‹ Les Hébreux en EgyptChapitre 110 sur 150 · IX. La Me?' Rouge au temps de l'Exode · texte numérisé non relu

IX. La Me?' Rouge au temps de l'Exode

passaient les caravanes qui alimentaient le commerce entre l'Egypte et la Palestine.

Pendant de longs siècles, sans doute, les eaux de la Mer Rouge battirent le rivage oii se dresse maintenant l'élégante ville d'Ismaïlia. Elles finirent pourtant par être coupées et isolées de la mer qui fut refoulée plus au Sud, au bassin des Lacs Amers. C'est le seuil de Sérapéum, constitué peu à peu par les masses de sable que les vents ne cessent de rouler des déserts voisins, et peut-être aussi par quelque soulèvement interne. D'un lac à l'autre, il mesure 11 kilomètres et demi, et s'élève de 8 mètres audessus de la mer. Il est actuellement coupé en ligne droite par le canal maritime.

Enfin, dans des temps plus rapprochés, un troisième barrage a séparé les Lacs Amers et rejeté la Mer Rouge sur les rivages qu'elle baigne de nos jours. C'est le seuil de Chalouf. haut de 5 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Ce recul progressif de la Mer Rouge, avec formation du lac Timsah d'abord, puis des Lacs Amers, est un fait géologi([ue incontesté. Le percement de l'isthme en a fourni des preuves tangibles. Dans le grand Lac Amer, il' fallut tailler un immense banc de sel de 8 à 10 mètres d'épaisseur. Ce dépôt marin fut formé à une époque oîi les eaux de la mer remplissaient le bassin par intervalles, puis se vaporisaient. Une colonne de ce banc de sel fut extraite et portée à Ismaïlia où on la voit toujours dans la cour des bureaux de la Compagnie. Elle mesure 2 m. 30 de hauteur. Elle est faite de couches superposées bien visibles, séparées par un lit de sable. Les couches inférieures sont plus minces que les autres, elles ont en moyenne cinq centimètres d'épaisseur et sont assez régulières. Les couches supérieures sont plus épaisses et progressent ainsi en montant :

5'"° couche 0 m. 095

4'"" couche 0 m. 14

3"" couche 0 m. 24

avant-dernière couche 0 m. 20

dernière couche, au sommet 0 m. 25.

Cet énorme banc de sel, avec des couches si distinctes, n'a pu être formé que par des alternances de remplissage et d'évaporation. Au début, quand la barre de Chalouf offrait peu de résistance, les déversements de la mer étaient réguliers et plus fréquents. Dans la suite, le seuil s'élevant et s'élargissant, les eaux salées arrivèrent à des intervalles plus espacés et plus variables. Finalement, elles furent coupées, et, après l'évaporation du dernier afflux, le rocher de sel resta à nu. Les vo3-ageurs racontent qu'avant l'ouverture du canal maritime, on franchissait à pied sec le bassin des Lacs .Amers en marchant sur le sel durci.

On a peine à s'imaginer ce qu'il a fallu de temjjs et d'eau pour produire un pareil dépôt. Depuis que le travail des hommes a précipité de nouveau la mer dans ce bassin, le bloc se redissout peu à peu.

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