‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 13 sur 198 · ii · texte numérisé non relu

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On ne commenco à voir le nom de ce graveur que dans les dernières années du XVIIP siècle.

L'Orage d'après Grœnia, pièce politique, in-4. Deux moines se désespèrent en voyant la foudre renverser la croix. L« Fontaine de la régénération, d'après Monnet , 1796, in-fol.

Frontispice de Rousseau ou V Enfance , poëme de Desorgues.

Œuvres philosophiques de M. Hemsterhuis, Paris 1792 , 2 vol. in-8. — 26 culs-de-lampe signés Hulk.

Vignettes de Marillier pour la Bible , 8 pièces.

Frontispice pour le Voyage en Syrie, de Cassas.

Aaha ou le Triomphe de Vinnocence , an X , in-18, frontispice et 4 figures d'après Brion.

Nous retrouvons Hulk, plus tard, sur des vignettes de Moreau pour le Comte de Valmont , les Œuvres de Racine (suite de 1811, les Plaideurs) et Y Ovide de Viilenave.

Et c'est avec si peu de chose qu'un homme, un artiste a gagné sa vie, et a fourni peut-être aux besoins de toute une famille. Gela demeure toujours pour nous un sujet d'étonnement.

HUOT (François).

Inspiré par la lecture du fameux roman de Restif de la Bretonne, le Paysan et la Paysanne pervertis, Borel dessina deux compositions qui furent gravées par Huot : l'Innocence en danger est une jolie scène qui représente la jeune paysanne débarquant à Paris et exposée à toutes les séductions de la capitale ; le Voilà fait ! nous montre le Palais-Royal avec son café de la Rotonde où le paysan se trouve compromis,

Huot a gravé quelques-uns des portraits au crayon de Pujos , ceux de Court de Gébelin , La Harpe , Delille , 1783 , in-8 orné , et le portrait de son maître de gravure Nicolas de Launay, d'après le dessin de Aug. de Saint-Aubin.

Petit portrait de Frédéric II, et vignettes d'après Borel pour les Mémoires du baron de Trench.

On retrouve son nom , sur une vignette de Gatel pour Herman et Dorothée, Didot , 1800, et dans les Œuvres complètes de Berquin, Paris, Renouard, an XI (18031.

Les HUQUIER.

Le 9 novembre 1772 commençait, rue des Mathurins vis à vis l'hôtel de Clugny, la vente des tableaux , dessins précieux et estampes choisies de l'homme que les contemporains, pour le distinguer de son fils, appelaient le Père Kuquier, du graveur-ornemaniste de talent qui avait tant contribué à vulgariser les compositions ingénieusement contournées des Meissonnier, des Oppenord et des Watteau, du marchand-amateur entre les mains duquel étaient passées tant de belles choses et dont les cartons remplis de dessins , où les anciens frôlaient les bacchanales de Gillot ou les nymphes peu vêtues de Boucher, étaient libéralement ouverts aux jeunes artistes venant y puiser des inspirations , de l'éditeur accueillant enfin , qui les encourageait en publiant leurs premiers travaux , de Jacques-Gabriel Huquier , né à Orléans , le 9 mai 1695. Joullain le fils s'était chargé de faire la description des objets laissés par le vieux graveur et de les mettre en vente.

C'est toujours avec un vif sentiment de curiosité que Ton parcourt les catalogues des collections dispersées. On y saisit bien les tendances et les goûts des

