‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 1 sur 29 · BUE DE L'ABBAYE-SAINT-GBRMAIN · texte numérisé non relu

BUE DE L'ABBAYE-SAINT-GBRMAIN

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Of^ Conflits de juridiction. — Politique caUudique. — BèUarmin. ~

Hérésie sociale.

Outre les canons fondamentaux, tels que la transmission du caractère sacerdotal par une cérémonie sacrée, où intervient l'action divine , la subordination à un chef Infaillible, l'indissolubilité du mariage, et tout ce qui concerne la vie étemelle, matières dans lesquelles l'Église ne fait aucune distinction de temps ou de lieux , elle qui est . immuable dans sa manière de prêcher le Christ et le ^ îtoyaume des cieux ; dans ses rapports avec l'ordre civil, ^ elle accepte des tempéraments suivant le caractère des peuples et leur état moral.

Au milieu de tant de divergences accidentelles et dogmatiques, l'unique but auquel se ralliaient uniformément les dissidents était d'abolir la centralisation de l'autorité pontificale, en opposant à la catholicité les natio*

^-^ nalités, à l'unité de la foi les opinioçs individuelles, et eu ^ subordonnant le pouvoir ecclésiastique au pouvoir civil, ^ c'est-à-dire la conscience aux décrets du prince, le droit ^ au fait, la liberté à la permission , le for intérieur au for extérieur. .

"Z Tous les torts étaient-ils de leur côté?

Que l'autorité ait le devoir de réglementer les œuvres, non pas celui de s'emparer des peuples, en sorte que les

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deux pouvoirs restent indépendants chacun dans la sphère de leur compétence, c'est ce qu'avait mal compris le moyen âge , lorsque l'unique pouvoir qui eût survécu à la ruine de la société , le seul capable de contenir la domination brutale des Barbares et de protéger le peuple, était le pouvoir ecclésiastique. Il en sortit un droit nouveau, reconnu même par ceux à qui il imposait un frein^ et qui défendait les faibles en vertu d'une autorité immédiate et directe ou émanée du souverain pontife \ En mettant les papes au-dessus des souverains, même au point de vue temporel, on parut transgresser le précepte « Rendez à César ce qui est à César ; 9 les Césariens ne niaient point le droit canonique, ils discutaient seulement sur le point de savoir s'il ne convenait pas de lui subordonner le droit public, et Dante lui-même, monarchiste des plus absolus, tenait pour règle en cette matière que illa reverentia Cœsar uiatur adPetrum, qua primogenitus filins débet uti ad patrem. L»Éiat A mesure que les gouvernements rétablirent l'ordre et suÇ^ÉgUse. reprirent de la vigueur, on retrancha à TÉglibC ce que la nécessité des temps lui avait attribué en dehors de la compétence qui dérivait de son essence divine : mais l'action réelle de la Réforme tendit à mettre le temporel audessus du spirituel au point d'oublier de rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu. Les nations, ou pour mieux dire, ce

(1) Au douzième siècle^, Hugues de Saint- Victor établissait d'une manière remarquable les limites des deux hiérarchies sociales, a jila poiestas dUitur sœcularis^ ista spiritualis nominatur. In utraque potestaie diversi sunt gradus et ordlnes potestatum, sub uno tamen utriusqwe capiie distributi , et velut ab uno principio deducti et ad unum relatû Terrena potestas caput habet regem; spiritualis potestas» summum poit- ■Uficem ; ad potesiateni régis pertinent quœ terrena sunt, et ad terrenam vitam facta omnia; ad potesiatem summi pontificis pertinent quœ sunt spiritualia, et titœ spiritualiattributauniversa. (De Sacramentis, lib. II, p. 2, c. 4. )

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