HISTORIQUE
La question des hémorragies méningées n’est pas nouvelle et l'une des plus anciennes observations est historique : il s'agit d'Henri IL blessé à mort par Montgomery dans un tournoi et à l’autopsie duquel on trouva un foyer sanguin dans l'intervalle des membranes. Une autre observation constatée à l’autopsie date de 1683. Mais c’est surtout au début du xrx° siècle que les auteurs s'intéressent à la question. Riobé, en 1814, trouve dans un ventricule un kyste pseudo-membraneux renfermant du sang. Il conclut « chose remarquable » à une apoplexie méningée guérie. En 1819, Serres sépare d’une façon formelle les hémorragies cérébrales des hémorragies méningées, pendant que d’autres auteurs regardent cette dernière maladie comme une curiosité pathologique et que tous s'accordent à soutenir que le diagnostic est impossible. « Rien ne ressemble plus au ramollissement du cerveau que l’épanchement
dans les membranes, écrit Rostan, mais la rareté d'une pareille maladie ne rendra pas si souvent le diagnostic embarrassant. » Il place d’ailleurs ie sang entre l’arachnoïde et la dure-mère.
Pourtant malgré le scepticisme des esprits la question se précise peu à peu. Calmeil insiste, en 1826, sur la fréquence des hémorragies méningées chez les aliénés, et quelques années après (1829) Cruveilher propose la théorie de la pachyméningite hémorragique que devait plus tard défendre aussi -Virchow et qui fut longtemps seule admise. Rochoux, Littré, Andral, Velpeau s'occupent aussi de cette affection et. Longet,.en 1837, écrit : « L’apoplexie méningée diffère de la cérébrale par sés prodromes et la lenteur de sôn invasion. » Il'eite deux obsér- Yations d’hémorragies méningées gucries.
Abercrombie publie en Angleterre une nouvelle observation de: kyste hématique ancien et dans un très bon mémoiré que fait Boudet en 1839, nous trouvons cétte phrase qui montre bien la clairvoyance clinique et l'effort de tous ces savants : « L’indication: là plus pressante, c’est de faire disparaître le sang épanché, et si on pouvait connaître assez positivement le siège de ce sang pour lui donner une issue à l’extérieur, on aurait de grandes ehances dé: sauver le malade ; et le diagnostic arrivera peut-être à cétte pérfection. » |
Des faits nouveaux sont signalés : Binard et Pfeufer publient, en 1844, deux cas de mort subite. Gendrin doute encore. de l’hémorragie primitivement méningée.
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quand il dit (1850) « ce sont des cas de ce genre qu’on a décrit sous le nom d’apoplexie rachidienne, et qui ne sont que des apoplexies cérébrales donnant lieu à un épanchement de sang dont on trouve la couleur jusqu’en bas du canal rachidien ».
Bientôt apparaissent de nouvelles observations de pachyméningite : Meyer 1861, Magnan et Bouchereau 1869, Charpy, et dans sa thèse d’agrégation de 1872, M. Hayem, exprimant l'opinion générale,affirme que les épanchements sous-arachnoïdiens sont extrêmement rares, que les épanchements extra-méningés sont de beaucoup les plus fréquents, et, à côté de l’hématorachis il consacre un chapitre spécial à la pachyméningite hémorragique.
La question n’avait guère fait de progrès lorsque Quincke décrivit,en 1890,la technique de la ponction lombaire. Les indications en furent posées, la pratique se généralisa et la fréquence des liquides hémorragiques retint l'attention des esprits. Les recherches cliniques, bactériologiques, cytologiques, chimiques furent nombreuses. Il faudrait citer trop de noms,
qui ne seront d’ailleurs pas oubliés au cours de ce modeste travail ; retenons ceux de Millian, Chauffard et Froin, qui ont classé la symptomatologie, précisé le diagnostic, et montré par des statistiques reposant sur des observations très complètes, que le pronostic était beaucoup moins sombre qu’on l'avait cru généralement.
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ÉTIOLOGIE
Il nous a semblé nécessaire, pour la clarté de ce chapitre qui n’est envisagé nulle part dans son ensemble, de l’ordonner avec soin.