II. Garrel , prêtre; in-4. — Le Dominiquin ; grand in
LARMESSIN (Nicolas de
Jal pense que les Nicolas de Larmessin père et fils, graveurs, doivent descendre de Nicolas de Larmessin, libraire , fils lui-même d'un Philippe de Larmessin , maître peintre, qui au commencement du XVIP siècle demeurait près de St-Germain l'Auxerrois.
Nicolas de Larmessin, le graveur de Lancret, naquit le 28 janvier 1684 1; il épousa le 8 septembre 1705 Louise Marchand, fille d'un pâtissier de la rue St-Jacques, et en secondes noces, le 26 janvier 1716, Marie Seudre, fille d'un niarchand d'Angoulême. Il mourut le 28 février 1755, rue des Noyers, et fut enterré dans le caveau de la chapelle de S*'' - Geneviève , en présence de son gendre Jean Adoubeau de Franqueville.
C'est à son père, l'auteur des Augustes Repy'èsentalions des Rois de France depuis Pharamond Jusqu'à Louis XIV, qu'il faut rapporter cette fâcheuse mention inscrite sur les registres de la Bastille : « Nicolas de » Larmessin, graveur, entré à la Bastille le 15 nov'*'"^ » 1704, mis en liberté le 20 mars 1705, accusé d'avoir
1 Gaucher dit pourtant 28 février, et remarque que les principales actions de sa vie sont arrivées ce même jour du 28 lévrier.
» gravé, distribué des estampes injurieuses au Roy et * à la religion et d'en avoir vendu à un étranger, on a » saisi chez Larmessin une planche représentant deux » figures ; l'une d'un homme qui vomit, au-dessous de » laquelle on lisoit le Roy, l'autre d'une femme qui lui » soutient la tête, indiquée ikf^rf. de Maintenon, et au » bas de la planche ces mots : Décadence de la » France. >-
C'est Nicolas de Larmessin le père qui naturellement enseigna au futur graveur des Contes de La Fontaine les éléments de son art , lui fit faire de fortes études de dessin , et le poussa surtout à graver le portrait, dont il avait fait lui-même sa spécialité, et l'estampe.
Nicolas de Larmessin fils était donc bien préparé lorsque le célèbre amateur Crozat le choisit pour graver dans son Recueil, réunion des chefs-d'œuvre des plus belles collections françaises et étrangères , quelques-uns des tableaux célèbres de Raphaël . la. Vierge du grand Duc , la Vision d'Èzèchiel , placés maintenant au palais Pitti à Florence . Saint George et le Dragon et Saint Michel terrassant le Démon , le poi-trait de Raphaël, Jésus succombant sous le fardeau de sa croix , Saint Jean VÈvangéliste , les portraits du Cardinal Polus et de Carondelet.
Quoiqu'il se soit tiré à son honneur de l'exécution de ces planches importantes, nous devons mentionner ce qui- dit M. Daplessis , que le genre élevé du peintre italien ne sied pas bien au tempérament coloriste du graveur. 11 y laisse voir en effet une certaine gêne, mais non ï insuffisance fiagranie que lui reproche le savant écrivain d'art.
11 se montre plus habile et plus à l'aise dans Tinter-
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prétation des œuvres de ses contemporains , surtout dans leurs portraits. Ceux qu'il a gravés pour sa réception à l'Académie en 1730, le peintre Claude Halle, d'après Legros, et le sculpteur Guillaume Coustou, d'après De Lien, en font foi. Ils sont vivants et colorés et d'une très bonne exécution. Il n'est donc pas étonnant que l'artiste, qui jouissait de la réputation méritée d'un habile homme , ait entrepris la gravure des portraits de la famille royale peints par J.-B. Van Loo. Celui de Louis XV, in-fol. en pied, se vendait à Paris chez N. De Lar messin, graveur du Rjy, rue des Noyers , àla 7' porte cochère à main droite entrant par la rue St-Jacques. M. Duplessis l'attribue au burin de G. S. Petit, son élève, qu'il aurait seulement dirigé ; quant au portrait de la reine Ma7'ie Leckzinska son pendant , très-bien gravé , il est sûrement de Larmessin. Les planches de Louis Dauphin de France, d'après Tocquè, et de Marie- Josèphe de Saxe sa femme, d'après Van Loo, sont encore supérieures , comme science et exécution. Nous donnerons plus loin du reste le catalogue des portraits de Larmessin.
