‹ Les hébreux en EgypteChapitre 65 sur 149 · CY · texte numérisé non relu

CY

3. On s'accorde à regarder comme identiques le nom du chef des gardes de Pharaon, TENTE 70 (Gen. 37, 36), et celui du grand prêtre d Héliopolis ÿ9 M (Gen. 41, 45) (*). Le grec et le copte donnent d’ailleurs

les mêmes formes pour les deux cas: Ilsrepoñ, copte, nETEDpH HET pH. Il est manifeste que nous avons là l'égyptien © K © Pa-di-pa-Râ « Celui que donne Phra (ou Ra} ». On connaît un très grand nombre de

noms composés de manière analogue (?), Pa-di-Amon, Pa-di-Pastit etoBdoti, Pa-di-lsit Hereñow Pa-di-Khonsu Terey@voi, Pa-di-Asar Ierocioie, etc. etc. Ils se rencontrent à la XX° dynastie et se multiplient sous la XXII et après. | |

Deux scarabées de la XVII dynastie appartiennent à un certain Padi-R& ().

On objecte que dans Pa- -di-pa-Ra nous intercalons l'article devant le nom du dieu, ce qui n'a pas lieu ailleurs. L'objection est nulle car on nignore pas que le nom de Ra, « le soleil », prenait souvent l'article. Les exemples abondent pour la XVIIF et la XIX° dynastie (‘. On a essayé d'accréditer d’autres interprétations, mais c'est résister à l'évidence et abandonner un terrain ferme pour le sable mouvant des hypothèses (°).

propose Sxé, nom de femme assez fréquent de la XVe à la XVIIIe dynastie, mais ce mot aurait donné quelque chose comme Sexi ou Sonef. D'après LÉvEsqQuE (2 P, 1899, p. 415), ce serait Asnelh « demeure de Neïith ».

(1) D’après les critiques, la première forme est du Iahviste, la seconde plus savante est de l’Elohiste. Dans le Grec, l’A/exandrinus lit xetesqñ. Il est manifeste qu’il y a là une métathèse pour metewoÿ lu par le Bodleianus Geneseos.

(?) Lieblein, Zb:d. passim; GRENFELL and HuNT, 7he Æibeh papyri, part I, 1906; SPrE- GELBERG, Aeg. und griech. Eigennamen aus Mumienetiketten der rümischen Kaiserzeit, 1901.

(8) PETRIE, Scarabs and Cylinders with names, London 1917, pl. LVIF, OP. G. 90. Fa lecture offre pourtant quelque incertitude, car le nom est suivi du faucon et c'était peut-être Pa-di-Hor.

(4) Voir-entre autres, GARDINER, 7he Della Residence of the Ramessides dans le /ourn. of eg. arch.; N, 1918, p. 257: «le temple de Phra» — «les eaux de Phra», et p. 259. « la fondation de Phra ». Toutes ces citations concernent précisément le Delta Oriental.

(5) Voir Vicouroux, Dict. de la Bible, art. Putiphar par C. Lagier. Les interprétations différentes sont de Naville et de Lieblein.

NAVILLE a résumé sa pensée dans un de ses derniers ouvrages, Archéologie de l’ Ancien Testament (trad. Segond), p. 97. Il n’admet pas une étymologie identique pour les deux noms Potiphar (Gen. 37, 36) et Potiphera® (Gen. 41, 45). Voici son texte: « La syllabe finale est le nom d’un dieu différent. Potiphar est en égyptien P A4otep Æar, le don ou l’offrande d’Horus,

« et Poti-phera, P hofep Ra le don ou l'offrande de Ra. Ra est la grande divinité d’Héliopo-

lis (On) et il est naturel que le grand prêtre porte un nom contenant celui de son dieu.

