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‘ puis se rapprochant, devenant plus distinct, et se ‘ prolongeant sur les flots en molles ondulations, pour “ s'éloigner, osciller encore et s'évanouir un instant ‘ après.
‘ Longtemps, ces mystérieuses vibrations, qui sem- ‘“ blaient tantôt descendre des nuages, tantôt remonter ‘ du fond des cavernes de la mer, ou s'échapper d’une ‘“ conque marine, ou filtrer à travers le treillis des bois, “ voltigèrent en notes intermittentes parmi le silence “ solennel de la nuit.”
Dans la page suivante, nouvelle analyse du mystérieux chant :
‘ C’était une sorte d’incantation fantastique, qui em- “ pruntait à la sombre majesté de ces heures solennelles “et à son origine inconnue un singulier caractère de ‘ merveilleux et de surnaturel ;—sorte de mélopée, “ tantôt plaintive et rêveuse, noyée de mystère et de ‘“ mélancolie, ondulant sur la lame, flottant dans l’at- “ mosphère et se perdant dans les plis de la brume,--sou- “ nirs infinis,—échos de voix d’anges—-rèves d'enfants au “ berceau,--chant des coulis ; —ou bien, vive et légère, ‘“ découpée en frileuses dentelles de sons, montant et ‘“ descendant en spirales aériennes—groupes de notes “ folâtres se tenant par la main ;—et puis, tout-à-coup, “ triste et morne, comme le vent d'automne qui brame ‘dans les ramées, comme l’hymne funèbre sur les ‘tombes ;--ou, fanfare inouiïe, vibrant comme un “ cuivre.”
Qu'on place maintenant en regard ces trois descriptions et l’on verra qu’elle diffèrent peu. Ce sont les mêmes images et parfois les mêmes mots.
Dans l’une, ce sont des voix surnaturelles qui semblent surgir du fond des eaux ; dans l’autre, ce “ant de mystérieuses vibrations qui semblent remonter du fond des cavernes
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de la mer. Ici, ce sont des incantations mystérieuses ; là, c'est une sorte d'incantation fantastique. Dans la première, l’incantation est d'abord indécise, puis s'élevant peua-peu et se prolongeant sur les flots en mélodie suave comme des voix d'enfants. Dans la seconde, elle est d’abord imperceptible, puis se rapprochant, en se prolongeant sur les flots en molles ondulations. Dans la troisième, on la retrouve ondulant sur la lame, et comparée à des rêves d'enfants au berceau. Puis, vient cette mélopée, découpée en frilleuses dentelles de sons, montant et descendant en spirales aériennes !
Si ce n’est pas là abuser de la métaphore, je déclare ue plus connaître la signification des mots. Il est encore possible que l’on trouve élevé ce qui mé paraît long ! Cela dépend du point d’où l’on regarde, et, pour certains esprits, la longueur peut être synonyme d'élévation. Mais en vérité, trois ou quatre pages cousacrées à l'anaiyse d’un chant, ou d’une incantation, qui, en définitive, n'est ni un chant, ni une incantation, ni autre chose, cela me semble un abus.
Un défaut capital des Légendes, C’est la pompe du style. L'auteur a cru qu’il faisait un poème épique, et il a pris pour modèle le style du Paradis Perdu ou des Martyrs. C'est un non-sens et un manque de goût absolu. Une nouvelle citation démontrera la vérité de cette critique,
Madame Houel descend le fleuve en canot, la nuit, et elle interroge ‘’un des canotiers, un sauvage, sur Île compte de la Jongleuse. Voici ce que j'appellerai le prelude de la réponse du sauvage :
“ Le Mirage du Lac qui dort sur les genoux de la
“ Fleur-des-Neiges est plus beau que le nénuphar blanc “des grandes eaux.