‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 254 sur 275 · DELA FOSSE · texte numérisé non relu

DELA FOSSE

de Don Juan, M. de Bournevaille, le Duc d'Orléans à cheval, le géomètre Clairaut, assis à une table (1763), le général Comte de Waidner. etc. Tous ces portraits de la grandeur des dessins originaux, sont gravés par Delafosse respectueusement et avec une simplicité de moyens qui convient bien aux naïfs mais ressemblants dessins de Carmontelle. Signalons enfin l’estampe bien connue de {a Malheureuse Famille Calas, que Carmontelle a représentée au moment où le jeune Lavaysse ami du fils Calas qui s'appuie sur lui avec une affectueuse sympathie , 1it à la mère. aux deux filles et à leur servante l'acte de réhabilitation qui constate l’innocence de Calas, obtenue, comme on sait, grâce aux écrits de Voltaire. Cette composition dessinée en 1765, est intéressante par les expressions et la ressemblance certaine des personnages, au sujet de laquelle on peut s’en fier à la consciencieuse fidélité de crayon du dessinateur ; la gravure nous en semble bien un peu sèche et maigre, comme le dessin, mais les physionomies expressives des personnages sont rendues avec soin.

Delafosse paraît s’être surtout occupé sur la fin de sa vie de l'échange des estampes et de la publication d'ouvrages illustrés, de commerce enfin. Nous : trouvons dans les procès-verbaux de l'Académie royale : « Le sieur Delafosse graveur ayant demandé > à l'Académie qu’elle voulut bien faire examiner de > nouveaux crayons de mine de plomb que l’on tire » d'Anglerre, MM. Pajou, Bachelier, Lépicié , Le > Prince et Cochin qui ont fait l'essai de ces crayons » ont certifié à l’Académie qu'ils les ont trouvé d’un » très bon usage, susceptibles d'être fabriqués aux

» divers degrés de dureté que l’on peut désirer et » ayant l'avantage de n'être point sujets à un mélange de parties pierreuses. En conséquence l'Académie , >» connaissant combien cette découverte est utile aux arts a accordé son approbation , etc... »

Delafosse était aussi, comme beaucoup d’autres graveurs d'alors , en possession d'un procédé nouveau de gravure en couleur qui, devait se rapprocher de celui employé quelques années plus tard avec tant de succès par Debucourt et Janinet. Il l'avait communiqué à l'abbé de Saint-Non avec lequel il était en rapports journaliers pour la publication du Voyage à Naples. M. de Joursanvault, amateur à Beaune et souscripteur de cet ouvrage, ayant demandé quelques éclaircissements au sujet de ce procédé que l'abbé expérimentait pour les planches de son voyage, celuici lui répondait en 1778 :

« Ce que vous m'avez demandé, mon cher mon- » sieur, pour colorier certaines estampes, je m'en » suis fort occupé moi et M. de Lafosse et peut-estre » y aurois-je réussi, quoique ce n'eut pas été sans : beaucoup de peine et des détails auxquels il m'auroit > été bien difficile de me livrer, mais ce qui m'en a le » plus détourné c’est la crainte de trouver des contra- * dicteurs et des critiques nouvelles. On auroit traité > d’enluminures les estampes faites avec le plus de * soin et véritablement il faut convenir que ne pou- > vant absolument colorier qu’une petite et très-petite > partie de ces gravures , cela formeroit avec le reste > de l'ouvrage, une disparate qui pourroit déplaire >» avec raison, ainsi il n'est pas possible d'y penser et » j'y ai renoncé. J'ai même essayé une des planches

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