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L'anglais Archiew.
« très-opportune à cette ennuyeuse et périlleuse ma- « ladie. »
Et le 3 août 1549 : « A propos de deux hérétiques de « Padoue, pour étayer une plainte contre eux, on a confié « au vicaire le soin de faire une enquête secrète, et l'on « tâchera de les faire venir ici. »
Entin le 9 novembre, à l'élu de Pola à Rome : « Comme « j'insistais, hier matin, au sénat pour obtenir que Gri- « sonio, impliqué dans l’hérésie de Conegliano, fût livré « au bras séculier, le président m'interrompit en me di- « sant qu’on avait fait une campagne louable contre ceux « de Digiano, etc.; il faudrait, ajoutait-il, prendre garde « que les prêtres mis à la place des coupables fussent « bons, et qu'ils résidassent là pour guérir et amender « tout ce que les hérétiques avaient corrompu, etc. »
En 1546, Balthazar Archiew, Anglais, demandait au sénat la permission de se fixer à Venise comme résident de sa nation, et de présenter les lettres dont les princes d'Allemagne l'avaient chargé. On discuta pendant plusieurs jours si on devait le lui accorder. Michel Barozzi soutenait que dans un pays catholique on ne pouvait tolérer un résident hérétique, à la faveur duquel l’hérésie trouverait moyen de s’infiltrer; mais Pesaro faisait remarquer qu’il s'agissait de politique et non de foi : les protestants étaient de grands princes, ils occupaient la moitié de l'Europe, combattaient l'empereur, ce qui tournait à l'avantage de Venise; si l'on voulaitavoir égard à la foi, que de rigueursne faudrait-il pas, par exemple ,pour réprimer la simonie? Barozzi répliquait que la demande d’Archiew intéressait la foi, puisqu'il cherchait à se procurer dans Venise un domicile fixe et reconnu, et par là même toute facilité pour parler, répandre des livres, et scandaliser les
catholiques par ses libres allures de protestant. Trevisan insistait; les protestants, disait-il, n’avaient pas à Venise un envoyé pour traiter de la foi, mais d’affaires d’État ; les princes allemands cherchaient uniquement la conservation de leur propre liberté et des intérêts religieux ; en vue de: cès intéréts, vingt-neuf ans après avoir embrassé la nouvelle foi, ils s’étäient unis dans une ligue et envoyaient des ambassadeurs aux puissances. Venise n’avait pas été oubliée, et puisqu'on lui adressait par l'intermédiaire d’Archiew' une lettre, il serait discourtois de n'y pas répondre, et imprudent de ne pas rester en bons termes avec une ligue aussi puissante, En effet, la lettre fut reçue; on y donna une réponse évasive, et Archiew demeura comme résident d'Angleterre. Le pape s’en étant plaint, on lui répondit que cela était nécessaire à cause ‘ des communications continuelles avec ce royaume, et que du reste S. S. ne pouvait douter de la dévotion de la république. |
Cependant il ne faudrait pas croire que les Vénitiens se fatiguassent de persécuter l’hérésie, soit que le caractère de l'époque les y portàt, soit que l’hérésie troublât la tranquillité publique, premier but de ce gouvernement. Dès le 22 avril 4547 on avait donné aux assistants du Saint-Office la commission que voici :
- « Nos Francìscus Donato, dux Venetiarum....., sachant cere « que rien n’est plus digne du prince chrétien que le zèle hérétiques. « pour la religion et la défense de la foi catholique, — « tâche qui nous incombe tout particulièrement en notre « qualité de doge et à laquelle se sont dévoués nos pré- « décesseurs, — nous vous avons élu, en l’honneur de « notre sainte mère l’Église, et avec l’aide de notre petit «’conseil, vous, nobles de Venise bien aimés, Nicolas
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