JUIN 4 84S. S
Septième groupe.
^ Certainement, je ne m'en irai pas i pied.
— Hais, ma bonne, il fait un temps superbe^ -
— - C'est égal, je suis fatiguée.
Huitième groupe.
— Mademoiselle *** est faite comme un ange.
— Elle n a pas de gorge.
— Il m'a semblé, cependant...
— Je te disque je sais à quoi m'en tenir.
Neuvième groupe.
— Croiriez-vous qu'on ne m'a envojé qu'une stalle d orchestre !
— C'est comme i moi,
— Je vais joliment éreinter la pièce.
— Et moi donc!
-^ Avec ça que le cinquième acte est trop long.
— Et puis cela traîne partout.
— Je vais faire mon article tout de suite.
Dixième groupe.
— Les banquettes sont furieusement dures.
— On peut dire qu'elles sont rembourrées avec des noyaux de pêches.
— Hi!hi!hil
j^ Le péristyle se désemplissait peu à peu; — dans le dernier flot de foule qui sortait une femme jeta un cri; — son mari, qm lui donnait le bras, — lui demanda ce qu'elle avait.
— Ce n'est rien, mon ami.
6 LB6 auftp£s.
— Ta n'aurais pas crié pour rien.
•— C'est quelqu'un qui m'a pousiée.
Le mari jette autour de lui un regard menaçant.
Un homme qui était derrière eui a déjà dispara.
Je savais à quoi m'en tenir sur les hauts enseignements de celte école des mœurs. — J'allumai an cigare et je rentrai chez moi.
^^ Laquelle est-ce de vous, mes guêpes, — que j'ai chargée de la surveillance de messieurs les savants et de mesdames leurs inventions?
— C'est vous, Grimalkin.,. — N'avez-votts rien à me dire?
— Si, vraiment, maître; — M. Lissa a envoyé à la Société royale d'horticulture de Paris des graines de cerfeuil bulbeux, — plante qu'il a introduite en France — et dont il enrichU nos jardins.
— C'est donc un fameux cerfeuil, Grimalkin?
— Je le crois bien, mattre. — On l'ippeHe ehacnfphyUum bulbosum.
— Et qu'a dit la Société royale d'horticulture?
— Elle a reça avec plaisir et reconnaissance..* -— Mais enfin quels avantages présente ce cerfeuil?
— Je ne sais pas, maître.
— Vous me direz au moins quelle diflférence'.
— Oh! il y en a une : — le rédacteur des Annales de la Société, tout en conseillant de le cultiver, conseille de n'en pas trop manger, parce que plusieurs raisons lui fenl penser qu'il pourrait bien être vénéneux.
c II faut le semer en automne — ou en février In plus lard. »
— A moins qu'on ne le sème pas du tout, OrimaHtia. ' Jjffui^ Le jury ot les circonstances atténuantes vont toojotin
leur train.
DÉPARTEMENTS (Isère). -^ Poni^-'BeauifùUin. -^ 0ne ac-
emalioii d# purUide accompagnée de circonstances horribles était portée aux assises de Flsère contre Jean Boudrieri de Pont* d«««Beaitvoisin, aceusé d'avoir mis le feu â une grange où dorimit son père, tieillard octogénaire et paralytique. Â peine si le leademain, dans les décombres de Tincendie, on a retrouvé quelques ossements humains calcinés.
Les péripéties de ce drame, qui 8*est terminé par Une dcène aosei terrible, duraient depuis quinze ans, époque à laquelle Jean Boudrier, fuyant la maison paternelle, avait proféré pour dernier adieu ces atroces paroles i • Je voudrais voir rôtir mon père eomma un crapaud sur une pelle, t
Le jury a reconnu Jean Boudrier coupable du crime dont il était accusé, mais avec des circonstances atténuantes. En eenséquence» Jean Boudrier a été condamné aux travaux forcés i perpétuité.
^^ Je vras le disais bien, il y a un an^ •*» qu^ vous seriez beiitetix d'avoir scmtenules fortifications : -~ et vous» monsieur Barrot, qui les attaquez maintenant â la tribune, -^ et vous journalistes qui les invectivez dans vos feuilles,
^^ M« Jasmin^ coiffeur et poète, est arrivé à Paris où il a diflé avee le roi Loois-^Phiiippe, et avec MM. les coiffeurs de la capitale ; •*«« il a été invité et reçu dans plusieurs maisons du faubourg Saint-Germain.
