‹ Les gueux de Beranger drame en cinq actes, mele de chantChapitre 45 sur 108 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

soit devenu mossieu Suint-Vincent, le riche du lendemain ; que si le père Vincent s’est dit votre ami, vous a tendu la main, mossieu Saint-Vincent doit vous la refuser à vous déshérités de la fortune qui avez l’audace de la lui tendre encore.

VINCENT

Je n’ai pas dit cela, je suis incapable.

OUVIER.

N’est-ce pas que vous trouvez tout naturel que l’humble artiste qui, pauvre comme nous, hier a mis l’amour au cœur de Valentine, la simple ouvrière, commette aujourd’hui un galant assassinat, en disantà la confiante jeune fille : vous n ôtes plus digne d’élre ma femme... j’épouse l’héritière d’une grande famille, la nièce de M. de Beauval... tout cela ne vous paraitil pas bien naturel?

VALE.NTINE, il part.

Oh ! mon Dieu 1 je l’ai voulu î (Elle tombe sur Ic canapé.)

CLEMATITE.

Elle se trouve mal ! (Olivier court près d’elle et lui prodigue des soins ainsi que Clématite. )

BRIFFAUT , avec force.

OÙ est M. Lucien ? il faut que je lui parle.

VINCENT , embarrassé.

Lucien... je crois qu’il est dans son atelier. (Regardant Vaieniîne.) Pauvre fille! elle pleure ! (S'approchant d’eiie.) Est-ce que je pouvais me douter qu’elle l’aimait tant que ça?

OLIVIER , s’avançant vers Vincent.

Monsieur Vincent, votre fortune ne vous portera pas bonheur; comme médecin du corps je vous dis : sur cette table somptueuse devant laquelle vous vous asseyez tout a coup après soixante années de sobriété, je vois la goutte et Ihydropisie qui se tiennent en embuscade entre vos plats; comme médecin du moral, je vous dis : Monsieur Vincent, depuis une demi-heure je tâte le pouls ii votre cervelle et je trouve la fièvre de vanité. (I1 retourne à Valentlne.)

VINCENT

Ah ! mais, dites donc !

BRIFFAUT, avec colère-

Non, non, ce n’est pas possible que Lucien... c’est vous qui lui avez tourné la tôle, vieux fou, orgueilleux, avec votre Saint-Vincent, (n se dirige en tâtonnant le long du canapé et arrive près du jeu d'échecs.)

VINCENT

Ah ! mais dites donc, monsieur Briffaut, je vous prie de ne pas ra’insolenter chez moi.

CliMATITB.

Voyons, ma Valentine, du courage... tu vois que j’en ai, moi.

DiÇ!?!Z

ed by CoogI

* Viocent, Oiivicr, VaUoUne, CIrtmalUc, Briffaut.

LES GUEEX. l)E BÉRANGER.

OF.IVIER . revenant à Vim-ent

n eles que caricature, (ll retourne à ValenUne.)

VINCENT , avec humeur.

Caricature! caricature vous-même... Serviteur ! (Fausse sortie.) . , tâtonnant les pU'ces de réchiquicr.

monsieur Vincent ; vous voilà bien fier, parce que vous êtes devenu un grand seigneur du jour au

Air de chasse de l’opéra le Roi et le Fermier. (Clé (lu Caveau, C76.)

C’esl le jeu des échecs.

Comm’ celui dél’oi’, renouvelé des Grecs,

Où, la parti’ durant,

Chaque pièce prend Sa case et son rang ;

Quand le coup est fini.

Rois, fous, cavaliers, tout est réuni.

Et puis, sans nul micmac.

Crac !

Tout pêle-môl' dans le saci

En ! vous ra^impalieniez à la fin, je suis d’un âge où ia raison est assez mûre pour savoir ce qu’on fait.

BniFFlUT , avec emportement.

La raison est comme le fruit , monsieur Vincent, quand elle est trop mûre elle tombe.

CLÉMATITE

Bravo! père BrifFaut... bien répondu pour quelqu’un qui n y voit pas.

BRIFFAÜT.

Et maintenant, nous vous disons bien le bonjour.

VINCENT

Et moi je vous dis, bien le bonsoir, (n fait un pas pour sortir et 8 arrête devant Vaientine.) H ne faut pas m’en voulolr, mamselle Valentine... ni à lui non plus... si vous saviez... celte donation...

VALENTINE , se levant.

Assez... assez, Monsieur. (Clcmatile la soutient dans ses bras. Olivier et BritTaut derrière le canapé causent avec animation.)

, VINCENT

y ça me chiffonne le cœur pas moins, petite I SI Lucien n’tîtait pas si ambitieux. (ll essaie une dan ''^gardant Valentine; ouvrant la porte du fond et regar-

oTau t invités qui arrivent-

(tiaut.j je ne vous retiens pas. (ii sort.)

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