‹ Les graveurs du dix-huitième siècleChapitre 7 sur 275 · ADAM · texte numérisé non relu

ADAM

. Joseph IT, profil à droite ; in-8 orné, 1783.

. JOSEPH IT, de trois quarts à droite; in-8 orné, avec une petite

vue de bätaille dans la tablette, 1788.

. MARIE-CHRISTINE, Archiduchesse d'Autriche, fille de Marie-

Thérèse, sœur de Joseph II, épouse d'Albert duc de Saxe ; in-8 orné, 1782.

Un des plus remarquables travaux de Jacob Adam.

. PIERRE -LÉOPOLD, Grand-Duc de Toscane, Archiduc d’Au-

triche, né le 5 mai 1757; in-8 orné, 1784.

. FRANÇOIS, Archiduc d'Autriche, de trois quarts à droite ; in-8

orné, 1789.

. LÉoPoLp II, d’après Kreutzinger; in-4, 1790, avec les mêmes

ornements que le portrait du comte d'Artois par Dupin fils.

. MARIE-LOUISE, femme de Léopold II, d’après Grassy; in-4

orné, 1791.

Pendant du portrait précédent.

. LÉOPOLD 11, d’après Kreutzinger; in-8 orné en largeur, en forme

de tête de page, 1792.

MARIE-LOUISE, femme de Léopold II, d'après Bosch ; in-8 orné, 1790.

MARIE-LOUISE, née Princesse des Deux-Siciles, femme de l’Archiduc Ferdinand ; d’après Bosch ; in-8 orné, 1791.

MARIE-ANNE, Archiduchesse d'Autriche. 7. Posch ad vivum in cera fecit 1792; in-8 orné.

FRANÇOIS IT. JZ. Posch ad vivum in cera fecit V. 1792; in-4 orné.

MARIE-TUHÉRÈSE, seconde femme de François II. Joseph Kreutzinger ad vivum pinx. Viennæ 1792 ; in-4 orné.

Fine exécution. Pendant du portrait précédent.

. FRANÇOIS IT, d’après Bosch. O Decus ! O Patriæ per te flo-

rentis imago ! — In-8 orné, 1792.

LES GRAVEURS DU XVIIIt SIÈCLE.

MARIE-THÉRÈSE, d’après Bosch. O digno conjuncta viro, etc. — In-8 orné, 1792.

Pendant du précédent.

LÉOPOLD I1, FRANÇOIS II, MARIE-THÉRÈSE et AÂLE-

XANDRE-LÉOPOLD , représentés à cheval. — Quatre portraits petit in-4, 1792.

Les têtes seules sont gravées par Jacob Adam. FRANÇOIS, Prince héritier de Naples ; in-8 orné, 1792.

MARIE-CLÉMENTINE, Archiduchesse d'Autriche, femme de François, Prince héritier de Naples : 7x Prolem Transcurrit Gratia Patrum , d’après Beirin ; in-8 orné, 1798.

Ce portrait, d'une grâce exquise, est pour nous le chef-d'œuvre de Jacob

Adam.

MARIE-AMÉLIE, Archiduchesse d'Autriche, d’après Beirin; in-8 orné, 1793.

Frédéric II, Roi de Prusse. 1782.

FRÉDÉRIC- GUILLAUME, Roi de Prusse, d’après Graff: in-8 orné, 1798.

Pie VI. 1782.

Comte Hadik. 1781. — Ignatius a Born. 1782. — Prince de Lichtenstein. 1783. — François de Rodemberg. 1783. — Joseph Quarin.— Michael Denis.— Riesedel.— Prince de Tour-et-Taxis, d’après Giorgi.— Frédéric-Charles-Joseph , Electeur de Mayence, d'après Giorgi. — Maximilien, Archidue d'Autriche, Electeur de Cologne ; in-12. — Joseph-François, Comte d’Auersperg, Archevêque de Passau ; in-12.

Gidéon L.-B. a Loudon, Austriæ Supremus Belli Duæ, à cheval; in-4, 1789.

Les trois portraits, réunis dans un même médaillon , des chefs de l’émigration, le COMTE DE PROVENCE, le COMTE D'AR- TOIS etle PRINCE DE CONDÉ, avec la légende Patriæ fines et dulcia linquimus arva , Jacob Adam sculpsit Viennæ , 1798, d’après Ant. Klein; in-8 orné.

Les ALIAMET.

