‹ Les graveurs du dix-huitième siècle (volume 5)Chapitre 4 sur 198 · PHINCIPALES JOURNÉES DE LA RÉVOLUTION, 15 pi · texte numérisé non relu

PHINCIPALES JOURNÉES DE LA RÉVOLUTION, 15 pi

in-fol. en largeur, d'après Monnet.

Voini les titres de ces planches : L'ouverture des Èlals-Qéniraux à Versailles, le Serment du Jeu de Paume, la Prise de la Bastille, la Nuit du 4 août, lu Fête de la Fédération, la Journée du 10 août 1792, la Pompe funèbre en l'honneur des victimes, l'Exécution de Louis XVI, la Fontaine de la Régénération, la Mort de ilarie-Antoinette, la Journée du 9 Thermidor, la Tête de Féraud présentée à Boissy-d'Angliis, le /j Vendémiaire, l'Assassinat des Plénipotentiaires de Rastadt, Bonaparte à Saint- Cloud le ip Brumaii e.

La suite des eaux-fortes , provenant de la coUeotion Pixérécourt, est actuellement dans la bibliothèque du Sénat au Luxembourg.

Les cinq dernières eaux-fortes sont de Duplessi-Bertaux. — Les dix premières sont signées de A.-J. Duclos .

On ne peut s'empêcher de trouver ces planches terminées bien lourdes et bien diiruses, h côté de ces superbes eaux-fortes, si nettes et si lumineuses, ceUes surtout qui portent la signature de Duclos.

27. Allégories sur la Constitution : la Sagesse , la Raison , la Consti-

tution, ^ la Chambre des Députés^ d'après Monnet; in-4. Voyez, pour les eaux-fortes, le catalogue de Duclos.

28. Vignettes d'après Gravelot pour Voltaire ( le Tentple de la Gloire,

la Femme qui a raison ) ; in-4.

29. Thétis, — Hermès; 2 vignettes pour Emile, d'après Cochin ; in-4,

et les mêmes réduites in-8, terminées par Helman sur des eauxfortes de Prévost.

30. La Traite des noirs, vignette in-8 d'après Eisen [Raynal).

31. Vignettes d'après Eisen pour Tarsis etZélie, — les Chefs-d'œuvre

dramatiques publiés par Marmontel.

32. Illustrations d'après Moreau pour les Incas, — VHistoire de France,

— le Molière de Bret, — le Théâtre du Monde, — la Henriade in-4.

33. Illustrations pour le Temple de Gnide, d'après Monnet; — YArioste

de Baskerville, — le Théâtre du Monde, — le Rousseau de Poiuçot,

— le Voyage à Naples de Saint-Non.

34. Titre pour Suite de douze bouquets de fleurs dessinés par M. Pil-

lemenl, à l'usage des demoiselles pensionnaires des dames Ursulines, joli cadre in-4, d'après Guibert.

HÉMERY (Antoine-François;

HÊMERY, né à Paris en 1751 , a graA'^é « avec approbation » une Création d'Eve , d'après Procaccini , in-fol. (1782) , qui fut qualifiée « une des belles pièces des graveurs modernes français ».

Le Repos du plaisir, d'après Carlo Cignani.

Gaspard Neischer et sa Femme, 2 p. in-4.

Nymphe repoussant les caresses de Pan , d'après Lagrenée, in-fol. La Mélodie, d'après le même, in-fol.

La Promesse approuvée, d'après Lépicié, in-fol., à Paris chez Hémery r^(e Cassette, maison du sellier.

La Joyeuse orgie, bacchanale d'après Caresme.

La Fidélité surveillante, d'après Deshayes. in-fol.

La Fidélité en défaut, jolie pièce d'après Le Bel, in-4 en largeur.

Il était temps, d'après Borel.

Petit garçon portant son polichinel sur le dos et Petite fille qui relève sa robe ,2 p. d'après Drouais.

La Marchande de noisettes et la Marchande dœufs, 1772 , in-fol. d'après Touzé.

Ce Touzé était un jeune peintre qui avait mis à la mode , vers 1771 , un genre de facétie consistant à

HEMERY. 399

contrefaire à lui seul une infinité de phénomènes collectifs. « Ainsi il exécute un motet à grand chœur » et à plein orchestre ; il se met derrière un paravent » et contrefait le chœur de tout un couvent de reli- » gieuses avec un art et une finesse que vous jugeriez » qu'il y en a une douzaine, et que vous devinez jus- » qu'à rage , au caractère et à la physionomie de ces » béguines. » Bref, comme il n'y a rien de nouveau sous le soleil , Touzé faisait des imitations, en tout temps si chères au public parisien. Tout le monde voulut le voir. Il donna même une représentation chez la Dauphine .

Inauguration de la statue du roi sur la place Louis XV, d'après De Machy, belle estampe in-tbl. en largeur.

Louis XVI et Marie- Antoinette en présence du huste de HenyH IV, jolie vignette allégorique in-8, d'après Quéverdo.