amateurs disparus qui les avaient formées et l'on y devine presque leur caractère. Celle-ci était fort belle et consacrée surtout à l'Ecole française. Huquier, pour arriver à satisfaire ses goûts , s'était mis à faire le commerce des curiosités , happant au passage pour sa propre collection les morceaux les plus précieux qui lui passaient par les mains, et revendant ceux d'un moindre mérite. Cette méthode infaillible , disons-le en passant , a toujours été pratiquée , et de nos jours nous pourrions citer maint amateur, nous disons des plus huppés , en qui le collectionneur passionné est doublé d'un brocanteur redoutable. On remarquait dans la collection d'Huquier des dessins de Michel- Ange, de Piètre de Cortone, du Cavalier Bernin , une Sainte-Famille, précieux dessin de Raphaël, des Jules Romain, des Guido Reni, des Dominiquin, des paysages du Titien ; douze compositions coloriées d'Ostade ; des Wouvermans , des Berghem et des spécimens de presque tous les flamands et hollandais ; six belles aquarelles de Freudeberg ; dans l'Ecole française des dessins de Le Brun, de Bouchardon, deux cents paysages de Pérelle ; de nombreuses études et compositions de Boucher parmi lesquelles les dix-huit dessins des Cris de Paris, six dessins d'Ecrans, les Arts représentés en six dessins par des enfants, les Saisons, les Eléments, presque tous gravés par Huquier ou La Rue. J.Vernet, Fragonard , Le Prince, Eisen , C. Van Loo, Watteau y brillaient par d'excellents ouvrages ; on y trouvait encore des recueils uniques ; les 247 dessins d'ornements de riconologie de Jacques de Bie, 216 dessins d'une Iconologie par Huquier , 100 feuilles d'attributs par C. de la Fosse, les charges de Léonard de Vinci ,

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100 dessins originaux de théâtre et d'ornements par Oppenord , enfin de magnifiques compositions ornementales du même artiste et de Meissonnier en quantité considérable.

Huquier contribua plus que personne à répandre on France et à l'étranger le goût des luxueuses décorations d'appartement , de ces meubles d'une si grande richesse de formes , en gravant les nombreux dessins de maîtres ornemanistes qui remplissaient ses portefeuilles.

Voici d'après Claude Gillot des Principes d'ornements^, des Scènes de la comédie Italienne .

D'après Bouchardon , Apollon et les Muses, dédié à Bernard de Rieux , deux Livres de Vases et aussi les

1 C'est dans un cadre du goût le plus exquis, c'est entourée des plus beaux spécimens des meubles sculptés de la Renaissance italienne et française, de tableaux de vieux maîtres, de bronzes et de marbres d'un grand prix , que se trouve placée la remarquable collection de livres d'ornements de toutes les époques de M. Edmond Foule.

Ces sortes de collections n'ont été que rarement entreprises , sans doute parce que les livres et recueils de ce genre sont fort rares ; ils forment pourtant ici un charmant et instructif ensemble qui va des premiers nielles aux arabesques de la fin du XYIII" siècle.

Signalons , dans la Renaissance , les admirables livres d'heures de Geoffroy Tory, l'orfèvrerie de Brosamer, les livres de bijouterie de Virgile Solis , les damasquines de Fletner et de Sylvius , les vases et les calices du maître de 1551, l'œuvre de Du Cerceau composé d'environ 1,500 pièces, la conquête de la Toison-d'Or de noti-e vieux maître français René Boyvin et ses livres d'orfèvrerie et de bijouterie , les suites d'ornements d'Etienne Delaulne , celles du maître orfèvre Zundt , les bijoux et les épées deVoëriot, les pendeloques de CoUaert, les ouvrages de Dietterliu, et tout à la fin du XVI'' siècle, les agraphes et boutroles des de Bry , les bijoux de Daniel ^lignot et les damasquines de Gourinont.

Au XVir', Mathurin Jousse et sa Fidèle Ouverture .Jarqinrt et ses entrées de serrure, pommeaux d'épées et boîtiers de montres , Gilles et Gédéon Lègaré et leurs bijoux , l'œuvre de Jean et Daniel Marot , les

belles planches d'académies pour VAnatomie nécessaire pour Vusage du dessin.

D'après l'élégant La Joue, des Livres de Buffets, de Vases , d'Ornements et de Rocailles , d'Écrans, de Paysages , d Architectures , de Fontaines , de Griffonnements et de Cartouches.

