscher(1746), l'Accouchée (1744), la Relevée (1744), la Jeunesse et la Vieillesse , d'après É tienne Jeaurat (1749) sont ainsi indiquées ; à Paris chez Lépicié et chez L. Surugue. M™" Lépicié n'y aurait-elle pas travaillé?

Notre graveur a très agréablement aussi interprété Charles Goypel. L'A^nour de village ou l'Am^our naïf et VA7nour de ville ou V Amour coquet, son pendant (1732) , se vendaient à Paris chez l'auteur rue St-Louis au coin de fabàreuvoir du quay des orfèvres. L Amour précepteur est une de ces amusantes compositions où le peintre aime à faire figurer des enfants. Lépicié qui a gravé cette pièce en 1730, d'après un pastel appartenant à M. le comte de Morville, met dans la bouche d'un amour en costume de précepteur ces vers :

L'air grave que je fais paroîfre Belles, ne doit point allarmer Il caractérise le maître El ne le fait pas moins aimer.

Les Jeux d'enfants , grande estampe in-folio, sont dans le même goût. Des enfants nus se costument et se courtisent d'une manière comique. — La Veuve , in-4, du cabinet de M. Fagon.

Mais c'est surtout d'après Chardin que Bernard Lépicié a gravé avec plus de succès. Il a interprété avec goût et mesure les compositions d'intérieurs et

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de famille, si simples , si bien observées et si attachantes du peintre. La Gouvernante date de 1739; la Maîtresse d'école de 1740 , le Château de cartes Bile Tôfon,de 1742, la Ratisseuse (id.), la Mère laborieuse de 1743, le Bénédicité de 1744 ainsi que le Sou/leur, la Pourvoyeuse , V Aveugle , le tout agrémenté de petits vers anodins de la façon du graveur.

Signalons enfin une estampe que Gaucher appelle « un morceau capital », le Bâcha faisant peindre une de ses femmes , d'après la peinture de Carie Van Loo. L'expert Remy, dans le catalogue de la vente de Jullienne (1767), disait à propos de ce tableau bien connu par l'estampe gravée en 1748 par Lépicié : « Ce tableau » est touché moëlleusement et les figures bien dessi- » nées , mais ce qui donne une grande preuve de sa » distinction c'est qu'il se trouve placé dans ce cabinet » entre plusieurs morceaux du premier mérite et qu'il » s'y soutient parfaitement. »

En devenant en 1737 secrétaire perpétuel de l'Académie de peinture à la mort de Dubois de St-Gelais qu'il remplaçait, Lépicié abandonna presque complètement la gravure pour se consacrer à ses nouvelles fonctions, d'autant qu'il fut aussi nommé historiographe de ladite Académie. Il avait été un graveur habile, il maniait également la plume avec facilité et se mit immédiatement à l'œuvre. Ayant formé le plan d'écrire l'histoire de l'établissement de l'Académie et la vie des peintres et des sculpteurs qui en avaient fait partie , il ne put mener à bien un plan aussi vaste et se contenta d'écrire des notices séparées sur Le Brun , Le Sueur, Mignard , Sarazin. Lépicié était en même temps l'éditeur, en sa qualité de secrétaire perpétuel ,

des Vies des premiers peintres du Roi (1752) , et fut chargé par M. de Tournehem de rédiger le Catalogue raisonné des tableaux du Roi, avec un abrégé de la vie des peintres, ouvrage sorti de l'imprimerie royale en 1752-1754 , fait avec soin et que la mort l'empêcha de terminer.

Bernard Lépicié a gravé un certain nombre de portraits, dont plusieurs intéressants. D'abord pour entrer à l'Académie où il fut reçu le 31 décembre 1740, il dut graver le portrait de Louis de Boullongne, belle planche exécutée dès 1736 d'après H. Rigaud . et celui du peintre Nicolas Berlin , d'après De Lien.

Tout le monde connaît et apprécie l'excellent portrait de Molière d'après Coypel, placé en tête de la belle édition de ses Œuvres, 1734.