Planches pour Recueil d'Ornements à I usage des Jeunes artistes, d'après Gauvet , 1777.

Hémery a travaillé pour le Cabinet Poullain.

Une Tète d'enfant qui rit , et une Tète de jeune fille qui pleure , d'après Greuze , sont signées de Louise-Rosalie Hèmery. La même signature se trouve sur un Mendiant dessiné à Rome par Masson, pièce in-8 au lavis.

Marguerite Hèmery, sœur aînée de notre graveur, née en 1745, épousa le graveur Ponce.

Enfin Thérèse -Éléonore Hémery, née en 1753, devint Madame Lingée. Nous consacrons plus loin un article à cette aimable artiste.

HENNIN (Pierre-Michel

Le Manuel énumère à l'article de ce dessinateur et graveur amateur, né le 30 août 1728 , mort à Paris le 5 juillet 1807, diverses pièces de format in-4 , signées de ses initiales.

Charrette à un cheval avec trois tonneaux.

Brouette, d'après Berthault.

Brouette à transporter une personne , Berthault ,

Voiture vue de face. Berthault.

Paysage, d'après Weirotter.

Paysage, d'après S. délia Bella.

Paysage avec cascade, d'après Échard, 1774.

Le Blanc signale encore un autre amateur, N. Hênin, contrôleur des bâtiments du roi , qui vivait vers 1750. Il signait de ses initiales.

Groupe de femmes, d'après Raphaël.

Quos ego, petite pièce en largeur.

Deux femmes enchaînées par VAm^our, in-4 en largeur.

Les Deux Paysans, paysage in-4.

HENRTQUEZ CBenoît-Louis).

Malgré la forme espagnole de son nom , Henriquez . élève de G. Dupuis , est parisien, ou tout au moins né à Paris en 1732. Son tout premier travail ne serait-il pas ces Gravures de chasse , signées Henriquez, et qui se vendaient tout bonnement chez un serrurier de la rue de la Tixeranderie ? Ses premières estampes sont fort médiocres : la Négligence aperçue , avec son adresse , maison du Limonadier qui fait le coin de la rue du Haut-Moulin à côté de St-Denis de la Chartre au bas du Pont N.-Dame ;

— l'Optique et ÏEspiegleyne , d'après deux peintures comiques d'Eisen le père qui irisent l'inconvenance ;

— Nymphes d'après Boucher (1759), deux pièces in-4 en largeur ; — Mort de Lucrèce d'après Ghalle, dédiée à M. de Damery (1761), in-fol.: — Jupiter et lo et Mercure et Argus, d'après Van Eckout ; — Minerve écarte le Dieu de la guerre et protège la fécondité , d'après Rubens, in-fol. en largeur : — le Joueur de Balalaye, d'après Le Prince , in-fol. (1765) , et A'tnusements russes, d'après Schenau (1767), in-fol , pièces formant pendant : — Jeune femme à sa toilette, d'après Boucher, in-4.

En 1768 , Henriquez grave : Échec et Mat , d'après Améclée Van Loo : — Jugement de Paris , d'après Séb. Bourdon, in-fol. en largeur; — Princesse tenant une épée (la Chasseuse aux cœursl , d'après Nattier. En 1769, Pan et Syrinx, d'après de Troy, estampe agréablement gravée : — GaJathèe sur les eaux , d'après Nattier.

Citons encore V Amour, d'après Greuze , estampe dédiée au beau sexe, avec un trophée formé de cœurs, de flèches et de roses , in-fol. en rond , à Paris chez Henriquez , rue St-Jacques dans la maison en face du collège du Plessis ; — la Prière à V Amour, d'après Greuze , in-fol. ovale; — Femmes au bain , d'après J. Vernet ; — la Musicienne , le Buveur, d'après Grimou ; — le Miroir de la vérité, petite pièce in-8.

Toutes ces planches sont gravées par un procédé régulier, mais sans originalité ; on en retrouve , dans l'œuvre du Cabinet des Estampes, la plupart des préparations à Teau-forte, qu'Henriquez exécutait luimême.

A quelle date exacte doit se placer le voyage et le séjour d'Henriquez en Russie? Nous nous rapprocherons fortement de la vérité en le plaçant vers 1770, époque à laquelle le graveur ne produit plus rien avec son adresse en France. La gravure de la Tête de la statue équestre de Pierre le Grand {B. L. Henriquez sculpsit PetropoU], d'après Marie-Anne Gollot, l'élève préférée du sculpteur Falconet, et plus tard sa bru, fît nommer Henriquez graveur de S. M. 1. de toutes les Russies, et membre de l'Académie Impériale de St-Pétersbourg. 11 eut aussi des commandes

et dut graver des tableaux de l'Ermitage , parmi lesquels nous remarquons la Dame lisant une lettre , de Terburg.

