‹ Les Hémopéritoines génitaux non gravidiques L'Hémopéritoine expérimentalChapitre 12 sur 76 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le premier cas d’hémorragie ovarienne non gravidique est attribué à SCANZONI, qui en 1845, trouva trois litres de sang à l’autopsie d’une jeune fille morte pendant sa période menstruelle.

L'absence d'examen histologique, la méconnaissance à l’époque de la grossesse extra-utérine, retirent à l’observation de ScANZoONI toute valeur.

DENONVILLIERS, en 1851 présenta à la Société de Chirurgie une hématocèle due à la rupture d’un kyste hématique de l’ovaire. NÉLATON (1852) faisait jouer à l’ovaire un grand rôle dans la production des épanchements sanguins intrapéritonéaux. LAUGIER développa les idées de NÉLATON et vit dans une ponte spontanée pathologique la cause des hématocèles rétroutérines. Vivant sur l’idée de l’époque que la ponte coïncidait avec la menstruation, il incriminait une congestion mentruelle exagérée quand une lésion antérieure de l’ovaire n’expliquait pas son hypervascularisation.

GALLARD auquel n’échappait pas le rôle de la grossesse extra-utérine eut cependant une conception un peu obscure de l’hématocèle d’origine ovarienne confondant dans une même classe les hématocèles dues à la ponte extratubaire d’un ovule fécondé ou non.

Avec les travaux de FRITscH, de Lawson Tarr, de Verr, l’hémorragie ovarienne non gravidique fut reléguée à l’arrièreplan.

GABRIEL, en 1901 maintint sa réalité anatomo-clinique, DANIEL, JAYLE, TARTANSON, LECÈNE et TAITZz, en France, MARTIN, ORTHMANN, SAVAGE à l’étranger dans les premières années du vingtième siècle, reprirent son étude.

LÉ

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Cependant FoRSNNER, en 1914, passant au crible d’une critique impitoyable les 48 cas publiés alors n’en trouvait aucun où la grossesse extra-utérine fut à coup sûr éliminée. Son argumentation est d’une belle rigueur scientifique mais qui dépasse la mesure quand elle demande des coupes sériées non seulement de l’ovaire, mais de tous les caïllots de sang attenant pour conclure que même à ce prix, on ne peut être sûr de n’avoir laissé passer l’ovule fécondé ou une villosité choriale.

Une juste réaction s’est produite contre une telle conception qui ne laisserait place en médecine qu’à une seule attitude : celle du doute.

Sans doute ne faut-il tenir compte que de faits bien établis, mais ceux-ci sont suffisamment nombreux pour qu’on puisse avec SCHICKELÉ affirmer que l'ovaire peut être la source d’une hémorragie intense grave en dehors de toute grossesse.

WALTER LÉON en 1914, Marry, en 1925, BEZANçÇON en 1929, PELLICOT et PARMENTIER en 1933, le soutiennent dans leurs thèses, tandis que LupwiG SImMoN apportait en 1928, le travail le plus complet sur la question.

Les cas récemment publiés à la Société de Chirurgie de MURARD, VEYRASSAT, LEMONNIER, THALHEIMER, ceux que nous apportons, nous permettront d’être aussi catégoriques dans nos conclusions que nos devanciers.

Les discussions qui ont eu lieu sur l’authenticité des grandes hémorragies ne doivent pas nous faire perdre de vue l’importance clinique des hémorragies de moindre abondance.

BonxEAU dans de nombreux travaux et dans la thèse toute récente de CLÉMENT, a insisté sur le rôle de la ponte ovulaire hémorragique dans les incidents de la vie génitale de la femme.

Avant d'aborder l’étude des hémorragies ovariennes, il nous paraît indispensable de faire un rappel de l’ananñomie microscopique normale de l’ovaire.

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