SOCIÉTÉ D'ÉDITIONS SCIENTIFIQUES
INTRODUCTION
(( L'hallucination ne devra presque plus paraître, et n'est presque pas autre chose que le résultat un peu forcé d'un acte normal de Tintelligence, le plus haut degré de la transformation sensoriale de l'idée ».
Ainsi s'exprimait Lélut en 1840, dans V Amulette de Pascal ; tel est le thème que l'on pourrait donner à la discussion longue et ardente, qui s'éleva dix ans plus tard au sein de la Société médico-psychologique, entre MM. Peisse, Bûchez, Baillarger, de Castelnau, Garnier et Delasiauve.
Nous ne saurions trouver une meilleure introduction à notre travail, que le résumé même de cette discussion sur la nature des hallucinations. Tout semble en effet, avoir été dit sur ce sujet pendant les sept séances consécutives que les maîtres dont nous venons de citer les noms, consacrèrent à approfondir cette question. Cependant, que d'hypothèses admises comme vraies et qui sont discutables, que de désaccords dans la signif
INTHOOrCTlOS
on même des mots, ([iio de conclusions liAtives ies de rapprochements trop brusques ou impossililes. ^les les opinious confinent à la vtTilé, toutes, à notre
, s'en écartent plus ou moins.
^àis voyons d'abord rà^klement quelles ont été les ncipales opinions émises, quitte à faire, après coup, fcritique générale de la discussion. Si quelque point îte encore obscur, cet ouvrage, en reprenant les faits, wlies analysant avec plus de méthode, en apportant f nouvelles observations, est destiné à les éclairer d'un
: nouveau.
Kous ne saurions ici reproduire en entier le compte gdu de ces séances, et du reste, l'on conçoit laciletot que chaque orateur se laissant entraîner malgré |f«ur le terrain où des études préalables lui donnent I connaissances plus approfondies, s'écarte en beau- ) de cas, plus ou moins de la question principale, (itre part, l'anatomie cérébrale ayant fait, depuis s époque, de nombreux progrès, nous ne reproduis que ce qui a trait à la physiologie et à la psychohallucinations. Cependant, dans ce résumé, tssi bref soit-il, nous nous sommes efiorcés de respecter scrupuleusement la pensée de ces éminents orateurs et même d'en reproduire textuellement les paroles. Une communication de M. Delasiauve sur l'extase, devint l'occasion de l'ouverture de la discussion.
M. Bûchez prend un des premiers la parole. Pour lui la sensation réelle, la représentation mentale et l'hallucination, sont des phénomènes de même essence.
EnVre. la repi-ésentalion mentale et riiallucinaliou, il D'y a cju'uiie question de degré. Certains peintres, certains conipositears poussent la faculté de se représenter les objets, jusqu'à l'hallucijiation. Colle-ci, du reste, ne répond pas toujours à un état morbide et parfois, de même que l'extase, a nu caractère véritablement physiologique Comme c'est le même organisme qui est le siège des phénomènes dans l'état de santé et des symptômes dans l'état de maladie, il est naturel qu'il y ait souvent analogie entre les uns et les autres.
M. Peisse raisonne dans les mêmes données. L'^allucioation, pas plus que tout autre phénomène de la nature plus ou moins insolite, ne saurait, àprioii, être considérée comme un fait isolé, indépendant, sans rapport avec les opérations et manifestations ordinaires et normales de l'esprit. L'ballncination n'est qu'une modi- /ication des deux opérations intellectuelles normales, la imoire et l'imagination.
Certes, il ne nie pas qu'il y ait une différence entre la simple imagination, le simple souvenir d'un objet, quelque vifs qu'ils soient dans l'état normal, et la perception de ce même objet telle qu'elle se produit chez l'halluciné. Mais, tout en admettant celte diiîérence, il croit qu'elle n'est pas essentielle ni absolue. De même la différence est grande entre le souvenir de la sensation et l'hallucination, elle est celle de la santé à la maladie, mais elle ne porte pas sur la nature essentielle du phénomène. On entend intérieurement la parole et le chant dont on se souvient, le souvoiiir d'un objet de la vu(
^^ /ica
INTRODUCnON
, qu'une reproduction de l'image produite pi-imiti-
îment par l'impression de l'objet extérieur sur l'organe ensoriel.