A son retour à Paris , nous retrouvons Henriquez travaillant aux livres illustrés du moment : à la Gerusalemme liber ata (1771) pour deux pièces , dont le frontispice avec portrait du Tasse, hVOrlandofurioso, édition de Baskerville (1773), à Y Heptaméron (1780), aux Fastes d" Ovide (1783), et h un livre assez singulier : Mémoires turcs, par un auteur turc, licencié en droit /wrc (Godard d'Aucourt), 1776, 2 vol. in-12, frontispice et 4 vignettes d'après Jollain. — Frontispices et vignettes pour l'Académie militaire ou les Héros subalternes (1777) , in-12, d'après Jollain.

Il grave aussi quelques portraits dont nous donnons plus loin la liste.

Henriquez fut présenté par Le Bas, le 2 mars 1782 , aux suffrages de l'Académie royale , qui l'accepta comme agréé , à la condition de graver pour sa réception les portraits de Pierre et de Pigalle , qu'il n'exécuta pas, car il ne fut jamais reçu.

Ce graveur nous paraît avoir procédé un peu à la manière de Fessard, et avoir eu une tendance à s'imposer de gré ou de force comme le traducteur d'œuvres et de tableaux que leurs auteurs se souciaient peu de lui confier. Les procès -verbaux de l'Académie ont gardé la trace d'un dissentiment survenu à la suite de sa gravure des Honneurs rendus au connétable Duguesclin , d'après la peinture de Brenet , estampe où se trouvent de louables efforts d'ailleurs. Notre graveur désirait , paraît-il , exécuter six grandes planches de sujets relatifs à l'histoire de France , et avait

imaginé, pour décider les auteurs des tableaux à se laisser interpréter par lui, d'affirmer qu'il avait l'ordre du directeur des bâtiments. 11 avait en même temps mis en mouvement Pierre , premier peintre du roi , pour obtenir une autorisation officielle. Celui-ci en avait référé à son supérieur le comte d'Angiviller, dont il était le conseil ordinaire :

^< M'' Henriquez graveur vous avoit présenté un » mémoire pour que vous lui donnassiez la permission » de graver en suite tous les tableaux du Roy, projet » qui a toujours été rejette parceque l'on connoît » comment sont traittés les arts , lorsqu'ils sont à '> l'entreprise. Aujourd'huy M'' Henriquez se restreint » à demander la permission de graver la suite des » sujets de l'Histoire de France exécutés pour le Roy; » un morceau de ce genre qu'il vient de mettre au jour » lui a donné cette idée. Je consenti à vous en parler » mais en même tems je l'ai prévenu que dans le cas ;> ou vous accorderiés sa demande il seroit obligé » d'aller dessiner ses traits aux Gobelins et d'y retou- » cher ses épreuves. Ce M' Henriquez se plaint du » nombre de ses jaloux , de ses enemis qui peuvent » exister. Vous serés donc entouré, Monsieur, par » les protecteurs qu'il a rassemblé. Dans le fait il n'y » a aucun inconvénient à lui accorder sa demande, » ce sera à lui à s'en tirer. Mais en même temps , il » seroit bon de lui parler des morceaux de réception » auxquels comme tant d'autres , il ne pensera que » quand il n'y verra plus 29 Déc^"'^ 1784. »

C'est donc sur cette autorisation assez vague que Henriquez affirmait , dans un prospectus . être chargé par ordre supérieur de graver ces sujets de l'histoire

de France et s'en vantait. Les peintres s'émurent et l'Académie tint à faire publiquement une enquête dont le résultat semble avoir été peu favorable au graveur ;

« Le 5 mars 1785, le secrétaire fait lecture d'une » lettre de M"" le Comte d'Angiviller écrite à M'' Pierre

» relativement à un prospectus de M' Henriquez

» L'Académie a cru devoir interroger plusieurs » de ses membres présens à l'assemblée, auteurs des » tableaux, à l'effet de dire leur avis sincère. En con- » séquence M'' Brenet interrogé , a déclaré que si » avant de se déterminer à graver son tableau de la » Mort de Duguesclin . W Henriquez fut venu , aux » termes des statuts, lui demander son consentement, » il ne lui auroitpas donné, mais qu'une fois l'ouvrage » en train , il a dû finir par des termes généraux de » politesse. M'' Ménageot a dit que M"" Henriquez est » venu le trouver et lui a annoncé qu'il avoit l'ordre » de M'' d'Angiviller pour graver six tableaux du Roy » dont la Mort de Léonard de Vincy en étoit un. Qu'à » ce début , M"" Ménageot lui avoit dit que , puisqu'il » avoit l'ordre du supérieur il n'avoit rien à y voir, » mais qu'il auroit fait d'autres vœux. Enfin un des » officiers de l'Académie s'est levé et a déclaré qu'il » n'hésitoit point d'assurer que M'' Vincent , absent , » auteur du tableau du Président Mole au milieu » des révoltés étoit loin de consentir à être gravé pai' » M"" Henriquez et qu'il avoit d'autres désirs sur cet » objet. D'après ces déclarations, il paroît prouvé que » M"" Henriquez n'a point eu le consentement d'aucun » des trois artistes susnommés. L'Académie a arrêté » que la présente délibération sera mise sous les yeux

Page 1