DE GRÈS ORNEBÏENTÉS, ANTÉRIEURS AU XVI» SIÈCLE
Nous ne nous occupons que des grès wnit, genre dit flamand ou allemand. Nos grès du XIV* et du XV» siècle ne sont pas de ce genre. Ils sortent ainsi de notre cadre et nous ne devrions pas nous en occuper ; mais nous avons été amené à en dire un mot, parce que Ton a publié quelques observations sur ces grès anciens fabriqués à Bouffioulx et à Ghâtelet. Nous donnerons donc ici la description de quelques vases de cette sorte.
Cette catégorie de grès porte d'ordinaire des pincées à la base. Biais ce sont plutôt des bossettes d'ornementation placées sur un rebord saillant en cercle autour de la base, laquelle pouvait suffir à elle seule pour Tassiette du vase. C'est une fabrication tout à fait identique, sauf la terre, à celles des Ja/oobo, Xjune^'es, que Ton trouve en Hollande autour du château de Teylingen, dans la commune de Sassenheim et évidemment elle doit appartenir à la même époque. Cette fabrication à bossettes diffère essentiellement de la fabrication de pincées plates du IX* au XII» siècle, qui servaient essentiellement et directemrat à Tassiette du vase.
On reporte généralement la fabrication des Jacota Kmeljis
à la fin du XIV« siècle au moins, et la légende les attribue à Jacqueline de Bavière, gui mourut à Teylingen,. au commencement du XV« siècle.
C'est dire que ce genre de grès primitifs forme une catégorie spéciale dont Tépoque initiale de fabrication n'est même pas dès aujourd'hui bien déterminée.
Cependant voici un fait précieux à ce point de vue. Il s'agit d'une trouvaille qui nous fut signalée par notre ami M. le conseiller Hazard, archéologue et numismate distingué, qui recueillit pour ses collections les pièces découvertes et le vase où elles étaient renfermées.
U y a quelques années, sur la frontière française fut trouvé en terre un pot identique à notre A^ 5\ décrit plus loin, mais de teinte un peu plus foncée. Il renfermait des monnaies de cinq rois de France, depuis Jean jusqu'à François I^. Le plus grand nombre dataient du milieu du XIV^ siècle, les plus récentes dataient du commencement du XVI^ siècle. Ce fait est bon à noter conmie élément de démonstration.
Ax 3^ — Pot de forme analogue h A^ 5% mais de teinte plus pâle. Il porte onze bossettes ou boutons fEiits au pouce, et disposés autour de la base, comme les pincées que l'on formait précédemment autour de la base des pots pour leur donner de Passise, avant qu'on eût trouvé le procédé de « couper le cul » à plat avec un couteau. Ces bossettes, fort communes sur les poteries du moyen âge, se retrouvent aussi sur les kannettes dites de Jacqueline de Bavière, mais ne leur sont pas propres, comme on voit. Ils marquent seulement la poterie très ancienne. Le bord plat du goulot, destiné aux lèvres du buveur, est large et limité en bas par une arête drcalaire. L'anse manque. Le pied, la panse de forme un peu surbaissée, et le goulot se continuent en un galbe peu élégant. La hauteur estO"16, la largeur de la panse 0"^125 et celle du goulot 0"^.
La contenance est la moitié du petit pot à bière, ancienne mesure de Bouffioulx, à deux grammes près. B. B. B.
Ax 5\ — Petit vase de couleur grise, un peu allongé du col, et portant deux anses verticales. Il mesure 0"085 à la panse, 0«,035 à Touverture et QFlib de hauteur. Il contient 0'27 c'est-à-dire sensiblement le cinquième du petit pot de Bouffioulx. Mais les pots anciens se divisant toujours en deux pintes et quatre chopines, nous croyons que la contenance de notre petit vase, à large col et à deux anses, n'a pas été calculée, elle est arbitraire et due au hasard, cette espèce de pots n'exigeant pas une contenance juste. C'est du reste un vase fort ancien. Pl.XVII,fig. 17. B.B.B.
