‹ Les Hématozoaires du PaludismeChapitre 4 sur 63 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Le règne des Bactéries a atteint son apogée, celui des Protozoaires commence, » me disait Parricek Manson, lors de mon dernier voyage à Londres. En effet, depuis les découvertes de Pasreur, les Bactéries ont été l’objet de recherches incessantes et ont donné lieu à des travaux considérables, tandis que létude des Protozoaires était complètement délaissée par les médecins. L’Hématozoaire du paludisme, découvert par Laveraw, était le seul Protozoaire pathogène connu. Dans ces dernières années, l'étude de ces organismes a fait de grands progrès, non seulement en médecine humaine, mais aussi en médecine vétérinaire. Qu'il me suffise de citer, en pathologie animale, le surra ou nagana et la dourine, maladies des Chevaux, peut-être identiques, et causées par un 7rypanosome, la fièvre du Texas ou hémoglobinurie du Bœuf, produite par le Piroplasma bigeminum, etc.; en pathologie humaine, le

paludisme, causé par différentes espèces d’Æ/ématosoaires, la

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dysenterie des pays chauds et les abcès du foie, affections dans lesquelles lPAmæba coli joue peut-être un rôle important, les différentes coccidioses humaines, qui ont récemment fait l’objet d’une étude d’ensemble du professeur BLancHarp (18) et qui sont dues à des Coccidies vraies : Caryophagqus hominis, Eimeria hominis, Psorospermium cuniculi, Coccidium hominis, soit à des Coccidioïdes : Coccidioïdes immitis. Cn a récemment attribué la leucémie à des Protozoaires vivant en parasites dans les leucocytes,et le goître à des parasites analogues des hématies. Enfin les recherches qui se poursuivent actuellement avec la plus grande activité, surtout à l’étranger, démontreront probablement le rôle de nouveaux Protozoaires parasites dans certaines maladies tropicales telles que la fièvre bilieuse hémoglobinurique, le kala-azar et le béribéri (34).

L'avenir jusüfiera sans doute l'opinion de Manson, mais elle me semble déjà fondée sur une base solide, si l’on considère la rapidité avec laquelle se sont succédé les dernières découvertes sur les Hématozoaires du paludisme.

Cette question, tout à fait à l’ordre du jour, préoccupe à juste titre les savants et les médecins de tous les pays (1). Malheureusement l’ensemble des connaissances ‘acquises ces dernières années sur cet intéressant sujet figure à peine dans quelques ouvrages classiques. On y trouvera bien développées l'étude clinique de la maladie, Les différentes formes qu’elle peut revêtir, les complications qu’elle présente; mais dans le chapitre, toujours très court, réservé à la para-

sitologie, l’évolution des Hématozoaires y est à peine indi-

(1) L'Académie de médecine a nommé, au mois de mai dernier, une commission spéciale pour l'étude du paludisme. Cette commission est composée de MM. BLancuarD, Kezscn, LAvERAN, Baïzrier et VALLIN.

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quée et l’on se contente généralement de décrire les quatre formes classiques : corps sphériques, corps flagellés, corps en croissant, corps en rosace, sans donner aucune explication sur le rôle de chacune et surtout sans insister sur la différenciation spécifique des divers parasites universellement reconnue aujourd'hui. Dans le chapitre consacré à l’étiologie, on discute encore sur les différentes théories anciennes et les découvertes qui viennent de transformer la question sont à peine mentionnées; cependant, les théories sont remplacées par des faits certains et acquis à la science. Ces lacunes ne peuvent s’expliquer que par la rapidité avec laquelle se sont développées toutes nos connaissances sur ce sujet.

Les considérations précédentes m'ont déterminé à faire ce travail. Ayant étudié pendant plusieurs mois'à l'École de médecine tropicale de Liverpool, j'ai observé un grand nombre de parasites vivants ou fixés et j’ai examiné toutes les préparations du major Roxazp Ross, qui les a mises, avec la plus grande complaisance, à ma disposition. J’ai trouvé depuis, à l’Université de Rome, dans le laboratoire du professeur Grassi, le même accueil bienveillant et à, je me suis occupé surtout de l’étiologie du paludisme et du rôle des Moustiques.

J’ai pu ainsi me faire une opinion personnelle qui guidera cette étude, exposé des connaissances actuelles sur les Hématozoaires du paludisme. J’espère que mon travail sera de quelque utilité non seulement à ceux qui s'intéressent particulièrement à la parasitologie, mais aussi aux nombreux étudiants, qui n’ont pas le loisir de lire les publications originales, écrites dans les langues les plus diverses et qui cependant désireraient connaitre les découvertes Les plus ré-

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centes faites sur ce point important de pathologie générale.

Laissant de côté la partie clinique de la question, je n'occuperai exclusivement des parasites du paludisme, sans craindre toutefois de faire quelques incursions dans le domaine de la parasitologie comparée, à propos des Hématozoaires voisins de ceux de l'Homme, qui vivent dans le sang

des autres Vertébrés.

La première partie sera consacrée à l’historique, la se- ‘ conde à l’exposé des connaissances actuelles, et la troisième à l'application des découvertes récentes à la prophylaxie du

paludisme.

Qu'il me soit permis tout d'abord de témoigner toute ma reconnaissance à M. le professeur BLanNcHaRD, qui n’a cessé de me prodiguer ses conseils et m’a permis de mener à bien ce travail, que je suis heureux de lui dédier aujourd’hui en témoignage de ma respectueuse affection.

Je tiens aussi à remercier de leur accueil sympathique mes maîtres de la « Liverpool School of Tropical Medicine », professor Rusertr Bovyce, D' H. E. Axnerr et major Roxaro Ross, aux intéressantes leçons duquel je dois la plus grande partie de mes connaissances sur ce sujet.

Je remercie également le professeur Gnrasst, qui a mis gracieusement son laboratoire à madisposition, pendant mon séjour à Rome, m’a procuré tous les matériaux qui n'étaient nécessaires et m'a constamment aidé de ses savants conseils.

M. le professeur Bcancaarn et M. le D'J. Gurarr ont bien voulu mettre à ma disposition un certain nombre de figures, je tiens à les remercier de cette nouvelle marque de sympathie.

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