Antoine de la Roque , ancien mihtaire blessé à la guerre, auquel le roi avait donné, comme dédommagement, la ferme du Mercure de France. C'était un amateur des beaux-arts que Watteau , qui l'a peint , a placé dans un paysage égayé par des naïades et des faunes. Il est assis , son chien près de lui et sa canne à portée. Au-dessous ces petits vers du graveur :

Victime du dieu Mars, les filles de mémoire Occupent à présent son cœur et son esprit

Il a combattu pour la gloire

Et c'est pour elle qu'il écrit.

Un bon portrait encore de notre graveur est celui , d'après H. Rigaud, de Messire Philibe^-t Orry, contrôleur général des finances et directeur des bâtiments du roi , grande et belle estampe exécutée avec goût en 1737.

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Mentionnons les portraits de l'Abbé Capperonnier, bibliothécaire; de l'actrice Charlotte Desmares dans le rôle de Thalie, d'après Ch. Goypel (1736); de Catherine de Seine, femme Dufresne , dans celui de Lucrèce , d'après Aved ; de Ch. de Rhodes de la Morlière, d'après La Tour. — Pour la suite d'Odieuvre , ceux de Watteau , de la Rosalba et de M"** de Maintenon. — Boucon , amateur, d'après F. de Troy , gravé avec Thomassin ; enfin le portrait de Messire Pierre Grassin , conseiller, offert par son très humble serviteur Lépicié l'aîné.

« M"" Grassin (d'après une note manuscrite] prétend » ne l'avoir point fait graver ; que c'est le frère d'un » de ses commis qui le grava en 1718, et qu'il n'en fut » pas plutôt informé qu'il retira la planche et tous les » portraits qui avoient paru et il se défit de son » commis. »

Voilà un homme qui n'aimait pas la gravure , car le portrait n'était pas déjà si mal !

Bernard Lépicié mourut d'une attaque d'apoplexie le 17 janvier 1755, dans son logement au Louvre. Il fut inhumé en présence de son fils , le peintre bien connu.

« Egalement cher aux artistes et aux gens de lettres, » a écrit Gaucher, Lépicié emporta les regrets de tous » ceux qui l'avoient connu. Il avoit la physionomie » ouverte et gracieuse, le caractère gai , affable ; sa » société étoit douce et intéressante. Il s'exprimoit » avec autant de facilité que de grâce. Ses vers ont de » la noblesse , de l'expression, du sentiment : l'on » retrouve dans ses estampes les mêmes qualités réu- » nies : du caractère , de l'énergie, une touche large n. 43

» et moelleuse, dirigée par une profonde connoissance » du dessin. »

Renée-Elisabeth Marliê Lépiciê, fille d'un maîtreécrivain, avait épousé le graveur Bernard Lépicié, qui lui mit le burin à la main et s'en fit aider, dit Mariette, dans plusieurs de ses ouvrages. Il ajoute que c'était une femme sage et qui a fait le bonheur de son mari et de ses enfants.

Elle a signé de son nom diverses estampes : la Vie chmnpêire, d'après Bouclier (1741) ; l'Amour tnoissonneur et l'Amour oiseleur, du même artiste. Le Déjeuné , jolie estampe, porte cette seule mention : gravé à V eau-forte par Lépicié, mais Le Blanc la lui attribue. Au-dessous ces vers signés également Lépicié :

Caffé charmant ta liqueur agréable

De Bacchus calme les accès ; Ton feu divin dissipe de la table

Et les dégoûts et les excès.

Le Contrat de ^nariage, d'après Gh. A.VanLoo ; la Piéniontaise, d'après N. Halle ; les Eléments, 4 pièces in-4, d'après E. Jeaurat; la Jeunesse sous les habille- Tnents de la Décrépitude , d'après Ch. Coypel ; une copie du Bénédicité de Chardin ; le Philosophe, le Buveur et le Cuisinier flamand, d'après D. Téniers ; les portraits de C. Mellan et de Fléchier, pour la suite d'Odieuvre, etc..

Elisabeth MarUé Lépicié , née en 1714 , mourut à Paris le 27 mars 1773 , dans le logement qu'occupait son mari au Louvre et qui lui avait été laissé.

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Le fils de Lépicié a dessiné dos planches pour la suite de VHisioire de France qui a été continuée par Moreau.

ESTAMPES

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