PÉRIODE D’INCUBATION
Elle varie dans des limites assez étendues. Cependant les expériences faites en Italie, expériences qui consistaient en une inoculation intra-veineuse de sang paludique à ües individus sains, ont démontré que cette période varie habituellement entre six et douze jours. Ce temps concorde très bien avec la plupart des observations cliniques. Les cas où la période d’incubation est très courte (quelques heures) ou très longue (plusieurs mois) ne doivent être considérés que comme des exceptions.
Certains faits semblent démontrer que le paludisme peut se déclarer sans période d'incubation. Comme le fait justement remarquer Lavrran (1), pour que ces faits soient probants, il faudrait qu’on puisse démontrer : 1° que l'individu qui est tombé subitement malade dans une contrée palustre n’avait pas contracté le paludisme quelque temps auparavant, et 2° que les accidents observés se rattachent bien au paludisme. Or cette démonstration n’a jamais été faite.
Quand l’incubation est très longue, il s’agit plutôt d’une période de latence que d’une période d’incubation proprement dite. Laveran pense en effet que les Hématozoaires du paludisme peuvent rester à l’état latent, aussi bien chez des sujets, qui n’ont jamais présenté de symptômes paludiques, que chez ceux qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre intermittente.
On n’a cité dernièrement l’exemple d’un Homme d'environ trente-huit ans, qui habitait Saint-Louis en Camargue, où il
{1)A, Laveran, Traité du paludisme. Paris, 1898,
n’avait jamais eu de paludisme. Il était à Paris depuis onze mois, quand il fut atteint d’un accès de fièvre tierce, qui se renouvela pendant un certain temps. Après l'administration de quinine, la fièvre disparut, mais le malade présenta une rechute trois semaines plus tard. Il est certain qu'il ne s’agit pas d’une période d’incubation de onze mois, mais bien d’une période de latence, car, selon toute vraisemblance, c’est en Camargue et non à Paris qu’eut lieu l'infection.
Tuayer (148) pense que la durée de la période d’incubation dépend aussi de la quantité de parasites inoculés, du climat, de la saison, des conditions physiques et hygiéniques de l’individu et aussi de la race.
Des observations cliniques ont aussi montré que la période d’incubation est plus courte dans la fièvre estivo-automnale, plus longue dans la fièvre tierce et encore plus longue dans la fièvre quarte.