‹ Les Hermites en prison ou Consolations de Sainte-PélagieChapitre 16 sur 45 · ET MORTS · texte numérisé non relu

ET MORTS

Ions un peu de cette chère France, où madume a du moins eu le bonheur de laisser un souvenir adoré.

JosiPHiiKE. — J'ai besoin de cette assurance pour me faire oublier les circonstances affreuses qui ont empoisonné mes derniers momens. J'avais vu précipiter du premier trône du monde l'homme qui m'y avait élevée; j'avais vu la France envahie par l'Europe entière, et des ennemie cent fois vaincus arborer leurs étendards sans gloire au sommet du Panthéon français; pour comble de douleur, mon fîls , exilé , n'avait pu recevoir mes derniers soupirs.

B01ÏNA.IRE. — L'auguste Joséphine avait été éprouvée quelques années auparavant par un malheur qui a dû lui faire sentir moins/vivement le dernier.

JosÉPHiKE. — En me répudiant , l'empereur répudiait sa fortune ; j'en avais l'infailli-

gô VIVONS

ble pressentiment, et cette pensée m'affligeait bien davantage que la perte de la couronne dont il avait orné mon front. J'appréciais dans l'intérêt de la politique , le motif d'un divorce qui brisait nos destinées ; et j'aurais pu j sinon l'approuver , du moins le concevoir s'il eut épousé une Françjaise.

MiiTA. — Cependant vous eussiez pu croire alors que l'amour avait part à son choix....

JosiÊPHiiTE. — J'aurais été moins certaine de son malheur, et conséquemment moins malheureuse moi-même. Vingt fois j'avais entendu Napoléon- «'élever contre ces aU liances diplomatiques dont le moindre inconvénient, selon lui, était de dénationaliser les rois à la troisième ou quatrième génération. Sa manière de le^ prouver avait quelque chose de rigoureux pt de positif que je n'ai pas oublié. « Je suppose , disait-il, qu'tm monarque européen épouse une négresse , le prince héréditaire qui naîtra de ce ma-

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