D'après Watteau, des compositions encadrées d'arabesques ; des panneaux décoratifs intitulés :

le Bouffon , la Chasseuse ;

le Berger empressé , le Jardinier fidèle ;

la Grotte , le Berceau , le Théâtre , la Déesse ;

les Oiseleurs , le Repos des Pellerins , V Innocent Badinage , les Plaisirs de la jeunesse ;

Apollon , Diane ;

la Danse bachique , la Voltigeuse ;

r Empereur chinois, Divinité chinoise ;

la Pellerine altérée ;

décorations de Lepautre , de Charmeton et de Bei'ain , les meubles de BouUe, les bijoux de Daudet et de Bourguet, etc.

Pour le XVIIF siècle , si babile en décorations de toutes sortes , la collection Foule est également des plus complètes. Les œuvres entiers d'Oppenord , J.-A. Meissonnier et Babel . les grilles de Fourdrin et de Lamour, les ornements à la grotesque de Gillot pour tapisseries et panneaux gravés par notre Huquier, ainsi que ses culs-de-lampe et devises, ses clavecins gravés par Caylus, une Iconologie en 216 planches inventée et gravée par le même Huquier, un Recueil de 600 vases, imaginé et en partie gravé par lui , l'œuvre complet de Watteau , de Bernard Picart , des Cuvilliès , les décorations intérieures de Leroux , Blondel , De La Fosse , Toro , les rares recueils de Forty, Neufforge , Gauvet, Lalonde, Ranson. Puis c'est Ghoffard, Eisen, Marillier, Lajoue, Boucher fils qui sont représentés par leurs plus ingénieuses fantaisies ornementales. Citons enfin les chifires de Mavelot , la menuiserie de Roubo, les séries de Salembier, Saly, Germain de Saint-Aubin , etc., et disons que cette collection est l'une des plus précieuses et des plus complètes qui aient été formées.

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le Temple de Neptune , le Temple de Diane ;

le Rendez-vous, l'Amusem,ent ;

le Chasseur content , le Repos gracieuse ;

le Duo champêtre, le Repas champêtre ;

les Jardins de Cythère, les Jardins de Bacchus :

les Éléments, suite de 4 pièces ;

les Sens , suite de 6 pièces ;

les Saisons , trois séries différentes , dont l'une en forme d'écrans ;

Etc.. etc.

D'après Boucher, des suites de Cartouches pour adresses, frontispices, diplômes ; Sujets et Pastorales.

D'après Oudry, Panneaux décoratifs de chasse.

U Œuvre de Juste Aurèle Meissonnier , peintre, sculpteur , architecte et dessinateur du cabinet du Roy, est encore l'un des ouvrages les plus importants du graveur, tant par l'importance des pièces représentées que par leur haute valeur artistique. C'est dans ce recueil qui se vendait chez Huquier, rue St- Jacques au coin de celle des Mathurins, mais dont il n'a gravé qu'une partie, qu'il faut chercher les plus beaux, modèles de style rocaille. Huquier s'est vraiment surpassé dans ces motifs de mobiher, enlevés à l'eauforte avec un brio très remarquable. Une grande partie de ces beaux objets aux riches contours étaient exécutés pour le roi : les ornements de sa Carte chronologique, de son Écriloire en porcelaine, de sa Cuvette, de ses Candélabres et de ses Chandeliers ; le Traineau de jardin de la reine d'Espagne, des Tables, des Tabatières, des Boites de montre, des Gardes d'épées, des Pommeaux de cannes. dc^Surtouts de table , Porte-Huilier , Terrines d'argent ,

Sceaux à rafraîchir. Salières, Pot-à-oil, Portemouchette, Bougeoir, Girandoles, Miroir de toilette, YÈcritoir^e de M' de Maurepas, Croix, Ciboires.