ÆHotep Ra, sans l’article ?, se rencontre dans diverses occasions comme le nom du grand prêtre d’On par exemple, sur la magnifique statue trouvée à Meidoum, que l’on suppose appartenir à la troisième ou au début de la quatrième dynastie et où le grand prêtre est représenté assis à côté de sa femme »

Ces étymologies ont contre elles des difficultés insurmontables. On ne connaît pas de

78 V. Les Hébreux. Joseph

En résumé, les trois noms propres qui se groupent autour de Joseph, Safnat Pa‘anch, Asenat et Potiphera sont composés suivant les lois de la plus pure morphologie égyptienne. Ils entrent dans des cadres qui s'af firment surtout à partir du X[° et du X° siècle avant Jésus-Christ, assez longtemps donc après les Hyksos. A-t-on le droit d’en tirer une conclusion ferme pour la date de la rédaction du texte sacré? Ce serait une exagération évidente et un accroc manifeste à la saine logique. Ainsi pensent

noms propres composés sur le modèle que propose Naville. //ofep entre dans un grand nombre de vocables à la XVIIIe dynastie et avant, mais alors il n’y a pas d'article et le nom de dieu est en tête, tels: Amen-Hotep ‘Auevobns, Ra-Hotep, Har-Hotep, Ah-Hotep, Nefer-Hotep Sebek-Hotep, etc. À l’époque Hyksos on trouve le nom divin à la fin mais avec # du génitif et toujours sans article: Hetep-n-Ra (NEWBERRY, Scar. XXIV, 6. 8. 27), Di-n-Ra (Zid. 1. 20), Ousir-n-Ra (7614. 35). C’est ce que reconnaît Naville lui-même. Alors comment expliquer la présence de cet article qui est une faute manifeste contre la grammaire égyptienne? C’est la principale objection, il y en a d’autres. Comme le montrent les mots Amenôthès, Amenôphis, dans ces composés, l’accent tonique était sur le second élément et le premier s’abrégeait. On aurait donc un nom comme « Hetep-Ra », « Hetep-Hor », cfr. Hathor. Voici comment Naville explique la forme grecque netepoñ: « Les Septante ne font aucune différence entre les deux noms. Ils doivent avoir été semblables dans le document araméen duquel ils furent traduits . .. Evidemment à l’époque des Septante, il n’y avait plus un Hotep Ra comme grand prêtre, et les traducteurs donnèrent aux deux personnages un

nom d’une forme alors usitée, qui se lirait Héliodore (p. 97) »..C’est donc par une série de.

suppositions qu’on arrive à metepoÿ. Mais le moins qu’on puisse dire est que la-base, le document araméen, clé de tout le système, est une pure invention de l’auteur.

Sur ce libre de Naville et la théorie étrange qu’il développe, voir un excellent résumé et une courtoise réfutation par SÉBASTIEN RONZEVALLE dans Recherches de Science Religieuse, 1917, p. 353-417.

LiEBLEIN, Mots égyptiens de la Bible dans Proceedings XX, 1898, p. 208, et, L’ÆExode Si 0) VOIR d'un individu qui, selon toute vraisemblance, vivait au temps des Hyksos et était préposé aux scribes d'Amon. PIERRET, Æfudes Egyptologiques, 1874, pp. 50-55, stèle 50 du Louvre. Pour

des Hébreux, ibid, XXI, 1899, p. 58, veut retrouver Potiphar dans E, J

Lieblein, ce nom est composé comme ceux dont nous avons parlé, du préfixe pe/-pa-di èt de «

Ba‘ar — Ba‘al, « celui que donne Baal ». * )

Disons, dès l’abord, que cette composition, si elle était sûre, rendrait impossible toute

assimilation avec Potiphar, aussi bien qu'avec Pofiphera’. Car, l’auteur Sémite aurait reconnu de suite le nom sémite, Ba‘al, du dieu si célèbre en Palestine et si fréquemment mentionné dans la Bible. Il l’aurait transcrit lettre par lettre en Pofiba'al.

Mais il n’y a aucune probabilité que Petbâr soit à lire Pa-di-Ba‘al. La stèle qui a con-

servé le nom de ce personnage est dédiée à un de ses descendants qui était contemporain

d’Aménophis I, le successeur du vainqueur des Hyksos, Ahmosis. La généalogie fait remonter Petbâr à la sixième génération en ligne directe, près de deux cents ans avant Aménophis |, donc aux premières années des Hyksos, ou peut-être même avant.

Quel était donc l’Egyptien qui songeait alors à prendre Baal pour dieu protecteur? Et notre homme est Egyptien, et Egyptien de Thèbes puisqu'il était préposé aux scribes d'Amon: Sa femme ÆAberkar, son fils Afou n’ont rien d’oriental. ;

En outre, la première partie du mot Peth n’est pas l'équivalent de pa-di, car il n'y a aucun exemple, à ma connaissance, montrant que le verbe di «donner» était parfois écrit avec le A tout seul.

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