AVANT-PROPOS. VII
différents groupes ethniques. À Amsterdam se trouvaient réunis les habitants de lInsulinde et ceux de Suriname; c'est là que nous avons eu occasion de les étudier. Nous ne nous proposions pas d’abord de publier nos recherches, faites dans un but de satisfaction personnelle; mais, sur les conseils de quelques-uns de nos amis, nous avons résolu de réunir dans deux mémoires les quelques notes que nous avons pu recueillir sur chacune de ces populations. Nous y avons ajouté les photographies systématiquement faites de presque tous les individus exhibés.
Notre premier volume va s'occuper des habitants de la Guyane néerlandaise; — le second traitera des populations de l'Archipel indien.
Nous avons commencé par les Surinamais, parce que ces hommes habitent une colonie magnifique et peu connue, que les riches produits et les magnificences de l'archipel malais ont fait négliger depuis longtemps.
Les exploits des héros néerlandais dans cette partie de l'Orient ont eu pour résultat, en attirant et en fixant toutes les attentions, de faire oublier ce petit coin de l'Amérique équinoxiale baigné par les flots de l'Atlantique. Puissent ces quelques pages contribuer à faire connaître et à faire aimer les populations foncièrement bonnes qui habitent cette colonie, dernier vestige de l'esprit entreprenant des Néerlandais dans l'Amérique du Sud!
Avant d'étudier l’homme lui-même, il nous a paru nécessaire de décrire le milieu dans lequel il vit, car on connait l'influence que le milieu exerce sur l'organisme humain et par conséquent sur ses manifestations.
Pour répondre à cette idée, nous avons placé en tête de notre première étude une description faite à grands traits de la région occupée par les hommes dont il sera question par la suite.
Notre travail n'a pas la prétention d'être complet : il ne comprend, comme nous l'avons déjà dit, que des notes recueillies en voyage; aussi le donnonsnous pour ce qu'il est, convaincu que nous sommes qu'il contient, en même temps que beaucoup de lacunes, beaucoup d'imperfections.
Nous nous abstenons, du reste, de toute théorie ou généralisation ne reposant que sur un nombre trop limité d'observations. Il ne faut voir dans le présent volume que des faits, rien que des faits.
En finissant cet avant-propos, remercions ici toutes les personnes qui nous ont si bien reçu en Hollande et ont facilité nos recherches.
La profonde sympathie que nous éprouvions pour ce pays, petit comme territoire, mais grand comme esprit national, n'a pu que saugmenter pendant le séjour que nous y avons fait. C'est avec un très grand intérêt que nous
VIII PES HA BIPANMS DE SURINAME
avons visité ces Pays-Bas qui furent pendant plusieurs siècles le seul refuge de toutes les libertés.
Nous avons pu voir de près et apprécier ces descendants des Néerlandais du xvi siècle qui, sous la conduite d’un homme de génie et tout en disputant leur sol aux flots de l'Océan, surent conquérir leur indépendance sur les monarques d'alors, et envoyer en même temps leurs enfants explorer le globe depuis les mers de glace du pôle jusqu'au milieu de l'Archipel indien.
Quels grands noms que ceux d'hommes tels que les W. Barentsz, les Tasman, les Schouten, les Houtman, les Heemskerk, les Koen! Les conditions économiques et industrielles du monde moderne ont sans doute un peu changé la situation des Pays-Bas, mais ils ont encore beaucoup à faire dans leur empire colonial immense. Ils ont un grand rôle civilisateur à jouer dans cet extrême Orient. Nous sommes persuadé qu'ils ne resteront pas au-dessous de cette tâche, car les Hollandais d'aujourd'hui sont toujours les dignes continuateurs des héros d'autrefois que les revers ne faisaient que grandir et qui, dans les moments critiques, pouvaient, ‘comme lillustre Koen, dire à la mère patrie : « Desespereert niet! »
. Amsterdam, le 30 octobre 1883.
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