OLIVIER ET LUCIEN
Bonjour, père Briffaut...
Oh ! vous voilà toujours avec votre chanson, les gueux sont les gens heureux, ils sont heureux autant qu’on peut l’être quand on manque de tout.*
BRIFFÀOT, au bras des deux jeunes tilles.
Voyez-vous, 1e Sardanapale !... oui, nous sommes heureux, oui, nous nous aimons, puisque la jeunesse et la beauté donnent le bras à la vieillesse, puisque chacun apporte en commun toute son affection, tout son dévouement; que nous manque-t-il donc? de l’or? Eh ! mon Dieu ! ..
Air : Une fille est un oiseau.
L’or ne saurait nous guérir De la lièvre, de la goutte.
Et, quant aux chagrins, je doute.
Qu’il nous en puisse affranchir;
Je soutiens que l’indigence Ne fut jamais dans l’absence De l’entière jouissance.
Mais qu'elle est dans le désir;
Le vrai trésor de la vie.
C’est de tout voir sans envie.
Et l’on est riche, sans bien.
Quand on ne désire rien.
Voilà ma manière de voir... (iirit.) Hé! hé!... c’est ma manière de voir.
VALENTINE
Voilà ma joue.
Voilà la mienne. (I1 les embrasse.)
POÜLLOPOT, à part.
Vieil hypocrite !... sa manière de voir... vous trouve-t-il ça... une joue... sans voir... (Los deux jeunes filles vont s'asseoir près de la fenêtre et travaillent. Marasquin va papillonner près d’elles; Clématite lui fait dévider un écheveau de fil.)
BRIFFAUT
Maintenant les mains de l’amiiié.
POÜLLOPOT , à part.
Je veux tenter une épreuve. (Olivier donne la main à Briffaut.)
briffaut.
Ahlc’est la main d’Olivier.. .je la reconnais... étreinte pleine de franchise, mais un peu rude... (Tendant l'autre main.) Eh bien... et vous, jeune Raphaël ? (Poullopot a passé devant Lucien et a donné sa main h Briffaut.
BRIFFAUT
Ce n’est pas la main de Lucien, ça, c’est la patte à l’oullopot.
* Olivier, Valenline, Briffaut, ClématUe, Lucien, Poullopot, Marasquin.