Rapprochez ceci de ce que je voue ai dit de ce dîner où le roi fit semblant de ne pas savoir que M. de Lamartine fait des vers, et vous en tirerez pour conséquence ce que je vous ai répété déjà bien des fois.
0 poètes, -« vous serez toujours méprisés et dédaignés. *— La presse est arrivée aux affaires, aux honneurs (quels hon^ neursl) mais la presse n'est pas plus la poésie, que les Cosaques ne sont l'armée russe.
Les ravages qu'a causés la prease sur son passage «^ n'ont fait qu'ajouter un peu de haine au mépris que Ton avait pour voiii«i
Oa n'accueillerait pas ainsi au châteaa on poëte qui ne serait pas en même temps perruquier.
Peut-être, — par suite de cette affaire, —* quelques poètes ▼ont se faire coiffeurs, — et je n*y verrai pas grand mal; — mais je suis sûr que depuis huit jours les jeunes coiffeurs inoe» cupés ont fait plus de trois millions de vers.
^^ Voici ce qui arrive à un peintre qui fait un portrait, sauf les nuances qu'apportent nécessairement la position sociale et Téducalion du modèle.
— Monsieur, suis-je bien ainsi?
— Madame, je ne saurais trop vous recommander de preodre une position naturelle.
-^ Mais, monsieur, je ne crois pas me maniérer.
— Ce n'est pas ce que je veux dire, madame ; je veux sim* plement vous engager à prendre la pose qui vous est la plus habituelle ; je ne puis peindre que ce que je vois, et il faut avant tout que la personne que Ton peint tâche de se ressembler à elle-même.
La femme considère cette observation comme non avenue : elle garde une pose prétentieuse et maniérée; elle lève les jeux au ciel, ou les ferme languissamment; elle serre les lèvres pour se rapetisser la bouche ; elle est naturellement enjouée , elle prend un air majestueux.
Le peintre fait son esquisse.
— Dites-moi, monsieur, ne serais-je pas mieux ainsi?
— Je ne pense pas.
^ Cependant, je pense que cela fera mieux.
Elle prend une pose toute différente de la première, sans être pour cela moins affectée.
Le peintre efface son esquisse. Comme il va en commencer une autre :
— Décidément, vous aviez raison» la première pose valait mieux.
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Et le malheureux artiste recommence ce qa*il a effacé.
— Je vous recommanderai la couleur de mes yeux; j'ai la faiblesse d*y tenir. Cela est excusable quand on a si peu de chose de bien.
— Madame est trop modeste ; car au contraire... Pendant ce temps, elle a encore changé de position.
— Voudriez-vous avoir la bonté, madame, de reprendre la position où vous étiez tout à l'heure?
— C'est qu'elle me gène un peu.
-*- Alors, madame, prenez -en une que vous puissiez garder, car il me faut recommencer mon ouvrage chaque fois que vous remuez.
— Alors je vais reprendre celle de tout à l'heure. Suis-je bien comme cela?
— Très-bien, si vous y restez.
— Bérénice!
Entre la femme de chambre, laquelle est aussi la cuisinière.
— Bérénice, apportez-moi mon écrin.
Écrin est un mot qui n'est pas d'un usage habituel entre la maîtresse et la domestique, et dont on ne se sert que pour le peintre et pour lui donner une brillante idée de sa distinction.
— Comment dit madame ?
— Ma botte à bijoux, imbécile.
Bérénice apporte une botte.
— Dites-moi, monsieur, quel collier et quels pendants d'oreilles me conseillez-vous de mettre?
— Ceux qui vous plairont le mieux, madame.
— Hais il me semble qu'un peintre doit avoir là-dessus des idées?
«- J'aimerais assez le corail.
— Cependant, ce sont ordinairement les femmes brunes qui aflfeetionnent le corail, et, si j'ai quelque chose de passable, c'est la blancheur de la peau.
40 LES OUÉPKS.
— Je n*en ai jaœatt vu de plus boU».
^<N» Je fais mettre des diAfliaot&
*«*^ Bérénice I
— Madame?
— Avez-^voas pensé à prévenir le coiffeur pour ee eeiif f •— Non, madame.
•^ A qum sertwl alors que je vous parle? aUez«y tout de suite.
