‹ Les hermites en libertéChapitre 36 sur 47 · VJSITE DE ^OTRE AVOCAT · texte numérisé non relu

VJSITE DE ^OTRE AVOCAT

Nous venons de recevoir la visite de M. Dupin , notre avocat. Nous avons embrassé cordialement l'éloquent défenseur de tant d'illustres victimes de nos dissensions politiques. 11 regrettait d'avoir échoué dans notre affaire ; mais nous voyant trèspeu disposés à nous plaindre , il abandonna ce sujet et me dit , en jetant les yeux autour de lui : « Voilà donc ce qu'on appelle le salon de compagnie ? les meubles n'en sont pas somptueux, et les dames qui vous rendent visite doivent trouver ces

sièges un peu durs. Mais savez -vous qu'il n'est pas facile de parvenir jusqu'ici ? Il faut presque autant de formalités pour voir un prisonnier que pour aller soi - même enprison. )^

— Je le sais; les verrous de Sainte- Pélagie seraient restés inflexibles , si vous n'aviez été muni d'un papier signé Cléau, qui vous octroie Li liberté de passer sous le guichet. On a dû prendre votre signalement : yeux vifs, nez gros , petite bouche , et le reste,

— Justement ; mais ce qui m'a surj)ris , c'est qu'au lieu de me donner une seule permission pour vous voir tous les deux, on m'ait obligé d'en prendre deux. Ce double emploi m'a paru inutile; je l'ai fait observer à M. Cléau qui n'a tenu compte de la remarque, et qui s'est contenté de sourire en me demandant soixante et dix centimes pour le timbre.

— Vous voyez bien que c'était pour ob-

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