CI.É.VATITE , essuyant les lasses placéc.s sur la cheminée
C’est bien le moins, pour le 15 août.
VALENTINE
Le jour de notre fêle à toutes les deux , à moi, Marie-Valenline.
CLÉMATITE
A moi, Marie-Clématite; mais ce n’est pas seulement cela, c’est aussi le troisième mois, jour pour jour, que nous nous connaissons.
VALENTINE
C’est vrai, c’est le l’i mai que, nous nous sommes rencon- Irôes pour la première fois , a l’église en face, priant à côlé l’une de l’autre, moi, pour ma pauvre mère.
CLÉMATITE
Moi, pour qu’il me vienne de l’ouvrage ; ta connaissance
* Valenlinc, Clématite.
m’a porté bonlieur; la lendemain j’avais du travail et depuis ce temps-là , J’ai continué à en avoir toujours un peu. (Eiie secoue à son oreille la tirelire qui est vide.)
VACEHTINE, s’avançant et allant s'appuyer sur l’épaule de Clématite.
Notre liaison m’a porté bonheur aussi , à moi ; j’étais si triste alors , si isolée ! j’avais tant besoin d’une affection, et tu paraissais m’en porter une si vraie , si sincère , que je me sentis attirée vers toi; je vins te voir dans cette petite mansarde.
CLÉMATITE, la regardant en souriant.
Oui, même quêta visite a duré toute la journée, sans reproche , hum! la bavarde I si j’avais été bien pressée... il est vrai que c’est moi qui te retenais.
VAI-ENTINE.
Dam ! tu nie consolais si gentiment.., aussi, je retournai te voir le lendemain.
CLÉMATITE
Puis tous les jours... puis tu vins demeurer tout à fait avec moi.
VALEMTIKE.
Ça ne nous faisait plus qu’un loyer à deux.
CLÉMATITE
Oui , à deux , et que lu paies seule , les trois quarts du temps, jusqu’à la dernière centime.
VALENTINE , retournant vers la table-
Parce que j’ai le bonheur d’avoir une maison de confection qui paie de bons prix ; tu me rembourseras ça plus lard.
CLÉMATITE
Bonne Vahenline! ah! ça, mais quelle heure donc qu’il est? j’ai une faim caniche.
VALENTINE
Je ne sais pas. (On entend une cloche d’église.) Tiens!... il est neuf heures... voilà la cloche de l’oflice du matin, la pendule du ciel.
CLÉMATITE, soupirant.
Oui, la pendule des pauvres gens qui n’en ont pas... comme nous...
VALENTINE
Ca te fait soupirer ? pas moi... il me semble que c’ost le bon Dieu qui me dit l’heure.
CLÉMATITE, s’appuyant sur un balai et regardant Valcntine.
C’est drôle, Valcntine, lu n’es comme moi qu’une simple ouvrière et tu dis quèquel'ois des choses qui me font rester delà, comme baba.
VALENTINE
Je parle comme ça me vient, tantôt bien, tantôt mal.
CLÉMATITE
Ah! bien , moi pas, je parle toujours la môme chose... Que je me dépêche de terminer ma confection pour aller la porter à la Belle-Jardinière. (Elle pose son imiai.)