‹ Les hébreux en EgypteChapitre 43 sur 149 · Scarabées au nom de Jacob · texte numérisé non relu

Scarabées au nom de Jacob

bord un Jacob qui se présente en roitelet avec des titres pharaoniques:

“4 CK LR ol n ) À x (Fig 18,2) (1) .. (l ee ©. 2 (Fig 18, 1) (°)

Il est manifeste que nous avons là le même nom: sa Za‘gob-her doi ‘onk. L'absence du cartouche dans le second cas ne peut faire aucune dif ficulté, d'autant que sur le scarabée le nom propre est encadré de deux barres à la manière «hyksos ». L'équivalence littérale avec 3° sémitique est parfaite. Sur le second cachet nous avons un p au lieu de 4 et l’ordre de ces deux lettres est renversé. Mais ce détail ne peut constituer un nom différent. La permutation de p et 6 est trop facile pour mériter attention, et dans la confection des scarabées, les graveurs de l'époque brouillaient souvent les signes.

Ce Za'gob-her qui se dit «fils de Ra» et « doué de vie» pour l'éternité, est à rapprocher du cheikh *Awa/-her que nous connaissons déjà. Les empreintes sont de style différent, nous l'avons dit plus haut (p. 46), mais la composition des deux noms est la même. Anat est une déesse, le parallélisme nous invite à considérer /a‘goë, Jacob, comme une sorte de dieu cananéen. Le composé s'’interprète donc « Jacob agrée » ou «Jacob est satisfait » (°).

Le même nom se lit sur le scarabée suivant qui est évidemment apparenté aux précédents:

AOEMESIT |

Comme on le voit, le second élément du mot est bien différent et il serait arbitraire d'accuser le graveur d’avoir écrit ‘7 pour 4er. Nous avons donc là une autre épithète. Flinders Petrie a proposé la lecture: Sira

(4) NEWBERRY, Scar. XXIII, 2 k

(?) Ibid. XXIIT, I. WELL cite encore trois autres scarabées de lecture identique, Za fin du Moyen Empire p. 185. Il se peut que quelques références se rapportent au même objet.

(5) Meyer, Æ15/, de l’Ant. Il p. 357. A la vérité, l'existence d’un dieu Jacob est très problématique. Elle n’est confirmée par aucun autre document. Supposons qu’elle fût établie, supposons que Jacob, tout court, fût un nom propre ancien de héros divinisé, il n’en résulterait rien contre l'interprétation donnée par la Bible au nom du Patriarche (Gen. 25, 26). Pour ne citer que le plus remarquable des exemples, le nom de notre Sauveur avait été déjà porté par. des personnages de l’Ancien Testament, mais ce fut le Sauveur qui le réalisa dans la plénitude de son sens.

(*) NewBErRry, Scar. XXIII, 3. Le scarabée a été trouvé à Hou en Haute Egypte, mais . ces petits objets se transportent facilement et l’on n’en peut rien conclure au sujet du pays habité par le propriétaire.

48 II]. Les Asiatiques établis en Egypte

La gob-baal doi ‘onk(!). Et il y a tout lieu de croire que c'est la bonne, il = suffit d'admettre l’omission d'un #, chose d'autant plus facile que la régur “e larité des lignes dans l'empreinte l'exigeait. Mais cela nous conduit à = une nouvelle interprétation. Car, ici le nom de dieu est le second élé ment, Pa'al, et le premier élémént /4°706, devient une forme verbale dont : le sens est à chercher.

À l'appui de cette lecture vient un nom propre semblable connu de-… puis longtemps. /a‘gob-el des listes géographiques de Karnak. Il est cité une première fois parmi les villes et pays que soumirent les armées du grand Thoutmès III (?), et une autre fois dans une liste dressée à la louange de Ramsès II (*). Za‘qob-el et Z$ep-el (N. 78 de la liste de Fhoutmès HE) sont des théophores composés de la même manière que plusieurs autres. noms sémitiques comme Israël, Ismaël, Jérahméël (*). C'était, à l'origine des noms propres de chefs ou fondateurs de tribu. Au moment où lhoutmèes II et Ramsès II passèrent en Palestine, ils s'appliquaient déjà à À tribu elle-même, comme il arriva pour Israël, ou bien encore à la région occupée par la tribu. 5 Ja‘gob-baal des scarabées est un nom para llèle à /a*goë-el de listes géographiques et il s'explique de la même manière. Le Cananéen qui le portait et qui était, paraît-il, un dévot de Baal(°), devint grand seigneur en Egypte‘et ne craignit pas de se faire appeler «fils de Ra ». Voici un cachet qui accuse des ambitions plus hautes encore:

Botte] = À? Femme

(t) Scasabs and cylinders, XXII. On sait que l’égyptien n’a qu’un seul signe pour représenter 7 et /. Prenons les trois dernières lettres de l’empreinte, c’est le nom de Baal gravé sur un grand nombre de monuments égyptiens, HEYES, P10e/ und ÆAegypten, 1904, 110:

(@) MARIETTE, Les listes géographiques de Karnak, N. 102.

(8) Lepsius, Denkmäler. III, 144, 9. Voir VicouroOUx, Dict. de la Pible art. Jacob. de mot est écrit ici /agub-el, ce qui confirme l'identité avec 35», 31h».

(4) Nous ignorons quel est le sens historique de Za Un -el:°H-fare or. sans doute, dans quelque anthropomorphisme simple et primitif basé sur l’arc ou le talon, peutêtre « El tend l'arc» ou bien «EI frappe au talon». En tout cas, il ne s’en suit rien contre l’étymologie populaire donnée par la Bible au nom du Patriarche Jacob.

Nous avons là assurément les noms de Jacob et de Joseph. Mais au temps de Thoutmès IL, les Hébreux étaient en Egypte et non en Palestine. On a dit que les /acob-el et les /oseph-el soumis par les armées de Pharaon étaient une section lointaine de la famille de Jacob et de Joseph (Vi1G., DB. art. /acob). Pourquoi? N'y eut-il qu’un Jacob et qu’un Joseph en Canaan? Les scarabées nous montrent au contraire que le nom de Jacob était fréquent. Plus probablement, /acob-el et Joseph-el des listes n’ont rien à voir avec nos Patriarches.

(5) Sur Baal dans les monuments égyptiens, voir DARESSv, Se/h et son animal dans lé

Bull. de l'Inst. fr. d'arch. or. XII, 1917, p. 77. PLEVTE, Quelques monuments relatifs au dieu Set, Leyde 1863, p. 20. MÜLLER, Asien und Europa, p. 309. MAsPERO, Æist. Anc. WU; pp. 485. 486. 569. 570. On cite un ?ef-Ba'al qu’on dit être du temps des Hyksos (voir plus loin, chap. V, Putiphar).

(6) NEWBERRY, Scarabs XXII, 27. Le cachet a quelques signes décoratifs que nous” 4 omettons. 3

Page 1