AVANT -PROPOS
L'Histoire d'un crime, ce récit poignant des jours néfastes do décembre 1851, cet exemple placé, à l'heure de la crise suprême, sous les yeux de ceux que hantait, il y a trois mois, le fantôme des ambitions malsaines, ce livre dont Victor Hugo a pu dire : « Il est plus qu'actuel, il est urgent », et qui aurait pu porter cette épigraphe : « Peuples, ne vous abandonnez jamais », a été traduit dans toutes les langues, lu dans toutes les capitales , admiré de tous ceux qui cherchent dans l'histoire contemporaine un enseignement. En Espagne, c'est le chef incontesté du parti républicain, l'orateur incomparable dont les harangues ont mérité, elles aussi, les honneurs de la traduction à Paris, à Rome, à Londres, à Berlin, le patriote latin, le politique sans reproche, dont le renom égale en son pays celui dont jouit, à si juste titre, de ce côté des Pyrénées, M. Gambetta, c'est l'ancien et le futur président de la République espagnole, M. Emilie Castelar, qui a voulu prêter à Victor Hugo le concours de son magnifique talent.
h'Hisioirc d'un crinu a été traduite, en langue espagnole, par le seul homme qui pût garder à l'œuvre du
maître sa saveur et son coloris. M. Emilio Castelar, voulant aucrmonter par un témoicrnago personnel le mérite du livre et accentuer, pour ses compatriotes, les enseignements qu'on en peut tirer, a écrit une préface que nous voulons mettre sous les yeux des lecteurs français. C'est une page d'histoire contemporaine, et l'histoire est toujours sincère quand elle est écrite par un étranger, fût-il aussi sincèrement notre ami que le grand orateur espagnol.
Nous avons cru devoir, au moment où paraît la seconde partie de Y Histoire d'un crime, traduire en français la préface écrite en espagnol par M. Emilio Castelar.
Nous payons ainsi à l'auteur du livre et à son traducteur le juste tribut de notre admiration.
Camille Fargy.
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