A^ 11*. — Cruche à trois anses de l'espèce dite £Hier Karel AruUen^ fort remarquable, mais brisée et ayant perdu ses anses. PI. XVII, fig. 32. Elle est en grès blanc-gris, haute de 0*14; le goulot est sans bec et large de (TOTS. La panse large de 0"10, est surbaissée et représente assez bien les lignes d'une tête humaine portant les traits de trois figures placées entre les trois anses verticales du vase. Ces figures, grossièrement faites, offrent un petit nez pointu, deux yeux fendus au couteau d'un seul trait, et en guise de bouche, une mince entaille sem blable. Comme moustaches et barbiche, trois rubans, dont deux horizontaux et un vertical, formés de petites ondulations striées, imprimées dans la pâte probablement au moyen d'une espèce de poinçon entaillé sur le tranchant. Le bord de ce vase, comme toujours quand il s'agit de pot à bière, est une large bande plate qui forme ici le front des trois figures. PI. Xn, fig. 5. C. C. C.
Avec 8 doubles.
A^ IV. — Morceau du bord d'un vase identique au précédent. Seulement le procédé employé pour faire les moustaches diffère «n peu ; c'est une simple ligne bordée de chaque côté d'une
série de points. Les yeux sont ici complétés de sourcils figurés de la même manière.
Il porte sur la seule portion de la joue qui soit conservée une jolie petite étoile à six nds, d'un diamètre de 0"007, imprimée à Fempreinte et qui nous semble être une marque de fabrique.
Ce tesson fut trouvé en terre à Monceau-sur-Sambre.
D. M. Lemaire, à Monceau.
A^ 11'. — Partie supérieure d'un vase identique au pot Ax !!■, seulement la barbe, les moustaches et les sourcils, sont taillés par un procédé plus simple, consistant en une simple ligne bordée de traits, comme les barbes d'une plume. C. G. P.
A» 624*. — C'est le N* 5 de notre 2»* Rapport. Pot blanc-gris, de même forme que MRA^ir, mais plus petit, à une seule figure, et à une seule anse au lieu de trois. Il mesure 0"'12 de hauteur, 0">085 de diamètre à la panse, 0^7 sous la base et 0'H)6 au goulot. La bordure plate de ce dernier a O'^OS, et est s^arée par un cordon à arête vive, d'une figure grossière dont elle forme le front. Les yeux sont faits d'une seule entaille au couteau, sous le nez est une moustache dessinée par le procédé le plus primitif : une simple ligne bordée d'un pointillé.
La base, non coupée, repose sur douze pincées. PI. XYU, fig. 14. C. P. G.
Ax 624*. — Même vase. U est plus bas, le pied à pincées est supprimé parce que l'ouvrier, après avoir eueUli le pot sur la roue, n'a pas fait ces pincées mais a cùupi U eut au couteau.
La figure porte, en guise de favoris et de moustaches, de petites houppes faites d'un peu de terre incisée grossièrement. C. P. G.
As 635*. — Pot blanc-gris de même forme que A^ 11 % pi. XVn, fig. 32 *, mais plus petit, à une seule figure et à une seule anse. La hauteur est de 0"12, le diamètre est O'^OSS à la panse, (TOT sous la base et0'>06 augoulot ; la bordure plate de celui-ci a 0^3 et est séparée par un cordon à arête vive, d'une figure
grossière dont elle forme le front ; les yeux et la bouche sont faits d'une seule entaille de couteau ; le petit nez, les moustaches et mêmes les fayoris sont marqués par le même procédé que pour le vase A^^ 11* ; la barbiche est plus soignée. Ce sont deux pièces de même époque et de même fabrication.
La base repose sur quatorze pincées ou bossettes au pouce, faites pour maintenir Tassise.
C'est une forme très ancienne. Ce vase fut trouvé il y a quelques années dans la Sambre, à Fardennes.
Il contient une demi-pinte, petite mesure de Bouffioulx.
A. M. Gain, à Farcienne.