‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 139 sur 156 · IMMIGRATIONS SUCCESSIVES · texte numérisé non relu

IMMIGRATIONS SUCCESSIVES

rochs a dû habiter encore la Suède pendant une partie de l’âge du bronze, car la corne ou trompette décrite dans mon travail sur cet âge (p. 93 , édition suédoise), et reproduite pl. IV, fig. 50 du même ouvrage , est évidemment l'imitation d’une corne d'aurochs.

Avant le peuple du bronze, et pendant l’âge le plus pur de la pierre, arriva le peuple des sépultures à galerie, race forte et vigoureuse (Pl. Xlll, fig. 236-238). 11 connaissait l’usage du feu que lui avaient enseigné sans doute les incendies provoqués dans les forêts par le frottement des branches sous l’effet de la tempête; il cuisait ses aliments, et l’on voit parfois de la suie aux vases grossiers dont il se servait. 11 parait en outre avoir eu du bétail, et peut-être un peu d’agriculture (Pl. Vlll, fig. 180, 181).

Ce fut probablement pendant cette période qu’un peuple de race sémitique fonda des colonies sur les rivages de l’Europe occidentale et sur les côtes du sud et de l’ouest de la Scandinavie, où il introduisit avec le bronze (1) le culte phénicien de Baal.

Des peuples de race cimbrique paraissent être entrés

(1) Pour comprendre Vorigine du bronze en Scandinavie, ü faut néceasairemeut s'étre clairement convaincu du fait que les petits bracelets, que les épi'tes les mietix travaillées, disting^uccs par leurs courtes poignées et par leurs ornements en spirale, que ces objets, en un mot, sont les plus anciens, et que l'art de travailler le brouie est allé, en Suède, en dégénérant. I/hypothèsc que les objets de bronze les plus mal faits et les plus grossiers sont les plus anciens, et que l’industrie du brome a suivi dan.H nos contrées un développement progressif, a sa racine dans l’ignorance ou dans une vanité nationale par trop grande. Il est à regretter que d'éminents savants étrangers aient adopté cette manière de voir.

aiAPITRE SEPTIÈME.

vers celte époque dans le Danemark et dans les parties méridionales de la Suède. Ils nous ont laissé des traces de leur passage dans certains noms locaux et dans quelques antiquités, parmi lesquelles je mentionnerai le bœuf cimbrique, en fonte de cuivre, probablement porté comme amulette.

J’ai dit plus haut que le Jâravall se compose, sur quelques points, de plusieurs séries de collines qui se sont élevées les unes après les autres, dénotant ainsi plusieurs inondations arrivées à des époques différentes. L’une de ces inondations a été nommée le déluge cimbrique, parce que ce fut après elle qu’une grande foule de Cimbres quittèrent la Scanie et le Danemark, et allèrent se faire battre par Marins dans les champs de Vérone, l’an 101 avant Jésus-Christ. Ammien Marcellin parle (livre XV, ch. ix) d’une tradition conservée parmi les Druides, qu’une partie de leurs ancêtres étaient venus des lies lointaines situées de l’autre côté du Rhin, et que les causes de leur migration vers le sud avaient été des attaques fréquentes de la part de leurs voisins et un déluge occasionné par la mer.

On avait encore, il y a une soixantaine d’années, des traditions sur ce peuple en Scanie, où il se serait rassemblé avant son départ dans une plaine qui, dans mon enfance, était une bruyère et portait le nom de champ ou terre des Cimbres {^Cimber-marken)-, elle est située entre les villages de Gislôf, Aby, Jsie et la Baltique. Le nom de la ville de Cimbrishamn (pointe S.-E. de la Scanie) est peut-être aussi un souvenir de ces peuples.

Digili-

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