Les biographes qui ont consacré quelques lignes à Nicolas de Larmessin fils disent volontiers qu'à un certain moment, entraîné malheureusement par le torrent de la mode , d'autres même disent par le mauvais goût régnant , il n'a plus consacré son burin qu'à des sujets d'un genre léger, indignes de son talent. Combien l'époque où l'on écrit influe sur la manière de voir ! Larmessin ne survit maintenant que par ces planches légères d'après les gracieuses compositions de Lancret, les Quatre Saisons, ou bien les Quatre
âges de la vie, et surtout par les Contes de La Fontaine, c'est là sa gloire et son succès. Nous nous garderons bien en ce qui nous concerne de lui en faire un reproche, d'abord parce que sans fausse pruderie quelques estampes gaies , produits naturels d'un art qui n'est pas nécessairement sérieux, ne nous effraient pas, mais aussi parce que nous estimons qu'il faut qu'un artiste soit de son temps , que sans chercher à lutter contre le courant mystérieux qui l'entraîne , il doit sacrifier au goût du jour, qui pour le XVIIP siècle était une expression bien caractérisée du génie de la nation et le reflet fidèle de ses mœurs. Laissons donc gémir les esprits chagrins et constatons l'heureuse idée, que notre graveur eut et mit à exécution, de réunir en une série d'estampes les compositions peintes que les contes grivois du bon La P'ontaine inspiraient aux artistes d'alors.
Sans être absolument dans leur nouveauté, puisqu'ils étaient publiés depuis une cinquantaine d'années , ces contes étaient fort à la mode et fort lus ; Vleughels, Lancret, Pater, Boucher, Le Clerc, LeMesle et autres avaient choisi pour les peindre les sujets les plus vifs. Larmessin entreprit de les graver d'un format uniforme, petit in-folio en largeur. 11 choisit pour sa part, et grava avec facilité et liberté d'après les peintures de Vleughels , le Villageois qui cherche son veau , la Jument du compère Pierre, Frère Luce et le Bast. 11 emprunta à Boucher le Magnifique , la Coiirtisane amoureuse, le Calendrier des vieillards et le Fleuve Scamandre ; à Le Clerc le Rossignol et le Faiseur d'oreilles. Enfin il dut évidemment s'entendre avec Lancret , dont il a gravé toutes les planches , pour
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l'exécution de ces jolis tableautins, si fins et si amusants , dont on peut voir encore quelques spécimens au Louvre ( galerie La Gaze ) , et qui ont pour titres le Gascon puni , les Deux amis, les Rémois, On ne s'avise jamais de tout , le Petit chien qui secoue des pierreries , les Oies de frère Philippe , le Pâté d'anguille, la Servante justifiée et les Troqueurs. Le galant escroc de la pièce A femme avare galant escroc passe pour être le propre portrait du graveur Schmidt, élève de Larmessin , qui l'a aidé dans ce travail.
C'était le début de Schmidt qui, venant d'arriver à Paris avec WiUe, était entré en qualité d'élève ou mieux d'aide chez notre graveur, car Wille dit expressément dans ses Mémoires qu'il allait souvent voir Schmidt « lorsqu'il aidait M'' de Larmessin dans la » gravure des Contes de La Fontaine»; aussi pensonsnous qu'en outre de la pièce de Nicaise qui est de lui bien que signée du nom de l'éditeur, il faut lui attribuer aussi une partie du travail de quelques autres planches.
Les Contes de La Fontaine de Larmessin forment une fort belle réunion d'estampes qui porte bien le cachet de son époque : on a pu faire de plus gracieuses illustrations pour cet ouvrage, on n'a rien fait de plus important et de plus magistral.
Larmessin fut surtout l'interprète fidèle de Lancret. Nous avons signalé ses Quatre Ages, ses Quah^e Saisons, gracieuses compositions décoratives pour d'élégants intérieurs. Il faut signaler encore les Quat?'e heures du Jour, gravées en partie par lui ou tout au moins sous sa direction et se vendant à son domicile, ainsi que les Amours du Bocage, le Jeu de Cachen. 35
cache, le Jeu des quatre coins , le Jeu du pied de bœuf, la Coquette de village et le beau et intéressant portrait de M'" Salle.
Larmessin a gravé d'après Watteau dont il était le contemporain, le Passe-Temps , V Accordée de village, le Départ pour Cythère.
ESTAMPES
I, d'après langret.