Entendre mentalement des sous, voir mentalement des images, c'est toujours entendre et voir, c'est un acte de vision et d'audition. On ne peut se représenter une image que par un ensemble déterminé de lignes et de couleurs, c'est-à-dire par une image tout à fait semblable, sauf la vivacité et la durée, à celle qui résulterait de la présence d'un objet. 11 y a plus, c'est que l'audition intérieure par exemple, ne peut se produire qu'avec le concours actif des organes de la phonation et de la parole, on ne peut se faire entendre à soi-même un air sans chanter, à quelque degré, physiquement, c'est-à-dire sans la mise en jeu de l'appareil vocal. J^a conscience, en effet, atteste dans ce cas que les organes de la phonation sont positivement et localement en action. Cette action est comme l'esquisse, l'ébauche, de celle qui, à un plus haut degré, produit l'émission de la voix au dehors.
L'hallucination n'est que cette activité organique de l'appareil sensitif interne, s'exerçant spontanément par des causes inconnues avec le même degré d'intensité, de précision, de netteté, avec la continuité et la fixité qu'elle aurait si elle était mise en jeu par une cause extérieure.
L'intervalle qui sépare la représentation mentale de rhallucination, se trouve en partie comblé, d'après lui, parles images plus ou moins fantastiques des halluci-
^M INTRODUCTION ^^H
^pLiuns iiypuagogiques qui olTrent des caractères ^^Ê prononcés que ceux de la reprcsentation menla^^H plus faibles que ceux de rhallucinatiou vraie. ^H
H En un mot ^H
^ 1" L'hallucination n'est que la représentation ^W
phénomènes ordinaires et normaux, de la mémoire et
de l'imagination s'exerçant spontanément et involon-
Bgiirement avec un degré insolite d'énergie ;
^ 2" L'hallucination n'est en essence, psychologiquement et physiolûgiquement que le phénomène de représentation mentale et du rappel des perceptions sen-
Hbrielles par la mémoire et l'imagination ;
H 3° Cette représentation, dite interne, des olijets des Hbds, est en essence identique à la perception externe ^le-mème, à la sensation ;
i" La perception sensorielle ou sensation, la représentation mentale volontaire et normale (mémoire, imagination, conceptions) et la représentation mentale involontaire et anormale {illusions et hallucinations), sont les produits d'une seule et même faculté psychoorganique, s'exerçant dans des conditions diverses et à des degrés différents d'intensité.
M. Adolphe (îarnier vient combattre ces idées. Pour lui, il y a entre ces phénomènes, non seulement une différence de degrés, mais encore une différence de nature. 11 cherche à établir une limite entre l'hallucifttion et les représentations mentales que l'on recoi
INTitODL-CTION
nait pour telles ot ijui, d'après lui, uo sont pas des hallucinations.il distingue;
1" La perception, par laquelle on saisit les objets, qu'on sait ne pas exister seulement dans notre pensée;
2" La conception, par laquelle on se représente les objets absents ou iuiaginaires, sachant bien que ces objets n'ont une existence actuelle que dans notre esprit.
Lorsqu'on confond ces conceptions intérieures avec des perceptions, on a des hallucinations. Ponr lui, le véritable caractère de l'hallucination, c'est que le malade la confond avec la réalité, il va même plus loin et il alïirme que lorsqu'un malade entend une voix, alors même qu'il ne la prend pas pour un objet de son imagination, si elle n'a pas les mêmes caractères que celle de celui qui l'interroge, si elle ne lui paraît pas anssi extérieure, il n'a qu'une simple conception normale. Il en serait de même pour les autres sens.
Pour montrer la dillérence de nature de ces trois phénomènes, il montre qu'au lieu d'y avoir une progression régulière dans la netteté de l'image, lorsqu'on passe de la perception â . la conception et à l'hallucination, il y a, au contraire, un affaiblissement très marqué de celle-ci dans le terme moyen . De plus la perception détruit parfois la représentation mentale au lieu de l'aider, et ce qui donne tant de
iNTRonrcTtos 13
reHet à l'objet de l'hallucination, c'est que la perception est absente.
M. Sandres voit dans l'hallucination un fait étranger entièrement distinct de la pensée, de la réminiscence et de la sensation normale. Ce n'est ni l'un ni l'autre de ces piiénomènes, ni la transformation de l'une dans l'autre.
