‹ Les Habitations à Bon Marché de la Ville de BordeauxChapitre 16 sur 26 · DROLE · texte numérisé non relu

DROLE

Sous un volume restreint et d’une manipulation facile, ce casier comprend :

l° Une description de l'immeuble (date de construction, longueur et hauteur de la façade, profondeur totale, superficie, niveau par rapport à celui de la rue, entrée, nombre de corps de bâtiments); le nombre de logements (avec pour chacun le nombre de pièces et leurs vues, leur nombre d’habitants);

2° Le résultat de l'enquête sanitaire, portant sur l’aération; l'éclairage; le chaullage; l’alimentation en eau; l'évacuation des eaux usées, ménagères, pluviales, industrielles: l’évacuation des immondices;

3° Les mesures sanitaires : décläration des maladies contagieuses et la désinfection qui les a suivies; les décès et leurs causes;

4° La salubrité générale : sous ce titre sont réunies les prescriptions imposées pour l'amélioration et l'assainissement du local, dont l’insalubrité a été signalée par un rapport; et les suites données à ces prescriptions.

Le casier sanitaire, ainsi établi, centralise {ous les renseignements intéressant la salubrité de l'immeuble et permet de reconnaître ceux qui, antihygiéniques, sont frappés d’une contagiosité de tous les instants ou d’une mortalité élevée. L'ensemble de ces casiers sanitaires renseigne sur les quartiers ou les «îlots maudits » où il convient de frapper pour enrayer la marche progressive du mal, soit par assainissement, soit par destruction des taudis en cause.

A titre documentaire, nous citerons le chilfre des enquêtes faites par le Bureau d'hygiène depuis 1925 :

En 1925, 524 dossiers furent étudiés; En 1926, 598:

En 1927, 653; En 1928, 849; En 1929, 1.006; En 1930, 1.040;

En 1931, 997 au 26 novembre 1931

LR

On peut constater facilement quel développement en six ans a pris ce service. La nature des affaires portées à sa connaissance est très variable, et toutes les causes d’insalubrité visées par le règlement sanitaire municipal sont invoquées les unes à la suite des autres.

Lorsqu'une enquête révèle qu'un logement tombe sous le coup de la loi, le directeur du Bureau d'hygiène prévient le propriétaire d’avoir à faire les améliorations prévues, dans un laps de temps donné. Si, après ce délai, les travaux d’assainissement ne sont pas exécutés, il est dressé procès-verbal, déclenchant des poursuites par le tribunal compétent, si toute satisfaction n'est pas donnée.

Ainsi se poursuit l'amélioration du logement insalubre relativement aux causes qui tiennent au local lui-même. Mais contre le surpeuplement, il est difficile de lutter; on ne peut pourtant pas jeter dans la rue la moitié d’une famille sous prétexte que l’autre moitié a droit à un certain nombre de mètres cubes d’air. Ici encore la crise du logement vient entraver l’œuvre de l’hygiéniste.

Quoique armé par la loi, le Bureau d'hygiène est encore arrêté par cette même question du logement dans son action de destruction : souvent un taudis vidé est réoccupé par de nouveaux locataires plus malheureux que les précédents; c'est ici que le Bureau d'hygiène agit en interdisant la location du taudis évacué; la ville, par la suite, peut acheter la maison, puis la détruire pour construire à sa place un logement salubre.

Etant données ces difficultés, la construction donne donc en ce moment la seule solution applicable au problème, et, lorsqu'elle aura pris une extension suffisante, on pourra envisager la destruction en masse des taudis.

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