‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 263 sur 275 · Lettres à Émilie, Paris, Renouard , 1809 ; in · texte numérisé non relu

Lettres à Émilie, Paris, Renouard , 1809 ; in

Delvaux a gravé pour cette suite, une des meilleures de la dernière manière de Moreau : Jupiter el la chèvre Amallhée, Jupiter et Lo, Proserpine, Latone, Hyacinthe, Marsyas, Thésée, Jugement de Pâris. Sapho, les Grâces, Enlèvement de Psyché, Psyché et l'Amour, Acis et Galalhée, Circe.

40. Vignettes pour la suite du Voltaire de Renouard (Œdipe, Prutus, Zulime , l’Orphelin de la Chine, les Guèbres , la Henriade); — pour le Molière de Renouard (Psyché); — pour le La Fontaine de 1814 (/a Fortune et le Jeune Enfant, les Oies de frère Philippe, Mazet , la Coupe enchantée).

41. Vignettes pour les Géorgiques, — pour l'Ovide de Villenave, ete.

Delvaux a encore gravé d'après Dosrais, pour les Contes de La Fontaine : d'après Lefèvre, pour Télémaque; d'après Harriet, une vignette in-8 de Aro e Léandro; d'après Monsiau , Pour la Pucelle, pour le Rousseau in-4, etc.

On a attribué à Delvaux la gravure des suiles libres du Meursius francais où Entretiens galants d'Aloysia (1782), de Thérèse Philosophe (1785), de l'Arétin francais (1787).

DEMARTEAU (Giles).

Le liégeois Demarteau inventeur de la gravure en manière de crayon, (invention que Bonnet à cherché en vain à se faire attribuer). est un des graveurs amusants du siècle.

Lorsqu'il eut trouvè cette voie de la gravure au crayon , il se mit à lexploiter avec persévérance. Le procédé obtenu par un instrument nommé 7owlelle convenait admirablement à la reproduction des dessins de Boucher, exécutés à la sanguine, qu'ils rendent jusqu’à l'illusion. Demarteau s'était tellement identifié avec ses modèles que ses estampes peuvent passer pour de véritables fac-simile. Aussi ne se fit-il pas faute d'en produire, et encore et encore et toujours. Quelques-unes de ces pièces sont du reste fort jolies.

Nous citerons dans le nombre, sans nous arrêter aux nombreuses têtes d’études d'après Raphaël . Par— rocel, Pierre, Bouchardon, destinées à servir de modèles aux dessinateurs-commençants, ni aux belles séries d'Académies d'après Carle Van Loo — l'Education de l'Amour, dédiée à M de La Haye, des Groupes d'Amours dédiés à M. de Fontanieu, de piquantes Études de Femmes dèdiées à M. de Sartine ,

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à M. d’Azaincourt , {a Surprise au Bain, à M. Savalette de Buchelay, de gracieuses paysanneries, à M. de Julienne, à M. Mirbeau de Neuville, à M. de La Haye , ces deux derniers fermiers généraux. C'est d’ailleurs presque toujours à de riches financiers bien payants que Demarteau dédie ses sanguines que Boucher pourrait presque confondre avec les originaux de sa main. Pourtant il fait une infidélité à ses bienfaiteurs en dédiant à Boucher lui-même {4 Mo-chande de Léqumes et le Repos Champêétre. Il est vrai que ces deux estampes particulièrement fines et soignées sont dues au fécond crayon de Huet.

Notre graveur a dû être fort lié avec ce dessinateur dont il a reproduit nombre de compositions, {a Petite Laitière , l'Ecurie , etc, car on retrouve par deux fois le portrait de la jolie M" Huet. d'abord de profil aux deux crayons, ensuite de face Jouant de la guitare. Demarteau a fort bien réussi le portrait. Plusieurs sont intéressants , le bibliophile de Coile , d’après Carêsme , le fermier général Bergeret, d’après Fragonard son compagnon de voyage en Italie, bon homme ventru à l'air bonasse , /’Abbe Pommiyer , conseiller clerc au Parlement, associé-amateur de l'Académie de Peinture, le conseiller Radix, et un portrait de femme âgée présumé être celui de M" Geoffrin, ces trois derniers d'après Cochin.

