C. de Puységur. 1" février
1727, Saône; 1733, 1733, Italie; 1742, Flandre; 1743, Detlingen; 1744, Flandre; 1743, Rhin; 1746, IMeuse; 1747, 1748, Flandre.
Parements bleus; boutons, galon dorés.
Drapeau : croix blanche; 4 cantons noir et jaune, les couleurs séparées par une diagonale dentelée.
Artillerie, ii^ 49.
L'ordonnance du 13 avril 1093 est la première en date relative à la formation de l'artillerie de combat. Les modes d'administration
dans les corps d'infanterie et de cavalerie ne perniettaicnl pas encore l'uniiormité dans l'armement. A cette époque, les armes s'achetaient dans le commerce et les chefs de corps ne pouvaient exiger des capitaines que la solidité de l'arme et l'unité du calibre. A partir de 17 IG, on se préoccupe de celte question, et la fabrication des armes commence à être surveillée. En 1758, l'État se rend entrepreneur des manufactures de Charleville, Maubeuge, Saint-Etienne et Klingenthal pour les armes blanches, et le premier fusil, modèle 17o4, n'est remplacé que par celui, modèle 1777, qui a fait toutes les guerres de la Révolution. L'ordonnance du 7 février 17:20 réunit toutes les troupes d'artillerie en un seul corps, partagé en Ti lî. distincts s'administrant séparément. Le roi continuant d'en êlre le colonel, ils prirent le nom et le rang marqués par l'ancienneté de leurs lieutenants-colonels.
En 11 ±2, toute l'artillerie adopte l'habit bleu à distinctions rouges. Le comte d'Eu, qui exerçait la charge de grand maître, en survivance du duc du Maine son père^ depuis le 1:^ mai 1710, devint par sa mort grand maître le 19 mai 173(3.
Les essais tentés par Gustave-Adolphe pour faire appuyer par des pièces légères les mouvements des troupes sur les champs de bataille commençaient à être imités en Allemagne et en Hollande. Kn France, le matériel roulant était allégé, et aux six calibres de Charles IX on avait commencé à substituer en 166G le système, moitié français moitié espagnol, des calibres de 4, 8, 12 et :24, qui suffirent à tous les besoins, à toutes les circonstances île la guerre sur terre.
Le système de Vallière ^1) se compose de :
Canons de 2i : 2'i livres de balles pesant 3.000 livres.
— Ki ; — — '2.500 —
— ri : — — 2.000 —
— i : — — (iOO —
Sans distinction entre les iiièces de i>lace, de siège et de <ani|)aj;ne.
Ainsi, par ordonnance du 7 octobre 173:2, Vallière entreprit de mettre de l'ordre dans le matériel et de le simplifier. C'est avec ces pièces plus courtes, plus légères, plus faciles à traîner, que
(1) Voir les Guerres sous Louis XV, 1737, (luatriènie volume, y. 77.
l'artillerie fit ses premières campagnes. A cette époque, les Suédois avaient déjà adopté des pièces légères de 3 livres, qui accompagnaient les B., servies par l'infanterie et disséminées.
En 1741, Frédéric adoptacette tactique et créa les pièces dites de campagne. Nous suivîmes de loin ces innovations. Une partie de l'artillerie fut fractionnée entre les divisions ; mais l'armée n'en tira jamais un parti très avantageux, car ces pièces ne s'engageaient qu'avec le reste de l'artillerie, déjà fort lourde, et l'on perdait ain;;i l'avantage de la mobilité. Les fusiliers créés le 4 février 1671, sous le titre de régiment de fusiliers du Roi, ont pour destination spéciale la garde de celte artillerie. Alors la guerre de la succession d'Autriche, en mettant nos troupes en contact avec l'Allemagne, dut modifier notre organisation, mais les accessoires ne se perfectionnèrent sensiblement qu'à la fin de la guerre. Vers 1742, quand les troupes furent partagées en divisions, on attache à chaque division 1 brigade d'artillerie de 10 à 20 pièces, marchant et campant avec sa division. Après les désastres de l'armée de Bohème, les 5 B. d'artillerie étant hors d'état de fournir les bouches à feu des armées, le maréchal de Saxe, en 1743, donne à chaque B. d'infanterie 2 pièces de canon légères.
Les ordonnances des 20 janvier et 26 février 1757 confient à chaque B., au moment d'entrer en campagne, 1 pièce de canon, dite à la Rostaing (modification de la pièce de 3 suédoise). Ces pièces de bronze tiraient une livre de fer, avaient un affût à limonière et s'attelaient d'un cheval comme les pièces de montagne actuelles. Elles pouvaient suivre toutes les opérations du champ de bataille, être transportées à bras sur un point inaccessible aux chevaux. D'après les dessins qui en restent, le calibre serait d'environ 50 millimètres, ce qui correspond à un boulet de 3 livres. Quelques écrivains prétendent qu'elle était quelquefois attelée de trois chevaux de front et servie par des canonniers et sous-canonniers commandés par un sergent. Alors on jugea préférable de rendre l'artillerie plus mobile que d'avoir recours à cette épreuve. Ces pièces, dit Gribeauval, dispersées une à une, tirant au hasard sous la direction d'officiers inexperts, alourdissant les manœuvres, habituant le soldat d'infanterie à ne se croire en sfireté que sous la protection des bouches à feu et imposant aux colonels d'infanterie une grande responsabilité, ne pouvaient donner de bons résultats.
Ces pièces, en effet, trouvaient en route des obstacles, et trop souvent arrivaient sur le champ de bataille quand l'intanturie était depuis longtemps engagée; sans compler un grand défaut, la dispersion une par une de ces pièces de B,, et en outre, pour les officiers, une inquiétante responsabilité. Il y eut de graves discussions à ce sujet, mais on reconnaissait que les Suédois et les Prussiens avaient su en tirer un bon parti. En délinitive, c'était un acheminement vers l'allégement de l'artillerie. Malheureusement, à celte époque, noire armée n'était pas dans une période de progrès sérieux.
Néanmoins Gribeauval, longtemps écarté, revint en faveur après nos désastres de 1757 et créa le matériel qui porte son nom à la date de 1765; c'est avec son système que se tirent les guerresde la République et de l'Empire. Il se composait de canons de bataille de 12, de 8, et de pièces de campagne de i, avec obusiers de campagne de 6 pouces. Ce matériel réalisait par sa légèreté et sa mobilité de grands progrès sur le système Vallière. Gribeauval raccourcit et allégea les pièces, remplaça les essieux en bois par des essieux en fer, mit des hausses aux bouches ù feu et généralisa l'emploi des gargousscs et des cartouches à boulet ensaboté. Ce fut aussi de son temps, h propos de la campagne de 1708 en Corse, que l'on donna une forme régulière à l'arlillerie de montagne, la plus ancienne de toutes les formes adoptées pour employer le canon dans les combats. , Les canons de i2 livres employés en Corse étaient montés sur des affûts-traîneaux ou sur poutrelles. L'influence de Gribeauval se fit ainsi sentir dans l'organisation des troupes et le matériel d'artillerie, et l'ordonnance de 1772 ne changea rien à la forme des cadres des régiments.
1" Kégiiueiif «l'artillerie (de la Fère).
Colonel. le roi.
Lieutenants-colonels chefs de brigade.