‹ Les guêpes canadiennes, compilées et annotéesChapitre 2 sur 57 · PAK · texte numérisé non relu

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GASPARD LeMAGE.

Versibus exponi iragicis res comica non valt.

Horace.

A lire los feuilles rouges, on dirait que tous ceux qui partagent les idées de la démocratie nouvelle, sont dos phénomènes bien supérieurs à ceux qui ont pu être i>b5»ei-vés jusqu'ici, du point que nous occupons sur cette tri.ste planète. C'est surtout à la suite des derniôros élection)», que Ton a renchéri sur les éloges que rédacteura, correspondants et collaborateurs se prodiguaient ad invicem comme aurait dit, il n'y a pas longtemps sur les banc» du collège, le petit nombre d'entr'eux, qui ont eu l'avantage de s'y asseoir.

Outre ces journaux, la presse anglaise en général qui ne loue les Canadiens-français que lorsqu'ils ne sont pas au pouvoir, et n'a de tendresse que pour ceux d'entre noue, qui travaillent à affaiblir nos compatriotes en les

8 tA PLÉIADE ROCOe.

divisant, tandis qu'elle traitait d'incapables et d'imbéciles, Icsi Morin, les Taché, les Chauveau, les Cartier et tous les hommes distingués de notre race, la presse anglaise disons-nous, était pleine de prédictions encou* rageantes à l'adresse des hommes nouveaux, destinés à inaugurer Tère du progrès chez nos compatriotes^ hélas î si encroûtés de préjugés.

En voyant le mépris aussi gratuitement prodigué, j'aurais dû penser que l'éloge Tétait plus gratuitement encore } mais comme tant d'autres, je me laissai prendre â la réclame, et j'attendis, avec une vive impatience, lapparition, sur notre horison parlementaire, des astre» nouveaux qui devaient jeter un éclat sans pareil.

Treize adeptes élus dans le district de Montréal j devaient former cette brillante constellation. Quel n':i pas été mon désappointement, en n'y trouvant qu'une seule étoile de première grandeur, et pas moins de si^ ou sept, qui ne sont pas visibles à Tœil nu dans la sphère (les intelligences.

Le Moniteur Canadien avait détîrit la pléiade, comme étant composée ** de jeunes gens d'une intelligence su- |)érieure, d'une é tucation politique accomplie, et d'une indépendance do caractère à toute épreuve." Il y a bien un peu, à défalquer sur ce calcul d'une exactitude peu astronomique* Par exemple, peut-on dire en conscience que l'aimable docteur Valois, que le sémillant M. Dufresne, soient encore à la fleur de l'âge ? Est-il bieir constaté, que M. Prévost soit une intelligence supérieure ? Sommes-nous bien certains, que MM. Darche. Bourassa et Guévremont^ aient tei-miné leur éducatimr politique ou autre? Le cauteleux M. Jobin, et tous te^ hommes vénérables que je viens de nommer, ont-ils fait preuve d'une grande indépendance de caractère, eir s'attachant au char de deux rm ti'ois collégiens^ qui lo.^

conduisent, ils ne savent où ? Enfin, M. Marchildon, qui a bien la prétention d'avoir été le précursear des astres nouveaux, est-il la personnification de l'intellij^ence supérieure, et de l'éducation accomplie?

Voilà certes de grands problèmes, et pour les résoudre, il nous faudra passer tontes ces étoiles en revue Tane après l'autre. Nous ne le ferons qu'après avoir invoqué la muse Uranie, qui préside aux harmonies des sphères célestes, et nous la pnerons, par la même occasion, de vouloir bien répandre sa douce influence sur les cerveaux des juges de paix électifs que l'on nous a promis, et, sans faire semblant de rien, faire tourner notre globe assez doucement, pour que nous ayons des parlementa annuels sans trop en souffrir.

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