Profil de femme, d'après Huët; in
LEVESQUE (Pierre-Charles).
Gravei]r à l'eau-forte, amateur et littérateur, Pierre- Charles Lévesque naquit à Paris, en 1727 d'après Le Blanc , et en 1736 d'après la Biographie liniverselle. Ses parents lui jBrent apprendre la gravure , mais contrairement à l'habitude, ce fut le jeune Lévesque qui les supplia de lui faire apprendre le latin. 11 fut pourtant , par suite de revers de fortune, forcé de vivre pendant quelque temps de son talent de graveur. Ses premiers travaux littéraires lui ayant acquis l'estime de Diderot, celui-ci le recommanda à l'impératrice Catherine qui le nomma en 1783 professeur de belles-lettres à l'école des cadets. Pendant un séjour de sept années à Saint- Pétersbourg où il fut nommé de l'Académie des beauxarts de cette ville, il écrivit une Histoire de Russie qui est estimée et revint à Paris en 1780 pour la publier. Grâce à ce travail, il fut nommé de F Académie des Inscriptions , fit beaucoup d'ouvrages et de traductions, entre autres celles de presque toute la collection des anciens moralistes , mais pour nous Lévesque est surtout connu comme le continuateur ou mieux comme le principal auteur du Dictionnaire des arts de peinture, sculpture et gravure de Watelet (1792).
Cet artiste-écrivain avait entrepris depuis longtemps cet ouvrage , mais d'autres occupations le lui firent délaisser et quand il mourut , le travail n'allait guère au-delà de la lettre G. C'est alors qu'on demanda à Lévesque de travailler à son achèvement :
« Treize années entières de ma vie , écrit - il , » consacrées sans relâche à l'étude et à la pratique » de l'un des arts qui dépendent du dessin, m'ont » donné la confiance d'accepter la proposition qui » m'a été faite, de remplir les lacunes laissées par » M"" Watelet. Ce n'est pas que je croie avoir acquis » le droit de donner impérieusement des préceptes » aux artistes, mais j'ai du moins l'avantage d'avoir » appris leur langue, de connoître une partie de leurs » procédés, de tenir quelques anneaux qui peuvent » m'aider à suivre la chaîne entière des arts ; j'en ai » pratiqué un seul par état , mais j'ai fréquenté , j'ai » entendu, j'ai vu prati(juer des artistes dans tous les » genres et j'ai pu me rendre compte de leur théorie » familière. »
Ajoutons que si Lévesque s'est fait aider pour beaucoup d'articles de son dictionnaire , il a écrit les plus importants. L'article Gravure , en particuHer, est à lui seul un petit traité de cet art.
Lévesque a joint l'exemple au précepte , mais ses travaux ne sortent pas d'une honnête médiocrité. — Le Sommeil et le Réveil (1765) , d'après F. Boucher. — La Gaîté , d'après C. A. Van Loo. — Vénus et l'Amour, d'après Pierre (1770). — L'Amour aiguisant une flèche, d'après Cazes (1770). — Jupiter et Danaé, d'après de Troy. — Èrigone vaincue , d'après Deshayes. — La Toilette hollandaise , d'après Metzu. —