Puis ce sont les intérieurs d'appartements , la Porte de salon de la baronne de Bezenval , le Trumeau de glace pour un cabinet en Portugal , le Canapé du comte de Bielenski , le Plafond d'une maison rue Rochouard , une Grande pendule sur un panneau , le Cadran à vent du duc de Mortemart , le Grand Surtout de table pour le duc de Kinston, etc., etc.

GestHuquier enfin qui a popularisé les compositions d'Oppenord , le décorateur plein d'imagination du Palais-Royal.

Pendant qu'en Hollande et qu'en France on exprimait le regret de ne pouvoir appliquer les compositions si ingénieuses et si riches de ce décorateur , et que l'on semblait les croire ensevelies pour toujours dans la nuit des collections particulières, Huquier qui possédait plus de 2000 de ses dessins, s'occupait de graver les plus beaux: le fameux recueil qui les contient parut sous ce titre : Œuvres contenant différents fragments d'architecture et d'ornements à l'usage des Bâtiments sacrés, publics et particuliers, gravés et mis au jour par Gabriel Huquier, in-fol. Le volume, dédié à Le Normand de Tournehem, s'ouvre par un remarquable portrait librement gravé à l'eau-forte de Gille-Marie Oppenord, écuyer, directeur général des bâtiments et jardins du duc d'Orléans, et contient des Livres de Consoles, de Cartels, de Trophées, de Portes, de Chandeliers, de Lutrins, de Cheminées, de Tombeaux , de Fontaines , de Lambris , de Décorations d'appartements, d'Autels, etc. Le style et le dessin n'en

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sont pas simples, il faut l'avouer, ils sont même tous deux singulièrement contournés, mais l'invention est toujours neuve, originale et riche, c'est une mine inépuisable , comme l'a dit Huquier, pour les architectes et metteurs en œuvre.

Trophées de fleurs chinoises, d'après Peyrotte.

Fondation pour marier dix filles , grande estampe d'après Gravelot (l'eau-forte par Moreau).

De son cru, Gabriel Huquier a inventé et gravé Trois livres de serrurerie et d'autres de Balcons , Rampes pour escaliers , Grilles à divers usages . Grilles à r usage des églises, Projets de portes. Fragments de décorations à V usage des églises et de la Serrurerie.

Accusé d'être l'auteur d'une estampe satirique sur les jésuites, Huquier, dit-on, pour échapper aux poursuites de la justice, se réfugia en Angleterre et y mourut en 1772. Toutefois Herluison le fait mourir à Paris le 11 juin 1772,

Son Adresse gravée, qui nous a été communiquée par M. Loizelet , représente une bibhothèque remplie de recueils d'estampes de toutes les Ecoles. A droite une table et un carreau dépoli pour graver, et un carton portant l'inscription : Huquier gy^aveur, rue des Maihurins au coin de la rue de Sorhonne. Tient tnagasin de Desseins et Estampes pour les curieux et ayHistes. A Paris. In-8.

On consultera avec fruit la liste de 976 pièces d'Huquier donnée par Le Blanc dans son Manuel.

Gabriel Huquier , son fils et son élève , naquit à Paris en 1725 , épousa le 30 novembre 1758 , Anne-Louise Ghéreau , fille de Jacques Chéreau , et

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mourut en 1792. C'est dans l'œuvre de Boucher qu'il convient d'aller chercher ce qu'il nous a laissé. Pour trouver des modèles, le jeune graveur n'avait qu'à ouvrir les cartons de son père. Bien qu'exécutées d'une pointe un peu sèche , ces eaux-fortes sont tout à fait dans lo sentiment de l'artiste.

La Nativité ,1756), in-4. — P'' et 2' Corps de garde. — Le Repos champêtre. — Chasse Chinoise.

Jeune fille à l'oiseau, Jeune fille aux cages, 2 pièces petit in-4. — Le Sommeil, le Réveil , le Cheval fondu, la Caravane , Scènes pastorales et autres, 24 pièces in-4.

