‹ Les habitants primitifs de la Scandinavie essai d'ethnographie compareeChapitre 63 sur 156 · SEPTIÈME SECTION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME SECTION

Instruments détruits par t usure ou brisés par I emploi.

En étudiant avec attention la manière dont les outils se sont usés, on peut souvent en déduire avec certitude la façon dont ils ont été employés. J’ai déjà fait remarquer le tranchant oblique des haches droites usées et soumises à des aiguisages successifs, et j’en ai tiré la conclusion qu’elles avaient été munies d’un long manche, à peu près comme nos haches de bûcheron;

J’ai fait voir ensuite que dans un grand nombre des outils perforés pour y adapter un manche , cette perforation est iusigiiifiante en comparaison du poids de la pièce, et j’en ai déduit que le manche n’a pu être bien long. 1) a dû être très-court pour les marteaux, planche YIII, figures 169, 172, 178, 179; pour les

INSTHI MKNTS l SUS.

(Ci

nierlins, planche VIII, figures 17(). f77; très-court aussi pour les coins à manches, planche IX, figures 183, 184. Il a été par contre assez long pour la hache d’amazone, planche VIII, figure 173, et fort long pour les houes, planche VllI, figures 180, 181, et planche XV, figures 256, 257. Les marteaux présentent ensuite des traces évidentes d’une forte usure, tânt au dos que sur les côtés. Il en est de même des coins à ce dernier égard. Cette usure ne s’explique pas si ces divers instruments ont été seulement employés comme armes de guerre. Quelques-uns des coins à manche sont tellement usés qu’il n’en reste plusqu’un tronçon autour du trou (Fl. IX, fig. 184). Nous en pouvons conclure avec une pleine certitude qu’ils ont été em;ployés journellement, et qu’ils n’auraient pu être usés comme ils le sont s’ils avaient été des massues, et encore moins s’ils avaient figuré comme symboles dans des temples païens. Cette usure est d’autre part fort naturelle, s’ils ont servi à feudre du- bois et à d’autres usages analogues. La même observation s’applique aux haches planche VU, figures 157, 158, 159, 160 et 151, 152. Le tranchant oblique des haches figures t59, 160, usées et souvent aiguisées à nouveau, prouve <{u'elles ont servi à travailler le bois.

Parfois les outils avec perforation pour le manche, se sont, pendant leur confection, brisés transversalement, mais ils ont été ensuite munis d’un nouveau trou. (PI. X,, fig. 206, 207.)

La manière dont la lance planche Xlll, figure 225, U été usée par l’emploi est très-propre à élucider la

r.HAPITRE PREMIF.n.

question qui nous occupe. Cette lance a évidemment eu la longueur, la grandeur et l’aspect de celle planche 111, figure 55. Elle entrait de i centimètres dans la hampe, au voisinage de laquelle elle a été cassée; la soie brisée, le fragment le plus large de l’arme a été à son tour enfoncé d’environ le môme nombre de centimètres dans la hampe. Plus lard, émoussée par l’usage, elle a été retaillée sur les deux côtés jusqu'à la hampe, au moyen d’un percuteur du type planche 1, figures 6 à 10 ou 1 à 5. Naturellement la partie large insérée dans la hampe, n’a pu s’user, et pour cette cause la lame porte sur ses deux tranchants un évidemept sensible au point d’insertion dans la hampe. Ma collection contient plusieurs lances semblables brisées par un accident ou usées par la retaille. Ce dernier mode d’usure prouve que l'ancien sauvage formait toujours par la retaille le tranchant de ses armes de chasse, et il n’est pas douteux qu’il n’emportàt à cet effet dans ses chasses un instrument destiné à retailler ses armes. C’est évidemment avec un instrument pareil qu’a été retaillée la lance planche XIII, ligure 226, qui, après avoir ressemblé à celle planche III, fignre 44, est devenue presque aussi mince qu’un poinçon. Les lances usées de la sorte ne sont pas rares dans les collections.

Tout ce qui vient d’ôtre dit est en pleine conformité avec l’explication donnée (page 12), des antiquités de la planche I, nommées par moi pierres percutrices, ou ])ercuteurs , c’est-à-dire pierres à dégrossir et à retailler; dénomination qni m’a été inspirée par les traces

OUTILS TRANSFOHMÉS. 117

positives qu’elles portent de chocs contre un corps très-dur.

On voit dans plusieurs musées archéologiques de l'Eucope des couteaux et des harpons de silex appartenant aux sauvages actuels, et qui ont été usés, puis aiguisés à nouveau par le même procédé. Nous savons en outre que leurs propriétaires emploient le même genre de pierres percutrices que celles dont on s’est servi en Suède dans des temps reculés.

On observe souvent à l’extrémité supérieure des gouges larges, comme celles planche VI, figures 139, 1 40, des traces parfaitement apparentes des coups de maillet reçus par elles.

Page 1