SYMPTOMES
En se basant sur les différents cas suivis d’autopsie qui ont été publiés, on peut déclarer qu'il n'existe aucun signe permettant de différencier de façon certaine l’hémiplégie homolatérale et l’hémiplégie vulgaire. En effet, les symptômes relevés ne sont pas particuliers à l’hémiplégie homolatérale; de plus ils sont, comme dans l’hémiplégie vulgaire, assez variés et sans règle bien nette.
Tantôt on constate au début des douleurs dans les membres du côté qui sera plus tard paralysé, ou une
céphalée violente, ou des vertiges, ou de la somno-
lence, ou des vomissements, ou une diminution de l'acuité visuelle, ou encore plusieurs de ces signes réunis; tantôt, au contraire, ce sont des crises convulsives avec perte de conscience, ou une hémiparésie, ou une paralysie faciale ou des troubles de la marche qui font leur apparition.
Le malade, dans un temps très variable après ces premiers symptômes, est frappé d’ictus et tombe dans le. coma.
Celui-ci s'accompagne souvent d’une respiration stertoreuse, quelquefois aussi de convulsions s’étendant à tous les membres ou ayant un caractère nettement Jacksonien. Il en résulte une hémiplégie flasque ou avec contracture. L’hémiplégie constituée, on constate que les réflexes sont différents suivant les cas et
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que la sensibilité diminue, disparaît, ou encore reste normale.
Ainsi, d’après l'observation I (observation personnelle), on peut voir que du côté malade (côté gauche)les réflexes étaient abolis, le Babinski positif et la pupille dilatée, tandis que de l’autre côté les réflexes existaient, mais faibles ; — d’après l'observation II, que les réflexes étaient exagérés, le signe de Babinski positif et la sensibilité troublée du côté malade (côté gauche) alors que de l’autre côté, réflexes et sensibilité étaient restés
normaux; — d’après l’observation III, que les réflexes
étaient normaux, la sensibilité disparue du côté malade (côté gauche), mais que les réflexes étaient plus forts de l’autre côté; — d’après l’observation V, que la sensibilité était normale, qu’il y avait absence du réflexe rotulien du côté malade (côté droit), mais qu’on ne notait rien d’anormal de l’autre côté ; — d’après l’observation VI, que la sensibilité était normale, que le réflexe achilléen du côté malade (côté droit) était aboli, mais que l’autre côté était resté normal; — d’après l'observation VIII, qu’il existait des crises d’épilepsie jacksonienne, un Babinski positif, des réflexes rotulien et achilléen exagérés, du clonus du pied et de la rotule, une sensibilité normale du côté malade (côté droit), mais rien d’anormal du côté opposé; d’après l’observation IX, que les réflexes existaient des deux côtés, mais très diminués; — d’après l'observation X, que les réflexes étaient exagérés, que le signe de Babinski était positif, qu'il y avait de la contracture du côté malade (côté droit), mais qu’il n’y avait rien d’anormal
de l’autre côté; — d’après l'observation XI, que les réflexes étaient normaux, que le signe de Babinski était positif du côté malade (côté gauche) au début, qu'il y eut par la suite, de ce même côté, abolition du réflexe rotulien et disparition du signe de Babinski, puis réapparition de ce signe, alors que tout resta normal de l’autre côté; — d'après l'observation XII, qu'il n'y avait que des crises convulsives cloniques du côté gauche (côté malade), et rien à droite; — d’après l'observation XVI, qu'il y avait du côté malade (côté gauche) une parésie faciale, des réflexes vifs, un Babinski positif, du clonus du pied; — d’après l’observation XVII, qu'il n'existait au début aucun trouble de la sensibilité, ni de la motilité, ni des réflexes, sauf l'existence d’un Babinski du côté malade (côté droit), mais que bientôt le sujet fut frappé d’amaurose et de convulsions toniques dans le membre du côté opposé; — d’après l’observation XIX, que les réflexes rotulien, achilléen, olécranien étaient exagérés du côté malade (côté gauche) et normaux de l’autre côté; — d’après. l'observation XII, que le réflexe rotulien était exagéré des deux côtés et que le signe de Babinski était positif aussi bien du côté malade (côté droit) que du côté opposé; — d’après l'observation XXIV, qué les réflexes rotulien et achilléen étaient exagérés du côté malade (côté gauche), qu'il n’y avait pas de signe de Babinski ni d’un côté ni de l’autre, mais que les deux pupilles étaient paresseuses, le réflexe conjoncetival aboli et la sensibilité normale: — d’après l’observation XXVIII, qu'il existait au début des réflexes
tendineux exagérés des deux côtés, un signe de Babinski positif seulement du côté malade (côté droit), mais que bientôt le signe de Babinski devint bilatéral, et que la sensibilité fut très diminuée.
D’après cette énumération on voit que les symptômes qui peuvent survenir au cours d’une hémiplégie homolatérale sont très variables et que tout cas particulier doit être interprété séparément.
Bonola déclare qu’il n'existe pas de signes cliniques de valeur absolue qui permettent de localiser une lésion intracranienne.
« J'ai noté, dit-il, quelquefois une douleur du cuir chevelu suscitée par le plus petit frôlement des cheveux et coïncidant topographiquement dans une région cérébrale déterminée avec un néoplasme. A côté de ce signe, il y a la céphalée spontanée et la matité à la percussion, limitée à une certaine zone du crâne, mais ce sont des symptômes extrêmement incertains. Le signe pupillaire (mydriase du côté de la lésion) et celui de la papillite unilatérale ont une plus grande valeur. J'ai noté que le diapason devenait intolérable en cette zone du crâne correspondant à une lésion du cerveau, dans deux cas de tumeur du lobe occipital, et dans quelques cas d’'hématome de la dure-mère et d’abcès du cerveau. Ces signes ne sont pas décrits encore et mes observations personnelles sont trop peu nombreuses pour leur donner de la valeur. »
Dupérié, sur cent cas de perforations du crâne et de l’encéphale, perforations unilatérales, consécutives à des blessures de guerre, a noté comme symptômes :
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3 fois une épilepsie Bravais-J ébiieine débutant par un membre du côté du traumatisme, 11 fois des troubles de la réflectivité tendineuse et cutanée du côté du traumatisme (exagération des réflexes tendineux, trépidation épileptoïde du pied ou de la rotule, signe de Babinski positif).
Dans un cas le blessé a présenté une quadriparésie Ur avec contracture, les troubles moteurs étant apparus 2 dès le début et ayant nettement prédominé du côté traumatisé; enfin, un blessé, avec une perforation de la région pariétale gauche, a fait une aphasié sensorielle
et une hémiplégie gauche; dans ce cas la radioscopie
avait montré l’absence de projectile intra-cranien. En somme, il n'existe pas de signes cliniques de valeur | absolue qui puissent faire différencier une hémiplégie x homolatérale d’une hémiplégie ordinaire.
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