Signalons aussiune jolie vignette à l'eau-forte représentant une Vente à t encan, qui fut placée comme frontispice de divers catalogues de vente, et particulièrement à celui du duc de Tallard rédigé par Glomy.

Vue de Paris, prise du Po7't des Invalides , à Paris chez Huquier fils, in-fol. en largeur. Nombreux personnages dans des barques.

Les HUTIN.

Charles Hutin l'aîné, né à Paris en 1715, étudia la peinture dans l'atelier de Le Moine ; il alla à Rome en 1736 et abandonna la peinture pour se livrer à la sculpture, sous la direction de Slodtz. A son retour, en 1747, il fut nommé membre de l'Académie de peinture. Il se fixa ensuite à Dresde, où il exécuta des travaux de peinture importants. Il y est mort en 1776.

Son œuvre forme un Recueil de diffèy'ents sujets coîïiposés et gravés par Charles Hutin à Dresde , 1763, et comprend : un Titre ; deux sujets de l'Ancien Testament {Agar et Tobie) ; onze sujets du Nouveau Testament; un Milon de Crotone, Tarquin et Lucrèce, Amours jouant avec un bouc, la Bergère , le Jeune ménage, le Dessinateur, 6 Fontaines, 8 Tombeaux, les Habitants de Listre voulant offrir un sacrifice aux apôt7^es St-Pierre et St-Paul, d'après le Poussin, et un Choc de cavalerie, d'après Casanova.

Un éditeur a réuni toutes ces pièces en séries, marquées dune lettre d'ordre de a à e. ïl y a joint l'Œuvre de Miséricorde de François Hutin , en substituant dans la signature un C à l'F pour faire passer les pièces comme étant de Charles Hutin.

François Hdtin, frère du précédent, a gravé :

Les Sept Œuvres de miséricorde, in-4 , qui représentent la mise en pratique de ces préceptes : Donner l'aumône, Donner à boire à ceux qui ont soif, Donner Vhospitalité aux voyageurs, Vêtir ceux qui sont nus. Secourir les malades , Visiter les prisonniers, Ensevelir les m,orts.

La Maladie d'Antiochus , in-4.

Apollon et Daphnè , — Pan et Syrinx, 2 p. in-4 d'après J. de Troy.

Une grande estampe en lai^geur, Décoration du feu d artifice tiré à Rome, le soir de la fête de St-Pierre en 1741, à la suite des réjouissances publiques données par V Ambassadeur de Naples.

Pierre Hutin vint s'établir en Saxe en même temps que son frère Charles ; il a gravé à l'eau-forte quelques morceaux d'après les tableaux de la galerie du comte de Briihl. Sainte- Famille, d'après Charles Hutin , in-fol. — Allégorie sur la peinture, in-fol. en largeur, également d'après son frère. — Satyre sur la scène parlant au parterre, 1755, in-12. — Enfant monté sur un lion, in-32. — Quatre Amateurs dans V atelier d'un peintre. 1754, in-8. — Paysanne saxonne, in-6. — Recueil de différents caractères de tètes tirés de la colonne Trajane, dessiné par F. Boucher, 12 p.

Il mourut en 1763.

Jean-Baptiste Hutin , grand prix de peinture en 1748 , fut envoyé à Rome , où il a gravé en 1750 une Annonciation d'après J. F. de Troy. On lui doit encore une Nativité et une Adoration des mages d'après Pittoni, et enfin une suite ào, Prophètes et une à' Apôtres.

Il est mort à Dresde vers 1780.

IGONET (Marie-Madeleinej.

Une très jolie estampe, la Peinture (mai 1752), charmante eau-forte oii l'on croit voir Bouclier luimême peignant un paysage dans son atelier, suffirait pour conserver le nom de cette graveuse peu connue.

La Sculpture, d'après Pierre.

L'Amusement de la Bergère, d'après Boucher.

La Petite heurrière, d'après Boucher.

La Petite ménagère , d'après Boucher.

