‹ Les habitués des prisons de ParisChapitre 27 sur 132 · I.liS UlOtiliNKlUCS DANS UÎS IMUSO.NS · texte numérisé non relu

I.liS UlOtiliNKlUCS DANS UÎS IMUSO.NS

âge sur ce pâle et maigre visage encadré d’une chevelure d’astre. (Voyez fig. ^25).

Fig. 25

(liiez ces individus, cet état persiste : ce sont en quelque sorte des nains, des êtres rabougris, toujours enfants, ne subissant point les mêmes transformations que les diverses étapes de l’àge amènent chez leurs camarades. En voici encore un exemple frappant.

A..., âgé de vingt-cinq ans, est né en Savoie. Son père, qui était un homme sobre, est mort dernièrement après avoir été longtemps maire dans son village. Sa mère, qu’il n’a pas connue, était, dit-il, de très petite taille. Un de ses frères est infirme et imbécile, « un innocent », comme on dit au pays. Un autre de ses frères serait un ivrogne, un noceur de village.

A... sait lire, écrire et compter. C’est un garçon de l"'U) de

UCS ÜlkilÎNÉlUiS UANS LKS l’IUSUNS

laillo, pai'aissanl quatorze ou quinze ans, au visage complètenionl imberbe, aux oreilles volumineuses, larges el écartées, un être Irès inférieur au point de vue génital, ignorant encore la femme. Avare, sournois et ambitieux avec une intelligence médiocre et peu inventive, il s’est laissé condamner j)Our avoir soustrait treize francs dans la caisse d’un marcband de vin chez (|ui il était employé comme, garçon. (Vouez flq, W/J.

Fig. 26

D'autres enfin sont plutôt des féminisés, des personnages imberbes, à longs cils, à cheveux lins, à hanches très développées, à voix grêle.

Leurs membres sont ronds comme ceux de la femme, leurs muscles ne font point de saillies vigoureuses sous la peau, leurs contours affectent une mollesse remarquable, leurs mouvements

i,i;s midiiNioitiis d\ns m;s imusüns

sont pleins de souplesseel degri\ce. Comme les inlîuililes, ce sont le plus souv'ont des descendants d’alcooliques et aussi, comme l’a montré Faneaii de la Cour ( I), des issus de tuberculeux. C est panui eux surtout qu’on rencontre le « pale voyou parisien ».

|{... est fils d’un alcoolique. Agé de seize ans et demi, avec son joli visage frais et imberbe, son pubis glabre, son bassin élargi, ses cheveux fins, ses yeux bleus ombragés de longs cils, sa voix douce et tlùtée, il ressemble à une gracieuse fillette de onze ou douze ans. {Voyez fty. 27). Il a été poussé au vol par deux récidivistes plus âgés qui l’ont entraîné.

(t) Voyez Faneau de la Cour. Tlièse de Paris, 1871, et la communication du professeur Brouardel sur le même sujet au 2"‘" Congrès d’anthropologie criminelle de Paris. Lyon. Storck.

u:s IJKUÉNlÎKtS It.VNS LlCS l'IUSO.NS

Les malfomialions des membres ne sont pas rares non plus chez les dégénérés criminels. Déjà Bourneviric et Raoull publièrent dans le Progrès médical du iO septembre 1887 une curieuse obsers^ation de malformations congénitales des mains et des pieds chez une dégénérée. Dernièrement, dans le Progrès médical du 12 mai 1888, le D’’ Alexandre Paris publiait également un cas de malformation congénitale de la main chez un enfant criminel^ présentant plusieurs des stigmates de la dégénérescence mentale. Voici un fait du môme genre.

M...J quarante-deux ans, boucher, est fils d’alcoolique. C’est un homme au front bas, à la figure peu intelligente, sachant à peine lire et écrire, s’exprimant mal et avec lenteur; c’est de plus un alcoolique et un absinthique ; il a du tremblement des mains assez prononcé.

M..., qui a subi plusieurs condamnations pour vol, présenle une malformation intéressante delà main droite.

Au niveau de l’articulation de la phalange et de la phalangine, le pouce se bifurque et présente deux pbalangmes de volume égal, mobiles toutes deux et pourvues cbacune d'un ongle bien conformé. (Voyez flg.

LKS DKC.KNKIIKS I) \NS M-:S PUISONS

(’,(‘lle malfonnal ton giaio |)0ii les niouvemenls, et M.., est droitier.

Cet homme est vigoureux et ne présente pas d’autres maltormatioMS congénitales. Ses organes génitaux sont bien développés et d’un volume normal.

Fig. 29

Voici une autre malformation très rare, également observée chez un criminel récidiviste. L’observation a déjà été communiquée à la Société d’anthropologie par M. le D" Variot, et M. Martin, interne à la prison de la Santé, en a présenté des moulages. Mon successeur comme interne à la Santé, M. (Tiiillot, a eu l’obligeance de m’en donner un résumé.

LES DÉGKNIÏRÈS DANS LlCS PRISONS

C.,., qiiaranle-lmil. ans, no à Soissons, présente une malformalion congénitale du qiiatrmme métacarpien des deux mains.

Son père, sa mère et ses dix frères et sœurs sont bien conformés; il n'a jamais entendu parler dans sa famille d’une difformité analogue chez ses grands-pai*enls.

Les doigts dans l’extension, on remarque que les annulaires sont de beaucoup plus petits que les médius et de même longueur que les auriculaires. {Voyez fig. S9).

Un examen attentif permet de reconnaître que les trois phalanges des d-eux annulaires sont normales, et que leurs petites dimensions sont dues au peu de longueur du quatrième métacarpien.

la phalange

du pouce . , .

de l’index. . .

du médius. . .

de l’annulaire .

de l’auriculaire.

1" métacarpien

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Les doigts fléchis, le poing fermé, la saillie qui, à l’état normal, représente la tête du quatrième métacarpien est remplacée par une dépression en forme de gouttière. (Voyez fig. 30).

La première phalange de l’annulaire se fléchit un peu sur le métacarpien, et cette flexion est augmentée par la laxité des ligaments qui permet à son extrémité supérieure de se suhluxer en arrière, pendant que son extrémité inférieure bascule autour d’un pivot représenté par les téguments palmaires sur lesquels repose sa partie médiane.

LIiS DÉ(5ÉNÉUHS DANS LES PUISONS

Du C(')t('* dos mombros infdrioui’s, jo u’ui nolo qiio des déformations insignifiantes, le plus souvent acquises. Néanmoins l'orteil en marteau m’a paru se rencontrer avec une certaine fréquence. Je l’ai constaté en particulier chez un fils d liystéri(|ue délirante, condamné quatre fois pour escroqueries.

Fig. 30

.le n’ai point la prétention d’avoir énuméré toutes les malformations, tous les stigmates de dégénérescence physique qu'on peut rencontrer chez les dégénérés criminels ; j’ai voulu simplement passer en revue les plus importants, ceux que j'ai rencontrés le plus fréquemment seuls ou plus souvent alliés à des stigmates d’ordre psychique. X cette énumération j’ai joint quelques observations comme j)reuves ii l’appui.

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