JACQUES ALIAMET est né le 30 novembre 1726 sur la paroisse Saint-Gilles d'Abbeville , d'Antoine Aliamet , marchand, et de Françoise Mathieu , son épouse. Vers 1747 il vint à Paris, adressé par sa famille au graveur Robert Hecquet, son compatriote, qui y était fixé depuis longtemps. Celui-ci, ne faisant guère d'élèves, s'empressa d'envoyer Aliamet au maître renommé d'alors, à Le Bas, qui avait la réputation méritée de communiquer aux jeunes artistes l’habileté d'outil et la souplesse de main dont il était doué.

Aliamet se logea place Cambray , à côté de Robert Hecquet, peut-être même dans sa maison, et ici se place une petite idylle. Ce graveur avait chéz lui une nièce , un peu plus âgée, il est vrai, qu'Aliamet ; mais les vingtans de notre apprenti graveur n'y regardaient pas de si près. «Jacques Aliamet grandissait en talent ; > ilaima Marie qui trouva le jeune artiste de son goût. > Hecquet favorisa leur amour, décida leur mariage » et, le 12 août 1748, les deux futurs se rendirent à > l'église Saint-Benoît et la cérémonie fut faite. 1 »

1 Jal. Dictionnaire de biographie et d'histoire.

6 LES GRAVEURS DU XVIIIt SIÈCLE.

Ajoutons que cinq enfants naquirent de cette heureuse union.

Aliamet doit principalement la réputation qu'il s’est acquise , aux grandes estampes qu'il a gravées d'après les tableaux de Berghem, Van der Neer, Van de Velde, Wouvermans, et surtout d'après ceux de Joseph Vernet, dont il a été l’un des plus heureux interprètes et dont il a habilement rendu la manière , le calme de ses paysages d'Italie comme la furie de ses tempêtes. « Plus profonde, plus ferme, et non moins > facile que celle de son maître Le Bas, a écrit l'histo- » rien de Vernet !, la gravure d'Aliamet sait conserver > l'effet piquant de la peinture ; Joseph Vernet à » trouvé plus d'un habile interprète, aucun ne l'a » rendu avec autant de fraîcheur et de simplicité » qu'Aliamet,. »

Notre graveur n’a pas exécuté moins de quinze estampes d'après ce maitre. Parmi elles, de Maiin , avec son impression de fraîcheur, le Midi, troublé par un orage d'été, le Soir, avec ses baigneuses pudiques, enfin {a Nuit, dont l'obscurité est tempérée par l'éclat de la lune, sont au nombre de ses meilleurs ouvrages. Ces estampes sont dédiées au comte de Vence, à Campion de Tersan, arlium cullori et amatori, au marquis de Rambures , à M. de Villette, tous amateurs auxquels appartenaient généralement les tableaux ainsi gravés.

Aliamet a aussi travaillé pour le Cabinet de Choiseul et pour la Galerie de Dresde, et ses estampes se font toujours remarquer par une grande exactitude. Deux

1 L. Lagrange. Joseph Vernet el son temps.

ALIAMET. gl

grandes planches de notre graveur sont encore à remarquer, {a Place Maubert et la Place des Halles, d'après Jeaurat, le peintre des scènes populaires. Au bas de la dernière, où des jeunes gens du bon ton viennent folâtrer avec des marchandes fortement embouchées , on lit ces vers :

Las de la bonne compagnie

Aux Halles ces jeunes farauds

Par une bizarre manie

Viennent faire assaut de gros mots.

Ces mignons d'humeur si gausseuse Compient en vain sur leur caquet, Gare que Margot l'écosseuse

Ne donne à chacun son paquet.

Quelle part Aliamet a-t-il eue dans une charmante estampe connue sous le nom de la Philosophie endormaie ? C’estun délicieux portrait de jeune femme , peint par Greuze, et la gravure en est dédiée à madame Greuze, dont c'était l’image, par son serviteur et ami Aliamet (Aliamel direxil). D'aucuns veulent que Greuze, qui s’est parfois servi avec succès de la pointe, en ait commencé l'eau-forte. D’autres, et ceux-ci nous semblent dans la vérité, y reconnaissent la pointe de Moreau le jeune ; peut-être Aliamet a-t-il fait un travail de retouche , mais quel qu’en soit l’auteur, la pièce est remarquable. Assise dans un fauteuil, appuyée sur un oreiller, et coiffée d'une cornette , Mete Babuty sommeille une après-midi d'été. Sur ses genoux son fidèle carlin, et auprès d’elle une table chargée de

