DE FAMILLE
y a quelques jours, chez la veuve d'un huissierpriseur oii j'espe'rais trouver un procès verbal que j'avais besoin de consulter : j'e'carte toutes les circonstances e'trangères au récit principal, et je monte au quatrième e'tage d'une maison délabrée, chez la dame veuve Nozaguet, que je n'avais pas vue depuis la mort de son mari , c'està-dire , depuis une vingtaine d'années.
Elle m'accueille avec prévenance, et tandis qu'elle me raconte longuement tous les malheurs qui Tout accablée depuis la mort de son mari , et qu'elle a , dit-elle , surmontés avec beaucoup de courage ; je parcourus avec surprise un appartement orné , ou plutôt embarrassé des objets les plus confus et les plus disparates. Tous les goûts , et toutes les occupations semblaient y avoir laissé des traces. Le barègë en écharpe couvrait les touches poudreuses d'un piano d'Érard , dont les pédales étaient brisées. Sur la cheminée et sur les encognures plusieurs fioles qui contenaient des liqueurs de nuances différentes semblaient annoncer un laboratoire de chimie; les débris du repas de la veille se mêlaient sur la même table aux rubans et aux fleurs fraîchement sortis du magasin de Nourtier.
Notre conversation fut plusieurs fois interrompue par l'arrivée successive de quelques personnes dont les figures triviales et les airs bassement affectés ne me prévenaient pas du tout en leur faveur. Ne faites pas attention , me dit ma-