INTRODUCTION
« Nunquam magis periclitatur fama medici quam ubi agitur de graviditate determinenda. »
Que les hémorragies intrapéritonéales reconnaissent comme cause la plus fréquente la grossesse extra-utérine est un fait trop sûrement établi pour être mis en discussion mais qu’elles en soient, l’apanage presque exclusif est une donnée classique qui nous paraît infirmée par les vingi-cinq observations inédites que nous apportons.
Leur étude montre que c’est préjuger singulièrement du diagnostic étiologique d’un hémopéritoine que de l’affirmer au lit de la malade où même au sortir de la salle d’opérations avant l'examen histologique.
L'erreur de diagnostic toujours regrettable du point de vue scientifique peut de plus en matière de grossesse normale ou ectopique avoir des conséquences sociales graves. Quel risque n’y-a-t-il pas à faire peser une suscipion injuste chez des femmes qui présentant un hémopéritoine peuvent être autheniquement vierges ?
C’est le souci non seulement de sa renommée mais aussi de celle de sa malade et de la rigueur scientifique qui doit donc prémunir le médecin contre le danger de la quasi synonymie des termes d’hématocèle et de grossesse extra-utérine, l’inviter à méditer ce conseil donné par Gross et HEUILLY dans un travail sur les hémorragies non gravidiques.
« La Science médicale plus que toute autre est faite d’exceptions et le Clinicien dont les paroles ont une portée qu'il ne peut jamais oublier doit se tenir en garde contre les associations d'idée qui l’amènent à prononcer le mot de grossesse. »
On trouvera d’ailleurs plus loins l’observation inédite d’une malade atteinte d’hémorragie ovarienne à qui son chirurgien put fournir un certificat justificatif pour répondre à une action
Des
en divorce, déclenchée par les affirmations hâtives d’un médecin.
Si l’'hémorragie abdominale interne éveille aujourd'hui en premier lieu le diagnostic de grossesse extra-utérine, il n’en a pas été toujours ainsi.
Dans l’histoire des hémorragies intrapéritonéales qui s’ouvre avec l’observation de Ruyscx (1737), on peut distinguer en effet deux périodes.
Dans une première période. les théories pathogéniques se fondent sur des hypothèses : VircHOw soutient celle de la pachypéritonite hémorragique, ARAN et BERNUTZ celle de la menstruation rétrograde, tandis que TROUSSEAU invoque l’hémorragie tubaire cataméniale et RICHET avec DEVALz, PUECH, la rupture des plexus utéro-ovariens.
Dans une deuxième période, l’étude des pièces permet d'établir le rôle prépondérant de la grossesse extra-utérine dans la genèse des hémorragies intrapéritonéales. Envisagé dès 1853, par DENUCÉ à titre d’hypothèse, il est solidement établi en Angleterre par LAWsoN Tair, en France par POoNCET, CESTAN, M. Cou- VELAIRE, en Allemagne par SCHROEDER, VEIT et MARTIN.
La fréquence de la grossesse extra-utérine apparut tout de suite telle, qu’elle fit oublier presque entièrement les auires causes possibles d’hémorragie.
Les opérateurs qui découvrirent des hémorragies non gravidiques crurent se trouver en présence d’exceptions qu'ils se firent un devoir de publier de telle sorte qu’on est surpris de la richesse de la littérature en de telles observations.
Die nombreux cas ont été publiés récemment à la Société Nationale de Chirurgie et à la Société des Chirurgiens de Paris, ils donnent toute son actualité à cette question dont sous l'inspiration de notre Maître, M. le Professeur LENORMANT, nous reprenons l’étude commencée dans les thèses de TARTANSON, BESANÇON, MERLE, MARTY, CABANIÉ, PELLICOT, PARMENTIER, les travaux de BONNEAU.
Nous répétons que l’idée de nier la fréquence de la grossesse extra-utérine est loin de nous, mais nous faisons nôtres les justes paroles de FORGUE et MAssABUAU : « Il est incontestable que la grossesse tubaire soit à l’origine de la majorité des cas d'inondation péritonéale et d’hématocèles pelviennes, mais à côté d’elle il est d’autres facteurs étiologiques qui sont