ROTES KT ECLAIRCISSEMENTS AU DISCOUBS XVI
testants, et le célèbre Spener, fondateur du Pi6tîame, était en 1686 oonfessenr de Télecteur de Saxe ; ce fat prédsément à cette époque que Schaden trouva que cette pratique était devenue une source de superstition, en trompant les pénitents sur Peffet de Tabsolution ; de là naquit une grande controverse, que Spener parvint à apaiser, en faisant décider que les fidèles seraient libres désormais de faire ou de ne pas faire précéder la sainte Cène de la confession : tel fut le motif pour lequel elle tomba en désuétude.
(E) — M5hler qui , dans la Symbolique , a fait Texposition la plus complète des divergences dogmatiques entre les Catholiques et les Protestants, dit f qu'il verrait avec plaisir qu'on s'en remit au jugement de chacun pour Tusage du calice : ce qui arrivera certainement, si ce vœu dicté par l'amour et le besoin de charité se prononce en faveur d'une telle pratique, avec une vigueur égale à celle avec laquelle on repoussa ce vœu au xii* siècle, i {% xxxiv.)
(F) — Tout un volume de la collection Mauoleni est formé par les lettres écrites par Aléandre, lorsqu'il était en iUlemagne, ou par celles qui lui sont adressées, et qui traitent de la condition de TËdise et de l'IUlie.
Ulrich de Hutton, qui avait tant aidé à la Réforme de Luther et avec la plume et avec Tépée,
Ut prius ingenio, nunc peragente manu,
ne se cachait pas d'avoir tendu toute sorte de pièges à Aléandre.
Integer hic Aleander abit : dubium hic tamen illi Qui semel effugit semper ut eflfugiat....
Quod potui, facere insidias, servare recessus Complectique omnes obsidione vias,
Gessatum nihil est. At Cœsaris agmine tuti EvaduDt. Credas sic voluisse Deum.
:G) — Aux textes de saint Paul sur Tefficacité de la foi, Luther ajoute le mot sola^ et dans une lettre adressée à Link, en 1550, il dit : « Si le papiste veut nous importuner pour le mot soJa, répondez-lui nettement : Le docteur Martin le veut ainsi et dit : Un papiste et un âne, c'est tout un. c Sic volo, sic jubeo, sit pro t ratione voluntas. > Je regrette même de ne pas avoir mis sans aucune œuvre d'aucune loi, eipression qui aurait rendu plus clairement ma pensée. C'est pourquoi j'entends que ce mot reste dans mon Nouveau Testament, et dussent tous ces ânes de papistes en perdre la tète, ils ne me le feront pas enlever. » •
NOTBS ET iCLAlRCISSSIfillTS AU DISCOURS Xfl. 65?
(H) -— U peut être opportun de rappeler iei ^n paaaagt des . Frapos de Tabk de Luther : c Le proyerbe dit que les biens Ses prêtres s'en Tont en fumée ; et de fait, ceux qui se sont emparés violemment des biens des églises, finissent par devenir plus pau~ vres qu'avant Burckard Hund, conseiller d'État de l'électeur de Saxe, avait eoutume de dire : c Nous autres nobleS| nous avons igouté les biens des couvents aux nôtres, et ceux-là ont si bien dévoré oesx-ci, que nous avons perdu et les uns et les autres. »
c Je veux maintenant vous raconter une petite fable : L'aigle, ayant un jour dérobé à l'autel de Jupiter un petit morceau de viande rôtie, le porta aux aiglons dans leur nid, et reprit son voP pour chercher une autre proie. Mais un charbon ardent qui était resié après la viande, tomba dans le nid et y mit le Un ; or, les petits aiglons, ne sachant pas encore voler, brûlèrent avec le nid. Ainsi en est-il de ceux qui s^pj^roprient les biens de l'Église , biens qui furent donnés pour servir à honorer Dieu, ou à entretenir les prédicateurs de l'Église et le culte divin : ils perdront eur nid et leurs poussins, et ils souffriront dans leurs corps et dans leurs âoies. » (Tisc^eden, p. 292. léna, 1603.)