— Ah ! monsieur, on est bien tûaiheureui: d'avoir des domestiques ; je me surprends quelquefois i envier la poaUiim d'un artiste : an moins vous êtes indépendant, vans &ites vos afEkires mras^Hsiéme*
•^ Hélas ! madame, je suis forcé de vous ôter cette iUusion : je ne suis pas assez heureux pour cirer mes bottes moi*-méme ;— mais je vous supplierai de tourner la tête un peu pins 4 droiie» comme vous étiez tout à Theure.
— Mon Dieu ! monsieur, je ne sais pourquoi on. n'a jamais pu jne faire ressemblante ; j*ai deux portraits de moi , ce sont deux horreurs. Sur le dernier, j'ai une bouche qui n'en finit pas ; je tous recommanderai la bouche, ce n'est pas que j'y tienne. Quand on a une grande fille de six ans... (La fille en a neuf.) •---quand' on a une grande fille de six ans, il faut renoncer i toutes les prétentions; mon mari aime beaucoup ma bouohe# el il serait désolé de la voir trop grande sur le portrait*
— > Je vous la ferai aussi petite que vous voudrez, osiadamè.
•^ Surtout, monsieur, je ne toux pas être flattée ; je ne suis pas comme ces femmes qui exigent qu'on donne à leurs portraits tous les charmes qui leur manquent. -^ Je £ûs demander lo^^oiffeur pour ttâiB soirée , pour un bal où je vais ce soir. Jd n'aime guère le monde, mais on ne peut se dérober aux exigetiees et aux devoirs de la société. Et puis mon mari veut que je feorte an |>eti de ia solitude, qui me platt infiniment. Je ne sais ^OBHnent tn'habiiler ee soir, car il ite faut pas faire pecur.
— Certainement, madame. ••
**- Peflsez-voDs que je ferai bien de mettre dtt Mmi ?
— Le bleu doit tous allerà ravif.
— Cependant, toutes réflexions faites, je liiettrai tine rebe it crêpé rose. — Remarquez, 6'il vous piatt, que j'ai le nez assez dé- Hcat ', e*est méine tout ce que j*ai de remarquable dans la figure.
— Ah ! madame !
'; — ï*eTMeltez que je voie.
*— 11 n'y a presque rien de fait.
* — C'est égal, c'est tiés-joli ; mais pourquoi ai-je ainsi ie cm noir et bleu ?
— Ce sont des ombres indiquées.
— Mais c'est que je passe au contraire pour avo^ le eou très* blanc, je vous avouerai même que c'est ma prétention.
— Je vois mieux que personne, madame , que tou$ avez le eou d'une blancheur éblouissante ; mais j'ai eu l'honneur de irons dire que ce sont des ombres que j'indique ; d'ailleurs^ cela ne restera pas ainsi.
•— A la bonne heure.
— Voulez- vous, madame, vous remettre en place? *— • Trés^volontiers : suis-je bien ainsi ?
— Vous êtes charmante de toutes les mmèves, madame ; maïs, si vous préférez maintenant cette pose, il va falloir que j'efface tout pour recommencer. — La tête un peu i droite, -*baissez les yeux un peu plus.
— Est-ce que je n'avais pas les yeux au ciel ?
— Non, madame.
< — C'est singulier 1 c'est que c'est un mouvement qui m'itet , três-familier.
— Il est alors facile de changer le mouvement des yeux.
, Entre un monsieur ; ce monsieur est un courtier marron que madame décore du titre d'agent de change.
— Tenez, monsieur T*\ mon mari veut que je me fasse peifldre eneôre une fois.
— On ne saurait trop reproduire un aussi charmant visage.
— Voyons, T***, vous savez que j'ai horreur des compliments. Trouvez-vous que je sois ressemblante ?
— Certainement, la peinture de monsieur est fort bien ; Je dirai plus... elle est... fort bien; mais vous êtes plus jolie que cela.
Le peintre se retourne avec l'intention de faire observer au connaisseur que le portrait n'est qu'ébauché; mais il s'arrête, et sa pensée se dessine sur ses lèvres en un sourire ironique. Le connaisseur continue : ^
— Il y a, ou plutôt il n'y a pas... un je ne sais quoi ; enfin, monsieur, je voudrais voir ici, dans les yeux, plus de... vous comprenez, et aussi quelque chose dans le front.
— Et, dit la femme, ne trouvez-vous pas aussi que le cou est un peu noir?
— J'ai eu l'honneur, dit le peintre un peu impatienté, de dire à madame que, si je ne marque pas d'ombres, elle aura la figure plate comme une silhouette; avec plus d'attention, madame apercevrait ces ombres sur la nature.