M. Baillarger tait rcmarcjuer que les observations de M. Peisse se trouvent être confirmées en partiepar les auteurs mystiques qui décrivent des visions intellectuelles et corporelles, des voix intérieures et extérieures, des odeurs et des goûts qui, tantôt affectent l'âme et tantôt arrivent aux organes des sens, il n'a fait lui-même que suivre cette division dans ses mémoires sur rhalluciuatioQ, en donnant aux visions et aux locutions intellectuelles, le nom d'hailucinations psycbiques, et aux visions et locutions corporelles celui d'hallucinations psycho-sensorielles. Cependant, lorsqu'il s'agit d'établir les rapports qui unissent l'état physiologique à l'état pathologique, il se range à l'avis de M. Garnier. Il s'élève contre le mot de physiologique appliqué à l'extase et contre la même expression appliquée à l'hallucination. Ce sont là des états réellement morbides.
On ne saurait voir dans l'hallucination, le couronnement de l'idée créatrice du peintre. Un espace infranchissable existe entre la représentation mentale d'un objet et l'audition mentale d'un son et la perception normale, ce sont là des phénomènes dénature
différente. Il ne nie pas pourtant qu'il n'y ait entre , les deux un certain rapport tel que celui par exemple qui unit entre eux l'ombre et le corps, mais jamais on ne pourra arriver, quelque volonté qu'on ! y mette, graduellement et physîologiquement, à transformer la représentation mentale en liallucination.
II n'admet pourtant pas le critérium dont se sert M. Garnier pour distinguer l'hallucination de la conception et il montre que le malade peut très bien être halluciné et n'être pas dupe de son hallucination.
Les hallucinés mettent entre l'hallucination et la réminiscence, le môme intervalle qu'entre cette réminiscence et la sensation normale. Que dire devant de pareilles affirmations 1 Comment en atténuer l'autorité tant qu'on ne trouvera pas d'autres hallucinés, sains d'esprit, tenant un langage différent. I En résumé, il conclut qu'il y a dans l'hallucination un phénomène nouveau d'un ordre spécial et tout à fait pathologique.
M. de Castelnau dit qu'il est impossible de démontrer que le nerf optique, par exemple, et le cerveau [ sont dans le même état ou dans un état différent, éprouvent les mêmes modifications ou les modifica- ' tiens contraires chez l'individu qui voit une image, . Boit réellement, soit pendant une hallucination et [ chez celui qui se représente mentalement cette image. I A défaut de certitude, la probabilité lui paraît pres- ' que aussi grande que possible contre la doctrine de
INTRODUCTION
l'identité. Cependant, pour lui, la plus grave dei soDS contre cette docline^ n'est pas celle qu'a dbnni M. Baillarger, il reconnaît même que l'extériorité, la netteté de l'image dans l'hallucination pourrait bien n'être qu'une didérenee de degré, non une dîtlérence de la nature. Mais, ce qui, pour lui, parai( constituer une dilïérence essentielle entre l'hallucina-tioo et la sensation, d'une part, et la conception ou le souvenir sensoriel, de l'autre, c'est que le souvenir est entièrement soumis à la volonté, tandis que la sensation et l'hallucination, malgré ce qu'on a dit de quelques exceptions pour le moins équivoques, en sont complètement indépendantes.
Toiit halluciné qui croit à la réalité de ses hallucinations esl atteint d'un plus ou moins grave degré l'aliénation mentale.
M. Brière de Boismont voyant attaquer son précétravail sur les hallucinations physiologiques, rient le défendre.
Il reconnaît qu'il est vrai, en thèse générale, que le jsouvenir d'une sensation n'approchera jamais de la lensation réelle; à cette- règle, cependant, il y a de hombreuses exceptions. C'est surtout dans les idioncrasies individuelles qu'on doit chercher les éléments de comparaison. 11 est vrai que dans beauoup de cas, la représentation mentale est volontaire, lonîuse, obscure, intérieure, tandis que l'hallucinaest involontaire, claire, précise, toujours extérieure, mais dans beaucoup de cas aussi les choses
INTRODUCTION
Ése passenl pas ainsi et parfois même ces prétencaractères pacthogiiomiques disparaissent complètement.
Pour lui :
l^.La conception est parfois involontaire;
2° Elle peut acquérir une grande netteté et égaler on puissance l'hallucination ;
3° Son caractère d'intériorité n'est pas non plus inattaquable ;
4" On peut rappeler rUallneination par un effort de volonté.