(I) — Henri VIU, roi d'Aogleterre, argumentait d'une manière différente contre Luther : c Emilius Scaurus, accusé devant le peuple romain par une personne de nul crédit, répondit : Quirites, Yarus affirme, et mol je nie; qui de nous deux croirezvous? Et le peuple applaudit, et l'accusateur s'en alla confus. J'opposerai ce seul argument à la question du pouvoir des clefs. Luther dit que les paroles d'institution s'appliquent aux laïcs : Augustin le nie, qui des deux croirez-vous? Luther dit oui, Bède dit non, qui des deux croirez-vous? Luther dit oui, et l'Église tout entière s'est levée et a dit non : qui croirez-vous ? •
L'introduction des Libres Penseurs en Italie, en 1865, fut une autre imitation de l'étranger. Us n'appartiennent pas aux hérétiques, puisqu'ils condamnent toute religion positive ; cependant, avec l'esprit d'inconséquence ordinaire à l'homme, ils imposent une foi. En effet, c ils n'admettent d'autres vérités que celles démontrées par la raison, d'autre loi morale que celle sanctionnée par la conscience. •
A ce point, il faut déjà supposer dans l'homme quelque chose dHnné, une morale naturelle, une conscience antérieure et indépendante de toute loi. Puis, la raison pourrait très-bien démontrer que le christianisme ou toute autre religion est vraie. Cependant les Libres Penseurs ajoutent un dogme exclusif qui
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consista à c considérer comme négation de la oonscienœ et de la raison humaine les religions dogmatiques et révélées. » Us ne se contentent point de cela : comme conséquence de leur dogmatisme, ils imposent certaine règle de conduite, d'une manière aussi absolue que pourrait le faire le pape ou le Grand Lama, et ils exigent de leurs adhérents qu'ils professent c de vivre et de mourir en dehors de toute Église ou dHme croyance dogmatique quelconque ; enfin, de conformer à cet engagement moral tous les actes qui ont rapport à la naissance et à la mort de leurs enfants qui ne sont pas encore arrivés à l'âge de discernement, » etc. De plus , l'intolérance est poussée par ces prétendus libéraux au point d'excommunier ceux qui, non- seulement propagent, mais encore professent des principes contraires à ceux prêches par la société. U ne leur manquera pas non plus un Saint-Office, car Teicommunication sera prononcée c par un jury composé de neuf associés élus dans le sein de la société. > Elle a sa propagande, elle a sa solidarité ; en somme, toutes les formes de la ser?itude qu'on reproche à l'Église constituée.
(J) — Gioberti, dans ses Œuvres philosophiques, veut proufer que l'essence de l'hétérodoxie consiste dans l'idée panthéiste Luther et Calvin furent fatalistes, et le fatalisme est logiquement inséparable du panthéisme. Zwingle professa cette doctrine, puisque, dans le Traité de la Providence , il dit : « Greata dicitur, cum omnis virtus numinis virtus sit, nec enim quidquam est quod non ex iUo, in illo et per illud, imo illud sit; creata yirtus dicitur eo quod in novo subjecto et nova specie, universalis aut generalis ipsa virtus exhibetur. » Et, quand il parle de l'universalité de Dieu, il ne le considère pas seulement comme cause première, puisqu'il ajoute : « Cum autem infînitum quod re$ est^ ideo dicatur quod essentia et existentia infînitum sit, jam constat extra infînitum hoc esse nuUutn esse posse... Cum igitur unum ac solum infînitum sit, necesse est propter hoc nihil esse. >
Il en revenait donc au panthéisme idéaliste et aux Nominaux du moyen âge, qui enseignaient Punité et l'universalité des choses, la nécessité de tout ce qui arrive, et partant la nécessité du mal; l'homme enchaîné par les décrets de la Providence; le fidèle affranchi de la loi morale, la certitude infaillible du salut, c'est4i-dire le retour de l'homme à Dieu.