Cochin a fourni à Demarteau , entre autres dessins, celui de l’Alégorie sur la Mort du Dauphin, avec cette légende : {a Mort a révélé le Secret de sa Vie. Grimm dans sa Correspondance, en parle ainsi : «M. Cochin a fait graver en manière de crayon rouge > par Demarteau , le dessin allégorique sur la mort de

» M. le Dauphin. Cette estampe vient de paraître. En » général ce morceau est froid et obscur. C'est un > amas de figures pressées les unes contre les autres > sans action, sans mouvement. Comme on ne les voit > que jusqu'aux genoux, elles ont l'air d'être fichées > en terre comme des fleurs dans une corbeille et l'on > pourrait appeler cette estampe la Corbeille de > Vertus : ou bien elles ressemblent à une troupe de . femmes entassées dans un bateau et l'on craint toujours que ce bateau ne coule bas à cause du poids de > sa charge. Du reste point d'air entre les figures, > point de plans qui fassent avancer ou reculer les > groupes... »

Disons encore que l’estampe représentant la France témoignant son Affeclion à la Ville de Liège (en reconnaissance de l'exemption du droit d'aubame) . encore d’après Cochin (1771) estampe dont l'exécution revenait de droit à un artiste liégeois. est une des bonnes pièces de notre graveur.

Il avait aussi perfectionné son procédé en reproduisant des dessins à plusieurs crayons, et avait obtenu des résultats étonnants. Toutes ces pièces se vendaient chez l’auteur rue de la Peltrie, à la Cloche, près le: Palais. Les planches aux deux crayons qui sont, moins monotones qu'une trop grande répétition de: sanguines, et quelques-unes d’entre elles, #rées des porle-feuilles de M. Néra, sont vraiment des chefsd'œuvre dans leur genre.

Introduites à petite dose dans une collection d'estampes les gravures de Demarteau y amènent un agréable élément de variété, au même titre que les. eaux-fortes , les pointillés . les pièces en couleurs, et

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tous ces procédés de gravure qu'on pourrait appeler & côté, qui délassent de la sévérité uniforme du burin. Mais il faut de la sobrité, rien ne lasse plus vite que l'abus des sanguines, beaucoup d’entre elles d’ailleurs, étaient faites pour servir de modèles aux personnes qui étudiaient le dessin et n’ont jamais eu la prétention d'être élevées à la dignité d'estampes , et d'être admises aux honneurs du bristol et du grand portefeuille. Et puis les sujets eux aussi finissent par être monotones, toujours des bergères et des nymphes, ces dessins rymphatiques deviennent à la longue affadissants.

Demarteau avait été agréé et reçu le même jour, 26 avril1766, de l'Académie Royale sur la présentation de Lycurgue blessé dans une Sédition, d’après Cochin. Il y présenta, le 4 avril de l'année suivante des essais de gravure avec mélange des deux crayons rouge et noir, et en 1771 il obtint qu'elle lui permit de graver dans sa manière à l’imitation du crayon, des académies qu'elle conservait de ses plus célèbres professeurs, permission qui lui fut accordée « comme étant un moyen de multiplier les secours propres à former les élèves. » Enfin en décembre 1770 la pension de 600 livres faite au graveur François étant venue à vaquer, le roi sur la proposition de M. de Marigny, l'attribua à Demarteau en considération de la part qu'il avait eue à la découverte de ce procédé.

Demarteau mourut le 31 juillet 1776. — I] s'était fait un fonds de 600 pièces, que son neveu a augmenté. Nous indiquons ici les pièces ordinairement préférées des amateurs, dans ce vaste ensemble.

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ESTAMPES

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