M. Michéa ne croit pas qu'on ait le droit de ne voir entre l'hallucination et la représentation mentale, de simple différence de degrés. Il admet cependant que dans certains cas une simple représentation mentale peut être assez vive et assez forte pour avoir quelque analogie avec l'hallucination. Il s'appuie surtout, pour montrer que ces phénomènes sont distincts, sur ce que ceux qui les éprouvent ne les confondent pas. Il reconnaît que les cas d'hallucinations volontaires sont rares, mais il dit qu'il faut les admettre.
•' Ses conclusions sont les suivantes :
j 1" 11 y a une différence de nature, non une simi)le différence de degré entre l'hallucination et la conception . ou représentation mentale;
kti est des Iiallucinations qui ont leur point de do-
part dans les modifications qui surviennent au sein des nerfs sensoriels;
3" La volonté n'est pas étrangère d'une façon abao-^ lue à la production des hallucinations.
M. Parchappe résume ainsi son opinion :
J'J* L'hallucination est un phénomène anormal qui h-e de grandes analogies avec le produit de l'imagina Bon surexcitée par la passion ou par la concentration Irolontaire et qui en diffère essentiellement, parce qu'il fit de la nature de rhailucination, d'entraîner nécesairement l'illusion ;
2° L'hallucination vraie suppose toujours une perversion dans l'exercice régulier de l'imagination et par conséquent ne peut être considérée comme un phénomène physiologique;
• L'hallucination pcnt être compatible avec l'inté- ^ité de la raison ;
' L'action simultanée de l'organe des sens et du cerau est une des conditions essentielle et indispensable ! l'hallucination.
|M. Maury ne voit dans les idées devenues sensibles,
reproduction d'objets antérieurement perçus.
hallucination n'est pourtant point une réminiscence,
fit un souvenir qui s'impose. 11 n'y a pas de difté-
fence essentielle entre la représentation mentale, la
jprception ou rhailucination. Sous le rapport de 1^
l'hallucination se place entre la conception
INTttOIHJCTION
la perception, et suivant son énergie, elle est psychique ou psycho-sensorielle.
M. Delasiauve fait remarquer qu'on n'a pas d'hallucinations d'un sens dont on a toujours été privé, et qu'on peut au moins pour elles, en inférer sans invraisemhlance, un lien de parenté avec les idées sensihies acquises. On ne saurait nier non plus que nous ayons un vaste magasin ouvert aux idées et qu'elles s'y accumulent dans un certain ordre, de manière à s'éveiller ou se correspondre par des affinités ou des oppositions, et que le moi, soit qu'il aille les chercher, soit qu'elles s'oiîrcnt spontanément à lui, les retrouve plus ou moins nettes, abondantes ou rebelles, pour le besoin des opérations mentales.
Dans les conditions ordinaires, la conception renouvelée n'équivaut en aucune façon à la sensation réelle, chacun le sait.
Mais ce que normalement, ne donne point la toute puissance de la veille, d'autres situations peuvent le réaliser. Si l'idée sensible est un type, pourquoi, en raison de certaines modifications physiques ou morales, ce typé ne revivrait-il pas ainsi dans sa plénitude ? et, dans son essence, l'hallucination est-elle autre chose?
H réfute le discours de M. (jarnier en montrant que celui-ci fait de la conception et de la perception, des produits, et qu'un produit ne peut«voir sa virtualité propre. Il montre que le contraste que signale M. Garnier entre la conception et la perception, est plus apparent que réel.
^H IKTRODBCTION
|r Répondant ensuite à M. Baillarger qui veut voir dans la représentation mentale un acte purement psychique, et dans riiallncination un acte combiné de l'intelligence et de la sensation, il s'attache à montrer que, dans t^ production des sensations directes représentatives on hallucinatoires, l'initiative de l'intelligence est nulle ou du moins très douteuse.
M. Baillarger aussi, selon lui, a encore eu tort de ^fcoire que l'extériorité était seulement propre à i'hallu- ^fnation, car, si faible et si impalpable que soit l'image dans la représentation mentale, elle nous paraît toujours occuper son lien dans l'espace et j alïecter une distance.
M. Delasiauve conclut que la représentation mentale ouvre en quelque sorte la série des hallucinations dont elle nest qu'un diminutif très aiïaibli. Elle est extériorisée, elle peut être volontaire ou involontaire, et si elle reste si au-dessous de l'hallucination, c'est le secret de la nature.
Ce qui frappe tout d'abord dans la lecture du compte
ndu de cette discussion, c'est non seulement les di-
forgences d'opinions, les significations très différentes
Bonnées par les divers orateurs, au même mot, les con-
Iflusions tout à fait opposées qui se tirent d'un même fait,
lais encore les hésitations, et les précautions oratoires
Ombreuses dont chacun s'entoure pour exposer sa
fÇon de voir.
