OBSERVATION VII
.J. P.., 28 ans, soldat au 10° Colonial (Haï-Phong), 5 ans de séjour au Tonkin, entre à l'hôpital, le 24 septembre 1908, avec
De pl ee 5 # le diagnostic de Paludisme sur son billet d’ hôpital. La maladie a débuté un mois auparavant, par des accès de fièvre et des troubles digestifs (inappétence, dyspepsie). Au début, la fièvre était intermittente (accès tous les jours ou tous les deux jours), puis elle est devenue continue, La région hépatique est depuis quelques jours un-peu douloureuse. Le malade a eu un peu de diarrhée et, à diverses reprises, quelques selles sanguinolentes. La température-est de 37°7 le matin et de 38°9 le soir. On fait une série d’injections de GORE pendant 4 jours et un examen du sang qui ne montre pas d’Hématozoaires. La matité hépatique est de 14 em. sur la ligne mamelonnaire et de 16 em. sur ia ligne axillaire antérieure. Le 29 septembre, la température est à 37°5 le matin et à 38°6 le soir. Le foie est de plus en plus douloureux. fl est augmenté de volume, surtout en haut,
. et remonte jusqu'à un travers-de doigt du mamelon.
Le 30 septembre: ouverture d'un abcès du volume d’une grosse orange, contenant 500 gr. de pus chocolat. Le 2 octobre décès.
À l’autopsie : lésions nettes de dysenterie en activité sur le gros intestin ; abcès du foie.
La fièvre de ce malade fut au début du type inter-
mittent, puis devint continue. C’est également ce qui
se passe dans le Paludisme de primo-invasion. L'accès fébrile du Paludisme, pourtant si caractéristique avec ses trois phases de frisson, chaleur et sueurs profuses, se trouve quelquefois simulé par les clochers thermiques d’une Hépatite suppurée (observations VIIL et
XXI1). Les signes fonctionnels et physiques ne peuvent
pas plus départager les deux affections. Les examens de laboratoire, par contre, sont plus significatifs : la présence de l’'Hématozoaire dans le sang du malade,
lanémie toujours importante et la leucopénie ne se ren-
contrent que dans le Paludisme. Enfin la spécificité de la quinine envers l’'Hématozoaire de Laveran en fait un élément capital pour le diagnostic différentiel.
Néanmoins, la différenciation reste complexe, car il peut y avoir association de l’Amibiase et du Paludisme,