— Ah! pour cela, dit le connaisseur, monsieur a raison: ce sont les ombres ; — on ne peut chicaner les peintres là-dessus ; c'est une imperfection, mais ils ne peuvent faire autrement ; l'art a ses limites. Les madones de Raphaël ont peut-être un peu moins d'ombres que le portrait que fait monsieur, mais elles en ont cependant.
Le peintre, pour cette fois, se lève et annonce qu'il reviendra le lendemain. Le lendemain, on le fait attendre une heure ; plus, on ne veut plus mettre de diamants, et la coiffure a été changée.
Toujours préoccupée des ombres de son cou, la dame a clandestinement enlevé et jeté ce que le peintre avait mis de bleu sur la palette.
^^ Au moment où on s'occupe de la refonte deç monnaies,
M. Anténor J0I5 a adressé au gouvernement un mémoire dans lequel il propose un système qui a reçu l'approbation d*une grande partie des journaux. — D'après ce système, — on échapperait à la monotonie de voir sans cesse sur les gros sous la même figure de roi d*un côté, et de l'autre Finvariable couronne de chêne.
On se rappelle ce paysan qui exilait Aristide seulement parc que cela Tennuyait de Tentendre appeler le Juste, Qui sait si les révolutions n'ont pas pour principe l'ennui de voir toujours la même figure sur les pièces de monnaie?
Selon le nouveau système, nos sous seraient frappés aux diverses efiigies des grands hommes : — d'un côté le visage, — de l'autre les vertus et belles actions. — De même qu'on dit un UmiSy — un napoléon^ — nnphilippef — on dirait un martin, — un chambolley — un lerminier. — J'aurais bien quelques objections à faire à cette innovation :
lo Nous avons beaucoup de grands hommes fort laids ; — l'aspect trop fréquent de leur figure pourrait diminuer sensiblement le respect que méritent leurs actes. •
2^ Ce serait donner au pouvoir un nouveau et terrible moyen de corruption ; — tant de gens échangent volontiers l'honneur contre les honneurs ; — que ne fera-t-on pas pour devenir gros sou! Quelle gloire d'être gros sous, et devant quelle infamie reculera-t-on si elle aide à y parvenir ?
3^ Ne serait-ce pas donner à la fois un nouvel aliment et un nouveau prétexte à l'amour de l'argent?
4^ N'a-t-on pas à craindre un fâcheux agiotage, — une dépréciation de certains gros sous et un enchérissement de quelques autres; — tandis qu'un système monétaire bien établi doit être fondé sur un rapport quelconque entre le signe et la valeur représentée? — Ne verra-t-on pas, — et cela — à l'arbitraire des goûts, des sympathies et des caprices, — donner trois ledru pour un jarSf — et vice versa ?
14 LIS GUftPES.
NéaoBioÎDS, -~ et malgré ces objections et plusieurs autres encore qu*il serait facile de faire, — nous donnons un spécimen de quelques-unes des nouvelles monnaies qui proviendraifmt de rapplicalian de ce système. •— Je prends une pièce au hasard; «^ pour savoir de quel côté je la présenterai à mes lecteur^^ — je la jette enTair:
— Pile ou face?
La pièce tombe pile : — c'est le côté des vertus et de$ voiles actions.
M. LERBUSUER.
1830 Démocrate assez farouche.
1840 Défotié à la dynastie, nommé professeur*
1841 On lui jette des pommes cuites.
1842 Idem crues.
Dieu protège la France.
M. GANNEBON.
1830 Épicier* Apporte â la chandelle de notables perfei^ioii*-
nements. - 1832 Député» colonel de la deuxième légion.
1840 Écrit : t Plusieurs compagnies ont ouverTES dee (m$^
criptions. »
1841 Danse avec les filles du roi.
1842 Est mécontent.
Dieu prêtée la France.
Est envoyé â la Chambre pour le maintien des droits et des libertés de la France.
— Monte à la tribune et dit des douceurs à mademoiselle Itachel.
— Le Moniteur est chargé de porter le poulet.
Dieu protège la France.
Itîtrf 4^*î. W
1825 Reçdft gwtoitemeftt une charge d'agent de ehange de là
dudie^e d^ADgouléme. 1840 Parie à la Bourse contre la pôfittque de soft gendre. —
S'en retourne à Lille.
Dieu protège la France.