L'Enfance chimiste, d'après E. Jeaurat.

V Education , d'après Villebois.

Les INGOUF.

Pierre-Charles Ingouf l'aîné , né à Paris en 1746, mort en 1800, est un médiocre élève de Flipart. Nous nous bornerons à citer de lui :

Les Mœurs du temps, estampe d'après Freudeberg, avec cette légende : On épouse une femme , on vit avec une autre et fon naime que soi , in-fol. (deuxième état, avec le titre de la Surprise) ; — la Bonne éducation, la Paix du ménage, 2 pièces d'après Greuze ( les eaux-fortes par Moreau le jeune ) ; — les Sevreuses, d'après Greuze, par Tilliard et Ingouf.

Et, toujours d'après Greuze, la Rêveuse, Petite fille tenant un chien. Petite fdle jouant avec sa poupée , l'eau-forte de la Fille confuse , terminée par Ingouf le jeune, et une suite de Tètes tirées du tableau du Paralytique, titre et 6 pièces, dédiées à Wille.

Une scène de Torïi Jones , la Mère contente , et la Mère m^écontente, d'après P. A. Wille.

La Comtesse d'Artois et ses trois jeunes enfants , médaillon rond dans un encadrement orné in-4 , dédié et présenté par sa très humble servante femme Ingouf, gravé par P. G. Ingouf d'après la boëte donnée à cette princesse par M. Busson , son premier médecin. —

INGOUF. 465

Jérôme Bignon. — Louis XV, portrait placé sur la porte de l'hôtel du Département de la guerre et de la marine à Versailles, Ingouf l'ainé del. et sculp., grand in-4. — Le Duc de Luynes , en uniforme de colonel général des dragons, grand in-4. — Dortous de Mairan, dans la Galerie française, in-4. — Pie VI. — Wille, graveur du roi, gravé par P. C. Ingouf 1771, à Paris chez l'auteur rue et au coin de celle du Fossé St-Victor chez l'Epicier au 2™, in-4.

Wille nous apprend qu'lngouf l'aîné épousa la fille d'un boulanger, qui était fort jolie.

François-Robert Ingouf le jeune, né en 1747, mort en 1812, fait plus d'honneur que son frère à son maître Flipart. 11 avait un burin très fin, comme en témoignent les estampes gravés pour le Monument du costume , d'après Freudeberg : la Soirée dliiver, la Promenade du soir, V Evénement au hal, et les quelques vignettes qu'il nous a laissées.

Ingouf le jeune semble du reste avoir été fort apprécié de son temps. Sur l'épreuve d'une figure gravée par lui pour le Théâtre de Crébillon, Marillier a écrit : « Je suis » très-content de la planche de M'" Ingouf. Je lui en ferai » mon compliment lorsque je serai à Paris. Dès qu'il » aura fait la retouche que je lui envoyé il pourra faire » tirer son nombre et le mien (qui est de 22 épreuves) » etrendre sa planche. J'en suis si content quejedési- » rerois fort que M"" Ingouf voulu (sic) se charger d'un » autre dessin de la même suite dont le sujet est bien » intéressant. Il m'obhgeroit sensiblement. »

Au bas d'une autre pièce pour le Rousseau de Cazin, Marillier a ajouté : « Cette planche sera charmante ,

» mais je n'en suis pas étonné. M'' Ingouf se fait » distinguer en petit comme en grand.» Ingouf en effet semblait destiné surtout à graver de petites pièces. Il a laissé notamment une série de portraits de poètes français , in-12, dont quelques-uns sont fort précieusement exécutés, comme Boileau, Corneille, Deshoulières. Chatoies Perrault , Sarrazin, Voiture.

Il mourut en 1812. Sa vente fut faite par Regnault- Delalande en mars 1813. Voici la liste de ses gravures.

ESTAMPES

1 . La Liberté du braconnier, — le Retour du laboureur, 2 p. d'après

Benazech; in-fol. en largeur.

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