‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 61 sur 156 · U2 CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

U2 CHAPITRE PREMIER

tombeaux delà Suède, ne sont pas des vases cinéraires ou ossuaires, la coutume de brûler les morts n’existait pas à celle époque éloignée. Évidemment ils ontété déposés dans les tombes pour la môme cause que d’autres ustensiles de ménage ayant appartenu aii défunt. Ils étaient donc aussi d’un emploi journalier, quoique l’ou n'en connaisse pas au juste la destination, qui a dû être multiple. Les plus grands ont sans doute servi de pots à. cuire la viande, car celui qui connaît l’art de la fabrication des vases en terre cuite, doit aussi savoir cuire la viande dont il fait sa nourriture. La plupart des peuples sauvages de l’époque actuelle savent aussi cuire la viande dans des vases, quoique le plus souvent ils se contentent de rôtir leurs aliments. Personne n’ignore que les naturels du Brésil possèdent des vases en terre cuite qu’ils fabriquent eux-mêmes sans autres outils que leurs mains. Après avoir formé le fond, ils roulent l’argile en un long et mince cylindre dont iis font un anneau qu’ils appliquent sur le fond. Un second cylindre est superposé au premier, aveclequel il estreliéau moyen d’un peu d’eau ; un test de coquillage sert à lisser les deux côtés. Ces Indiens du Brésil continuent le même procédé jusqu’à ce qu’ils aient donné au vase laforme et la grandeur voulues. Ensuite ils gravent au trait les ornements d'usage sur la surface du vase. Ce vase ainsi achevé, est cuit au feu en plein air. (Renseignements verbaux donnés par M. le D' Natterer.)Le vase en argile, planche X, figure 209, trouvé parM. le pasteur M. Bruzelius, dans la chambre sépulcrale du tumulus d’Asa (.Vsahôgen), près de

VASKS.

ürislofla (Scanie), a probablement été travaillé à la main, sans tour, de la même façon que ceux des sauvages de l’Amérique du Sud. Les ornements que l’on distingue à sa- surface, paraissent y avoir été gravés au moyen d’un poinçon en bois ou d’un instrument analogue. Le vase n’a pas d’oreilles, mais le renflement ou lilet central est percé de deux trous latéraux ; deux plus petits se trouvent au rebord supérieur. 11 est probable qu’une courroie traversant les perforations du renflement central, formait une espèce d’anse arrêtée au rebord supérieur au moyen d’une autre courroie plus mince passant par les deux trous plus étroits. Ce vase ne mesurant pas plus de 12 centimètres de profondeur et ayant à peu près la même dimension à sa plus grande largeur, n’a pas dû servir d’ustensile à cuire les alimenfs, mais de cruche à eau. Il parait avoir fort bien convenu à cet usage, et c^est probablement celui auquel il a été employé.

Ou rencontre des vases en terre cuite chez la plu» part des peuples actuels, tant sauvages que civilisés; on les trouve aussi dans tous les genres possibles de tumulus depuis ceux des siècles les plus reculés jusqu’à ceux des derniers temps du paganisme. J’ai vu, par exemple, de r.\mérique du Nord, des fragments de vases parfaitement semblables à ceux de la Suède, enjolivés des mêmes ornemenLs et accompagnés d’outils en pierre identiques à ceux de la Scandinavie.

Je n'ai pas eu l’occasion de faire une étude approfondie des vases en argile qui se trouvent dans les plus anciennes sépultures à galerie de la Suède. Je laisse à

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