‹ Les hermites en libertéChapitre 43 sur 47 · PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIQUE

chant (les hoiimies est quelquefois parvenu à se faire appeler votive excellence.

— La Flore française s'est enrichie d'une plante étrangère qui ne fleurit que tous les trente ans; cette plante ressemhlerait à la liberté, si cette dernière avait déjà, comme Tautre, fleuri sur notre sol.

— L'avantage et l'inconvénient de la prison , c'est que tout y marque , comme le son le plus léger fait bruit dans le silence.

— On ne parle jamais mieux de liberté qu'en prison. jMilton ne travaillait à son Eden que dans une cave; Apollon rendait ses oracles dans un souterrain de Délos.

— D'échos en échos une légère injustice se propage, se grossit, et finit par faire autant de bruit qu'une grande cruauté.

— Les grands espaces nuisent au bonheur; en toutes choses on a besoin de voir ou de sentir des limites : c'est pour cela que ]Milton imagine un paradis d'une petite étendue, et un enfer immense.

a/j-O POT-POURI

— Terminons cet article, où l'on ne trouvera d'autre liaison que celle du lieu qui les inspire, par une anecdote que le souvenir doublement pénible des frères Faucher rappelle à mon esprit.

Si la ressemblance des frères entre eux a souvent produit des méprisas funestes, elle a,. du moins une fois, donné lieu à cet exemple d'un dévouement héroïque.

Les frères Montain, tous deux médecins distingués, exerçaient à Lyon, leur patrie, un art où ils s'étaient acquis l'estime et l'amitié de leurs concitovens, lorsqu'en i8i5 tout ce qu'il y avait de Français dans cette ville se fédéra pour opposer au torrent des armées étrangères une défense nationale.

Le docteur Montain aîné se trouva compromis dans une affaire de conspiration , et fut condamné à cinq ans de détention. 11 avait déjà passé plus d'un an dans ui\e prison de Lyon, très-malsaine, et dans laquelle il avait contracté des douleurs si vi-

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