‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 65 sur 275 · WARREN HASTINGS,; in · texte numérisé non relu

WARREN HASTINGS,; in

BERNAERTS où BERNARDS (BarrHazaR).

Bernaerts est un des nombreux élèves de Bernard Picart qui ont contribué à l'exécution des grands ouvrages de ce graveur-éditeur; il habitait Amsterdam et Paris, et gravait au burin, à l’eau-forte et en manière noire, suivant Heinecken, qui ajoute qu'ayant gravé sous la direction de son maître, et celui-ci s’appropriant le travail de ses aides , on trouve peu d’estampes signées de son nom.

Quatre pièces, cependant, portent sa signature dans la Bible, de Bernard Picart, Amsterdam , 1720, in-fol., ce sont :

David. et Bethsabee.

Balaam bénit les Amalécites.

L'Esclavage des Israëlites.

Victoire d'Israël.

Dans les aventures de Télémaque, Amsterdam, 1734, in-4, les planches de Télémaque accueilli par Calypso, Télémaque gagne l'amilié de Philoctète, Télémaque accompagne le corps d'Hippias, Télémaque tue Adrasle, le Fils d’'Adraste tué par son affranchi, toutes d'après Du Bourg.

Dans les Œuvres de Rabelais, édition de Le

BERNAERTS. 165

Duchat, Amsterdam, 1741, 3 vol. in-4, la planche de Gargantua volligeant sur son cheval, d'après Du Bourg.

Frontispice de la tragédie de Géla.

Un fin portrait-vignette de Louis XV jeune , médaillon soutenu par des personnages allégoriques (F. L., D. B. inv.) servant de tête-de-page pour les Métamorphoses d'Ovide, traduction de l'abbé Banier, Amsterdam, 1732. Nous l'avons vu en épreuves tirées hors texte.

Et probablement d’autres vignettes dans les ouvrages édités par Picart.

Portraits de César Borgia et du Pape Alexandre VI (Borgia), pour leurs Vies; Amsterdam, Mortier, 1732, 2 vol. in-12. Ces portraits sont dessinés et gravés par Bernaerts.

La

Les BERNIGEROTH.

Si le talent se mesurait à la quantité des sujets gravés, les Bernigeroth seraient de bien grands artistes , car la sèche énumération d’une partie de leur œuvre ne tient pas moins de soixante pages du Dictionnaire des Artistes de Heinecken, et Le Blanc a donné ure fastidieuse liste de 1,252 de leurs portraits. Mais le nombre, comme le: temps, ne fait rien à l'affaire. Ces portraits sont très-mai gravés ; de plus ils représentent des personnages sans aucun intérêt. Les Bernigeroth, étant obligés de travailler pour vivre , gravaient tout ce qui se présentait, et s’aidaient comme ils pouvaient. Huber nous raconte que lorqu'ils devaient faire le portrait d’un pasteur, d’un savant, d'un marchand, ils en dessinaient la tête, et l’ajustaient sur le tronc d’un prélat, d’un magistrat, d'uu ministre d'Etat, d'après les portraits de Drevet, d'Edelinck, de Wille et de Schmidt, dont ils avaient une petite collection.

On juge facilement quels résultats cette méthode expéditive a pu donner.

BERTHAULT (Pierre-GABRIEL).

1748 — vers 1819.

Pierre-Gabriel Berthault, qu’il ne faut pas confondre avec le peintre-graveur de batailles Bertaux , ni avec le graveur très-connu Duplessis-Bertaux , comme le fait Heinecken , qui déclare renoncer à les distinguer, ni même avec Marie-Rosalie Berthault, élève de Saint-Aubin et de Choffard , qui a gravé des marines et des paysages de Vernet, P.-G. Berthault, disons-nous, a été dans son bon temps un émule, presqu'un, rival d'Augustin de Saint-Aubin. Elève peut-être du même maître, il gravait les culs-de-lampe dans sa manière pour le Voyage à Naples et en Sicile (1781), et c'est à Rome que l’Abbé de Saint-Non avait connu le jeune artiste et l'avait attaché à son entreprise.

Grâce à la protection du comte et de la comtesse de Tessé qui l'avaient amené dans cette ville et le soutenaient de secours pécuniaires, Berthault avait pu obtenir à l'Académie la chambre que laissait vacante le peintre Suvée. Voici d’ailleurs la lettre que le comte d'Angiviller adressait à son sujet au comte de Tessé, le 1% décembre 1777 : « L'intérêt, Monsieur, » que vous voulés bien témoigner en faveur du jeune » Berthault que vous avés amené avec vous en Italie,

168 LES GRAVEURS DU XVIIIe SIÈCLE.

» ainsi que le bien que m'en marque M' Vien, qui me » dit avoir vu avec un vrai plaisir ses desseins , sont » des motifs qui ne me permettent pas de me refuser » à ce que vous me faites l'honneur de me demander » pour luy. Je contribuerai fort volontiers au dévelop- » pement de son talent par la permission d'occuper à » l’Académie de France une des chambres d’externes. » Doué comme il l'est de beaucoup de dispositions et » de docilité, il ne peut manquer de tirer un grand » profit d’un séjour qui le mettra à portée de recevoir » tous les jours des avis et des instructions de M' Vien. » Comme personne ne désire plus que moy de voir se » former de grands artistes, je serai charmé de le voir » justifier par ses succès votre recommandation.

> J'ai l'honneur-‘d’être avec un parfait attachement. » d'Angiviller !. »

Berthault acquit beaucoup de goût et d’habileté pendant le séjour prolongé qu'il fit en Italie. Les cinq volumes du Voyage à Naples sont remplis de beaux fleurons ornés de médailles antiques, le plus souvent dessinés par l'architecte Paris et gravés par notre artiste, et de culs-de-lampe formés de guirlandes de fleurs imaginés par lui et qu'il gravait quand l'abbé de Saint-Non ne s'était pas réservé cette besogne à luimême. Le grand fleuron de Za Cocagne , à la fin d’un volume, est son chef-d'œuvre.

Berthault, qui était né à Saint-Maur (Seine), vers 1748, a gravé aussi des planches de projets de monuments et d'achèvement de la cour du Louvre , avec la statue de Louis XVI, et une salle d'Opéra, d’après

1 Correspond. du Direct. des Batiments (Archives nationales.)

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