livres de philosophie provenant du fonds de monsieur son père, dont la lecture l’a endormie. Cette aimable image, où l'on sent vibrer dans chaque contour l'attrayante jeunesse du langoureux modèle, jusüfie de reste l'amour de Greuze et sa folie d’avoir épousé une aussi coquette créature. Elle explique l'entraînement de Blondel d’Azincourt, du conseiller de Saint-Maurice, des jeunes élèves de Greuze et de beaucoup d’autres. On sait, en effet, par la découverte du curieux mémoire qu’il avait rédigé en vue d’une séparation avec sa trop amoureuse moitié, combien le pauvre artiste eut, après bien peu d'années de bonheur conjugal , à souffrir de ses légéretés.

Arrivons à la collaboration d’Aliamet aux livres à figures , dans lesquels son nom se retrouve souvent. Il a gravé le joli frontispice des Chansons de Coulanges, d'après Eisen (1753), plusieurs des figures des Fables de. La Fontaine ; d'epros Oudry 4755), ({a Grenouille el le Rat, Tribut envoyé par les animaux à Alexandre, la gracieuse pièce de l'Amour el la Folie), des vignettes pour le ZLucrèce de Marchetti, la Henriade, la Nouvelle Héloïse, et un grand nombre de figures et culs de lampe, ainsi que trois titres pour le Décaméron de Boccace illustré par Gravelot (1757). Aliamet passe pour avoir aussi collaboré à l'édition des Contes de La Fontaine, dite des Fermiers généraux (1762). Le prospectus de ce livre l'annonce. Toutefois, comme on ne rencontre sa signature sur aucune des planches, il est probable que c’est une sorte de haute main, de direction artistique qu'il a dû remplir. C'est avec les épreuves d'artistes et les eaux-fortes qu'Aliamet s'était réservées

ALIAMET. 9

que Renouard ! composa un exemplaire exceptionnel qui appartient maintenant à un grand bibhophile.

4 Antoine-Augustin Renouard, libraire, éditeur et bibliophile, a publié en 1819 le catalogue raisonné de sa bibliothèque célèbre, sous le titre de Catalogue de la Bibliothèque d’un amateur, 4 vol. in-8.

Il suffira, pour faire apprécier l'importance de cette incomparable collection , de dire qu’elle renfermait quatre mille dessins originaux de Moreau, Eisen, Marillier, Cochin, Monnet et autres. Nous citerons les principaux, avec les prix auxquels ils ont éié adjugés à la vente de Renouard en 1854; on pourra voir le chemin parcouru depuis lors !

136 dessins de Boucher, Eisen, Moreau, etc., pour les Métamorphoses

d'Ovide, 1730 fr.; — 38 de Cipriani, Moreau , etc., pour Métastase, 395 fr.; — 300 de Marillier et autres pour Berquin, 310 fr.

De Moreau : 163 dessins pour l'Histoire de France, 995 fr.; — 112 pour le Nouveau Testament, 1640 fr.; — 6 pour la Révolution, de Rabaud-St-Étienne, 150 fr.; — 8 pour Héloïse et Abailard, 360 fr.; — 48 pour Gessner, 495 fr.; — 36 pour les Lettres à Émilie, 520 fr.; — 113 pour Voltaire, 1645 fr.;, — 6 pour Boileau, 230 fr.; — 9 pour Gresset, 905 fr.; — 238 pour Corneille, 580 fr.; — 30 pour Molière, 1105 fr.; — 12 pour Racine, 634 fr.; — 9 pour Creébillon, 260 fr.; —

25 pour Télémaque, 500 fr.; — 4 pour Hamilton, 35 fr.

La série des dessins de Marillier est extraordinaire : 32 pour les Œuvres de Le Sage, 405 fr.; — 77 pour les Œuvres de l'abbé Prévost, 570 fr.; — 1:21 pour les Contes des fées, 695 fr.; — 79 pour les Voyages imaginaires. 405 fr.;, — 20 pour les Œuvres de Tressan, 145 fr.; — 202 pour les Fables de Dorat, 1400 fr.; — 34 pour les /dylles de Berquin, 199 fr.; — 9 pour Joseph, de Bitaubé, 816 fr.

De Cochin, 82 dessins pour la Jérusalem délivrée , dont la moitié seulement ont été gravés, 500 fr.