Un sentiment de gène pèse sur toute l'assembli
mTRflDLCTKiN
ne si la discussion ne devait englober qu'un cer- Sîn nombre de faits, comme si des lois précédemment établies devaient l'empêcher de franchir certaines limites.
Ce n'est pas, en efiet, en si peu de temps, que l'on peut s'affranchir d'une loi, surtout lorsque c'est M. Baillargfirquil'a formulée et qu'elle réglemente la production des hallucinations.
Trois conditions, avait-il dit sont, nécessaires à leur production :
/" L'cxctrice iiirolutitairi'. dv la mémoire cl île l'imaglnaiioii ;
S° La suspension des impressions exiernes ;
3' L'excitation interne dex appareils sensorids.
Chacun avait présent à l'esprit ces principes et personne n'osait directement les attaquer.
Voilà pourquoi M. Peisse lui-même, le plus alïirmatif de tous, comme pour atténuer la rigueur de ses assertions, cherche à faire des concessions de mots. Voilà encore pourquoi M. Baillarger qui, au début de la discussion, est venu tout d'abord apporter tout le poids de sa théorie sur les hallucinations psychiques, pour faire pencher la balance en faveur des opinions de M. Peisse, reste ensuite effrayé de ses conclusions et le combat.
Il peut paraître téméraire que je vienne ici, faire ce que de plus autorisés que moi n'ont osé faire alors, mais l'observation des faits me donne une grande
iNTRODacnon
lorce, et si je n'affirme pas de suite que cette formule Hst fausse, je ne crois pourtant pas trop m'avancer en ^Hsanl qu'elle est très discutable.
H Mais la plus grande cause de confusion vient certes Be la plus ou moins grande extension que chacun donnait aux mots, h liallucination et représentation mentale )i. i\ aurait été nécessaire avant tout, de déterminer ^es limites exactes que l'on voulait assigner aux divers fchénomènes qu'on devait étudier. De simples épithètes He normales, d'exagérées ou d'atténuées, s'appliquant Hux représentations mentales, de psychiques et de ■Byco-sensarielles, s'appliquant aux hallucinations, au- ^feiient, dans bien des cas, évité des discussions roulant Hlus sur Pinterprétation des mots que sur celle Bioses.
H En agissant ainsi, il aurait été facile de poser tout ^e suite les principes qui, seuls, semblent avoir été admis par tous et qui sont les suivants :
m l" Une sensation antérieurement perçue est nécessaire
Kt)ur la production d'une hallucination ;
B 2" La représentation mentale normale ne saurait être
Honfondue avec la sensation et diffère beaucoup de
Hjiallucination ;
H 3" Un rapport, assez faible il est vrai, parait unir la
Représentation mentale à l'hallucination ;
^K4^ Il y a un phénomène nommé hallucination psy-
Hpique qui semble se rapprocher davantage de la reprô-
^Kntation mentale, que l'hallucination vraie.
INTRODUCTION
présent, si nous examinons les diverses affirmations été mises en avant pour différencier ces deux lomènes {sans rien préjuger pour cela du rapport lïit ces pliénomènos entre eux}, nous les trouvons ire très discutables.
tkaUudiiation, a-l-on dît, fsl involontaire, claire, précise, ire, parfaite, elle entra^^e l'erreur et n'est pas confanles malades avec la représentation mentale. Celk-r volontaire, confuse, inférieure, obscure, normale. iprenant à notre tour cette étude, nous aurons l'occasion, dans le cours de cet ouvrage, de discuter, observations eu mains, ce que nous avons déclaré discutable, cela nous sera facile en étudiant la représentation mentale chez l'honnne à l'état sain et à l'état de maladie, l'hallucination classique et l'hallucination exceptionnelle.
Partant de ce principe, que le mieux est d'expliquer la pathologie par la physiologie, je commencerai par étudier brièvement la représentation mentale normale pour arriver progressivement jusqu'à ces exagérations qui offrent les grands rapports avec l'hallucination en général, et en particulier avec l'hallucination volontaire. M'étendant ensuite davantage sur le rôle de la volonté dans la production des hallucinations, je pense pouvoir apporter quelques conclusions, ou tout au moins quelques observations utiles à l'étude de l'état qui a été très étudié et qui est encore insuffisamment innu : l'état hallucinatoire.
MTOm