‹ Les Hépatites Amibiennes à Forme SepticémiqueChapitre 6 sur 46 · { PLACE DANS LA CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

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Nous définirons l’'Hépatite Amibienne à forme septicémique comme une inflammation hépatique suppurative se traduisant cliniquement par un tableau fort semblable à celui d’une Septicémie et pouvant simuler diverses affections. Mais si cliniquement cette Hépatte s ’individualise bien des autres Hépatites, rien cependant ne peut l’isoler des points de vue Etiologie, Parasitologie, Anatomie Pathologique, Evolution, Pronostic et Thérapeutique. Aussi serons-nous bref lors de l’étude de chacun de ces chapitres.

Il nous paraît, en outre, nécessaire, avant de com- mencer l'étude de ces Hépatites à forme septicémique, de les placer dans le cadre général des Hépatites Amibiennes ; et, à cette occasion, nous! ferons un exposé assez succinct de la Symptomatologie de l’'Hépatite Amibienne typique.

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Adoptarit la classification de Bertrand et Fontan qui décrivirent, à côté de la forme typique, des formes fruste, larvée et latente, nous envisagerons l’une après l’autre chacune de ces éventualités cliniques :

1° — L’Hépatite Amibienne typique

La présence sur un même malade de l’ensemble des éléments symptomatologiques constitue, par définition même, la forme typique. Ce sont ces éléments, du moins les principaux d’entre eux, que nous allons énumérer au cours de l’exposé clinique de la maladie.

Le début de Paffection est le plus souvent aigu : il y a des vomissements, de la diarrhée ; la température s’élève rapidement ; le foie est douloureux ; le « point de côté hépatique » est fréquent dans les pays chauds.

A la période d'état, fièvre, hépatalgie, hépatomégalie sont les trois éléments principaux. La température revêt le type rémittent avec un maximum vespéral à 39° ou 40°, et elle se met à faire de grandes oscillations; le pouls est rapide; le malade maïigrit progressivement mais rapidement; son teint devient blême, cireux, c’est ‘le teint « patate » des auteurs coloniaux (Lacaze et Melnotte). Localement, le foie est gros et douloureux, mais la douleur est le signe le plus important: douleur spontanée, douleur violente, lancinante, exaspérée par la pression, douleur irradiant vers l’épaule droite et la

région interscapulaire, douleur « en bretelle » des clas-

siques. L’hypertrophie du foie se trouve à la percussion et à la palpation; le palper bimanuel donne une sensation de ballottement profond. La radiologie met mieux en évidence l'augmentation de volume du foie en

montrant une voussure de la coupole diaphragmatique droite.

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D’autres éléments viennent compléter le tableau :

signes de réaction pleurale de la base droite avec sub-

matité, augmentation légère des vibrations vocales, râies crépitants; état d'insuffisance hépatique décelé par l'examen des urines; hyperleucocytose avec polynucléose; présence d’Amibes vivantes ou kystiques dans les

selles, bien que ceci soit inconstant; enfin, antécédents

coloniaux du malade, sans toutefois oublier l’existence de Dysenteries autochtones.

L'évolution de la maladie peut être aiguë, subaiguë ou chronique : — Aiguë, les signes généraux et locaux sont intenses, le malade est prostré, le foie est très gros et très douloureux ; — Subaiguë, la température et léiat général ne sont plus en rapport avec l’importance des signes physiques; — Chronique, le malade traîne pendant des mois jusqu’à ce que l’abcès se collecte finaiement. Car la maladie, si d’une allure rapide elle n’a pas conduit le patient à la cachexie et à la mort, évolue généralement vers une suppuration avec collection du pus et constitution d’un Abcès hépatique.

Tels sont les éléments qui constituent la forme typique des Hépatites Amibiennes ; les formes fruste, larvée ou latente ne feront que dériver de cette forme typique, suivant ia prédominance de tel ou tel symptôme, suivant la présence ou non d’un élément surajouté.

2° — L'Hépatite fruste

Dans cette forme, certains éléments diagnostiques font défaut et de suite nous pourrons subdiviser cette classe en deux groupes suivant l’absence des signes généraux ou des signes locaux.

Si les signes généraux manquent, les symptômes

locaux dominent alors le tableau clinique : le foie est tuméfié et douloureux, le malade a des accès de scapu-

Jalgie, il est dyspeptique, il est constipé où diarrhéique,

mais il n’a pas de fièvre.

Si, au contraire, les signes locaux sont absents, les

signes généraux seuls attirent l’attention : la fièvre est

pseudo-continue, rémittente ou intermittente ; lamaigrissement est progressif, l’état général mauvais ; par contre, le foie est peu ou pas hypertrophié, souvent même insensible. Dans ce cas, plus fréquent que le premier, « l'hypothèse d’une phtisie ou d’une fièvre typhoide s'offre, à l’esprit du médecin, comme un diagnostic rationnel » (Bertrand et Fontan). C’est cette dernière catégorie d’'Hépatites que nous étudierons dans les chapitres suivants sous le nom d’Hépatites Amibiennes à forme septicémique.

3° — L’'Hépatite larvée

Nous ne’nous attarderons pas outre mesure sur cette classe d'Hépatites. Nous dirons seulement avec Bertrand et Fontan que l’hépatite est larvée lorsque « l’évolution de l'affection hépatique est enveloppée par d’autres localisations morbides qui la masquent par leur

relief et par l'explication qu’elles semblent donner des symptômes observés ».

4° —— L'Hépatite latente

Dans sa forme latente, l’'Hépatite évolue lentement, sournoisement jusqu’à l'ouverture brusque et inattendue de l’abcès dans une cavité viscérale ou séréuse, Comme on le voit, la question sort du cadre de notre étude, ainsi que d’ailleurs celle des Hépatites larvées, ei nous les passerons toutes deux sous silence.

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