Les 96 dessins de Monnet pour Télémaque, qui ont été gravés par Tilliard , 241 fr.

Les dessins des figures et fleurons pour les Contes de Vollaire, édition de Bouillon, 400 fr.

Dessins de Regnault pour le Temple de Gnide, 260 fr. — Dessins de Lebarbier pour les Liaisons dangereuses, de Lefèvre pour Télémaque, etc., etc.

Voilà ce qui peut s'appeler une bibliothèque ! Et voilà des prix qu'il faut comparer à ceux d'aujourd'hui, sans parler des prix probables de demain ! Notez que, généralement , les prix indiqués plus haut comprennent , avec les dessins, les ouvrages avec gravures avant la lettre.

Une figure de l'Origine des Grâces (Vénus au désespoir entourée des tendres Nicéennes), le fleuron du titre des Baisers, quelques autres fleurons pour le même ouvrage, d'autres pour les pièces en vers de Dorat et du marquis de Pezay, et plusieurs des figures allégoriques de l'Almanach Iconologique et de la suite de l'Æstoire de France, la planche de Mazaniello haranguant le peuple dans le Voyage à Naples de l’abbé de Saint-Non, enfin deux Batailles de la Chine d'après Cochin, telles sont encore les principales vignettes qu'Aliamet a gravées. Mais la pièce qui doit être regardée comme la mieux réussie dans ce genre est la grande figure, d’après Fragonard, pour le conte de La Fontaine, À femme avare galant escroc.

Elle est d’un burin très-délicat et très-net; on la considère comme une des plus remarquables pièces de la suite des Contes.

Eu jai de poriraiis, nous ue irouvous que celui du peintre Hallé, de format in-8, et le médaillon de Louis XV présenté dans le temple de la gloire par l'immortalité, d'après Eisen.

« Sa gravure est suave, a écrit Huber dans son > Manuel des Curieux. I connaissait la valeur des > touches et les frappait avec justesse. Ennemi des » estampes poussées au noir, il comparait leur » effet au jeu de ces acteurs qui s'éloignent de la » nature, crient et grimacent sur le théâtre pour se >» faire applaudir de la multitude. »

Aliamet semble avoir été fort lié avec Zingg, l’un des élèves de Wille et, en septembre 1763, nous le voyons emmener cet ami dans son pays de Picardie. Il a formé plusieurs bons élèves, parmi lesquels trois

ALIAMET. (EL

femmes , les sœurs Ozanne et Me Coulet. Il demeurait à Paris, rue des Mathurins, et y est mort en 1788.

FRANÇOIS-GERMAIN ALIAMET, sonfrère cadet, né à Abbeville en 1734, est élève de Garet et de Robert Strange, chez lequel il a longtemps travaillé à Londres. Il n'avait pas le goût et la pureté de dessin qui distinguaient son frère. Une partie de ses estampes a été gravée pour le grand éditeur Boydell ; nous retrouvons dans son catalogue de 1779 les estampes suivantes gravées par F.-G. Aliamet : l’Adoration des Bergers d'après A. Carrache , tableau acheté par Mignard à Rome, pour Colbert. — La Circoncision , d'après Le Guide, tableau appartenant au chevalier Leicester. — Le Sacrifice à Pan, d'après À. Sacchi, tableau du duc de Newcastle. — La Lapidation de Saint Etienne, d'après Le Sueur. — La Reddilion de Calais et Flalterie des courlisans de Canut le Grand, tous deux d'après Pine. — On possède aussi de lui quelques portraits de personnages anglais.

François-Germain Aliamet mourut vers 1790.

Nous donnons ci-après une liste succincte des meilleures pièces de l’œuvre de Jacques Aliamet, estampes et vignettes. M. Delignières, avocat à Abbeville, déjà connu par un travail sur le graveur abbevillois Le Vasseur et par un excellent catalogue raisonné de l’œuvre de Daullé, doit publier prochainement sur les Aliamet une étude spéciale à laquelle nous renvoyons pour des renseignements plus détaillés sur ces artistes. Le livre de M. Delignières sera loin d'être inutile puisqu'il doit porter à plus de 100 pièces l’œuvre de Jacques Aliamet. La liste donnée par le Manuel de l'amateur d'eslampes n’était que de 49 pièces.

LES GRAVEURS DU XVIIIe SIÈCLE

ESTAMPES

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